Journée Sport de l’IFCE : « On apprend de ses échecs »
jeudi 14 décembre 2017

Journée sport IFCE
Les trois sportifs et entraîneurs sont venus partager leur expérience à Saumur jeudi 14 décembre. © Photo Christine Marquenet

La Journée Sport de l’IFCE organisée à Saumur le 14 décembre avait pour thème : « Former et entraîner : l’essence de la performance ». À cette occasion, l’Ecole Supérieure du Cheval et de l’Equitation a reçu trois grands sportifs et entraîneurs français, le navigateur Thomas Coville qui détient le record du tour du monde à la voile en solitaire, l’entraîneur national de Handball Claude Onesta, et Thierry Pomel, sélectionneur de l'équipe de France Jeunes.

Dans des disciplines aussi différentes, il faut reconnaître néanmoins que ces sportifs se retrouvent sur de nombreux points : « L’échec est utile car on apprend de ses échecs ». « La capacité d’analyse permet de progresser.» « On ne peut rester concentrer très longtemps, il faut l’être au bon moment. » « Le socle technique est essentiel mais pas suffisant… », ont-il exprimé tour à tour. 

Après avoir échoué pendant quatre ans avant de gagner, avec l’équipe de France de Handball, deux titres olympiques, trois mondiaux et trois européens, Claude Onesta partage son expérience : « Il faut responsabiliser les sportifs. Bien sûr la préparation physique et les acquisitions techniques sont indispensables mais il ne faut pas oublier que l’obéissance est une école de la déresponsabilisation. Il est important de construire un projet commun avec les joueurs pour souder l’équipe. La loyauté est essentielle et les traîtres doivent être écartés ». Il rajoute : « Pour faire un exploit, les sportifs doivent sortir de leur zone de confort, être capable de s’adapter. De plus, explorer des solutions est un processus d’apprentissage ».

« Redonner ce que le sport nous a apporté »

Interrogé sur le passage du statut de sportif à celui d’entraîneur, Thierry Pomel se montre reconnaissant : « C’est avant tout le moyen de redonner ce que le sport nous a apporté ». « En cas d’échec, il ne faut pas culpabiliser, explique Thomas Coville. Lorsque j’ai percuté un cargo j’ai eu un sentiment d’échec et de culpabilité très fort…. On m’a conseillé de solliciter une aide extérieure. Ma rencontre avec une coach m’a beaucoup marqué. La première fois que je l’ai vue, elle m’a posé une seule question : à quoi te sert ta culpabilité ? Je l’ai revue deux mois et demi après, le temps de digérer ce questionnement… »

Travailler plus ou travailler mieux ?

La préparation physique est indispensable dans toutes les disciplines mais elle ne doit pas être un refuge, Thomas Coville le reconnaît. « À une période, j’ai été obsédé par le travail physique. J’ai ensuite pris conscience que la récupération est essentielle pour aller vers la performance… » Claude Onesta renchérit en précisant : « Travailler beaucoup physiquement rassure le sportif mais peut le déresponsabiliser. Il faut surtout s’interroger sur le travailler mieux… »