Calais : un pôle équestre indoor sur l’ex jungle
mardi 28 mars 2017

Les gérants de structures équestres du Calaisis.
Les gérants de structures équestres du Calaisis.

Après le démantèlement de la jungle de Calais survenu en octobre dernier, les pouvoirs publics et le conservatoire du littoral songent désormais au réaménagement de la vaste zone. Une partie de la lande, située au sud, pourrait ainsi accueillir dans quelque temps un pôle équestre où se dérouleraient par la suite des compétitions.

Lundi, Natacha Bouchart, maire de Calais et présidente de la communauté d’agglomération, a réuni en mairie les gérants de structures équestres du Calaisis, pour leur donner un peu plus d’informations sur ce projet. “Il s’agirait d’un complexe indoor, avec un petit extérieur et des boxes, indique Jean-François Gratien, gérant du club hippique de Calais. On s’orienterait un peu vers un Moorsele français, avec un grand manège. Ce serait avant tout un pôle de compétitions. Cela pourrait concerner plusieurs disciplines”. L’agglomération, en effet, n’envisagerait pas de proposer en ce lieu un enseignement ou des pensions, activités qui feraient directement concurrence aux structures déjà existantes dans le Calaisis. “Natacha Bouchart a été claire sur ce point, elle nous a indiqué qu’il n’y aurait pas de concurrence déloyale et que le site ne serait pas une école d’équitation, précise Paul Henri Duriez, gérant du centre équestre de Polincove. Elle a émis l’idée de mettre en place une convention, qui irait au-delà de son mandat, pour s’engager à ce que ce pôle ne fonctionne qu’avec des événements et ne vienne pas nous faire ainsi concurrence”.

De multiples questions encore en suspens

Si certains sont sceptiques, à l’instar d’Antoine Boutroy, gérant des écuries de Peuplingues, qui souhaite monter en puissance sur l’organisation de concours, d’autres voient le projet d’un bon œil. C’est le cas d’Alain Calais, maire de Nielles-lès-Calais, éleveur de chevaux de sport et notamment naisseur de Tchin de la Tour, monture de Guillaume Foutrier. “Calais a une situation idéale pour faire venir Britannique, Belges, Allemands ou Néerlandais, indique l’élu. Maintenant, il faut regarder ce qui se fait ailleurs, ce qui fonctionne et s’en inspirer. La volonté du maire de Calais, c’est de créer une dynamique et de permettre aux commerçants de sa ville de profiter des retombées économiques d’un tel projet. Et puis, c’est vrai que par ici, en comparaison de la Belgique par exemple, nous avons un déficit d’équipements de ce genre”. Pour l’heure, de multiples questions restent cependant en suspens. Quel mode de gestion choisiront les pouvoirs publics? Quelle fréquence et quel niveau de compétition? Le pôle sera-t-il accessible aux professionnels désireux de travailler leurs chevaux? “L’idée, c’est de faire tout niveau, y compris du CSI”, indique Jean-François Gratien. “Si ce pôle ne vient pas nous faire concurrence, c’est une belle opportunité, admet Benjamin Hedin, cavalier professionnel installé à Marck. Nous qui sommes toujours obligés de faire de la route pour aller faire du concours, on aurait un très bel outil à deux pas de chez nous”. Si la nature du projet a été définie, certains éléments restent à préciser. L’IFCE a démarré une étude de faisabilité, dont les conclusions seront rendues en septembre prochain. Une date à laquelle seront de nouveau réunis pouvoirs publics et acteurs du monde du cheval pour échanger sur ces conclusions. “Il ne faut juste pas que cette structure soit une coquille vide”, conclut Elodie Lens, co-gérante avec son mari Philippe du centre équestre de Frethun.