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mardi 28 juin 2016

congrès des sciences de l’équitation 2016
congrès des sciences de l’équitation 2016 © Christine Marquenet

La 12e édition du congrès des sciences de l’équitation, organisé pour la première fois en France, a réuni 350 personnes. Les interventions et démonstrations autour du thème : « Comprendre le cheval pour améliorer son entraînement et ses performances », se sont succédées du jeudi 23 au samedi 25 juin à l’école nationale d’équitation (Saumur).

En présence de congressistes issus de 15 nations différentes, les présentations se sont faites en Anglais. Mais, des casques mis à disposition par le personnel de l’IFCE, ont permis de diffuser une traduction simultanée en Français.

De nombreuses expériences ont été relatées sur des thèmes très variés. A titre d’exemple : l’influence du fonctionnement du cavalier sur la symétrie de la locomotion du cheval au trot, des tests de personnalité sur le cheval. Les processus d’apprentissage du cheval et le comportement du cavalier ont été décortiqués. Des capteurs ou accéléromètres ont permis de donner des informations sur le fonctionnement du cheval et les interactions avec le cavalier. Le bien-être du cheval n’a pas été mis de côté et loin s’en faut.  L’Irlandaise Jill Carey s’est penchée sur la gestion d’une structure équestre pour améliorer la qualité de vie des chevaux en rappelant qu’un cheval broute quinze à seize heures par jour, et vit normalement en troupeau. Dans son centre équestre, la multitude des cavaliers qui montent les chevaux ou poneys, et, le nombre des interactions (parfois 27 personnes différentes dans la journée pour un même cheval) sont des données à prendre  en compte. Suite à son analyse, elle propose, un distributeur de foin « à volonté », des hébergements qui maintiennent le lien social entre les chevaux, la suppression des mors. Elle donne un poids maximum du cavalier en fonction des équidés et préconise les « gratouilles » aux chevaux plutôt que des « claques », pour les féliciter… 

Des études scientifiques sur le positionnement de la selle sur le dos du cheval et son déplacement latéral, l’influence de la tension des rênes sur le comportement du cheval, ou encore l’influence de la musique classique ont également été présentées.

Calme, confiance, décontraction…

En ce qui concerne les démonstrations dans le grand manège, l’Australien Andy Booth a développé avec son cheval la progression utilisée dans le dressage à pied. Le résultat est spectaculaire… Le cheval présenté suit son dresseur ou recule, sans aucune pression sur la longe, il s’arrête et attend son dresseur qui s’éloigne. Des drapeaux agités à ses côtés ou même un fouet qui claque ne le perturbent pas.

La relation de confiance, de calme et de décontraction ont également été mis en avant par Manuel Godin du haras de la Cense. En selle sur « Quérida de Hus », 5 ans, vice-championne de France de dressage sous la selle de son épouse Caroline, l’an dernier, il a évolué au milieu des parapluies, drapeaux sans que la jument ne témoigne la moindre inquiétude. « On peut apprendre au cheval à gérer ses émotions », précise Manuel Godin. « La progression doit être rigoureuse. Il faut être compris et récompenser le cheval. Les aides du cavalier doivent aussi rassurer. En cas de stress, je recherche la décontraction et  sécurise mon cheval en lui demandant une attitude plus basse. » Avec un cheval d’obstacle de 11 ans,  le niveau de compréhension entre Manuel et son cheval est tel qu’il peut l’inviter à aller sauter un obstacle seul. Ensuite, le cheval est laissé, en liberté, face à l’obstacle. Manuel se déplace de l’autre côté de l’obstacle et lui demander de le rejoindre en sautant… Magique !...