Christian Vanier : fin de mission à l’IFCE

lundi 12 décembre 2016

  • imprimer

Après quatre années au poste de directeur général de l’Institut français du cheval et de l’équitation, Christian Vanier prend la direction de l’interprofession des vins de Bourgogne...

Christian Vanier largeL

Christian Vanier en Février 2013

Le 15 octobre 2012, par décret du Président de la République, Christian Vanier était nommé directeur général de l'IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation, au sein duquel ont fusionné les Haras nationaux et l’ENE de Saumur). Agé aujourd'hui de 55 ans, ce polytechnicien, diplômé de l’École Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts ainsi que de l’Institut supérieur agroalimentaire, a effectué toute sa carrière au sein du ministère de l’agriculture avant de rejoindre France AgriMer en 2008, en tant que directeur général adjoint, puis de rejoindre l'IFCE.  "Je suis cavalier de loisir. Heureusement, je connais le monde du cheval car on ne peut pas faire ce métier sans au minimum aimer ces animaux. Je connaissais l'organisation régionale agricole, mais j'ai vraiment découvert la filière équine à l'occasion de ma mission à l'IFCE. Elle est très singulière, car c'est principalement une filière agricole mais de loisir, qu'il s'agisse du jeu ou du sport, dont une partie des acteurs, à l'exception des centres équestres et des éleveurs, ne sont pas dans un raisonnement économique."

 En quoi a consisté l'essentiel de votre mission à l'IFCE ?

Consolider l'existence de l'Institut, qui est une création ex nihilo en date de 2008, tout en accompagnant la réforme lourde de l'étalonnage public que mon prédécesseur Philippe de Guénin avait engagée, et que nous sommes en train d'achever avec la cession des haras vers les collectivités locales. Nous sommes clairement en train de nous positionner sur notre rôle d'institut technique porteur d'écoles de formation. Par rapport à l'entité Haras Nationaux qui constituait un acteur économique, c'est une mutation profonde lors de laquelle il a fallu accompagner les agents et la structure. 

 Quelles ont été les principales difficultés ?

En interne, accompagner le changement pour des gens un peu traumatisés par la fin de leur métier. Nous avons tout fait pour redynamiser le travail de chacun, ce qui représente un véritable défi, mais nous avons obtenu une bonne réponse de la part d'agents polyvalents qui répondaient favorablement aux changements de compétences. En externe, il s'est agi d'un changement complet de posture de l'institut. On peut dire que les Haras Nationaux étaient une figure tutélaire, presque paternelle, qui est appelée à se transformer en un Institut qui se met en position de prestataire de service pour proposer son soutien à la filière. Je pense que nous en sommes au stade de la construction de la formulation de la demande de la part des acteurs de la filière. C'est un sujet long qui n'est pas propre à la filière cheval. Nous sommes en train d'accomplir une mutation interne dans la mesure où nous n'avons plus des usagers en face de nous mais des clients, et externe car la filière doit identifier ses vrais problématiques. Il y a fort à faire sur ces deux plans.

Quels ont été les temps forts de votre mission ?

La fin de France Haras qui a consisté à transférer les centres techniques, la location des étalons et les discussions avec les socioprofessionnels. C'était bien de la part de l'Etat de ne pas tout détruire sous prétexte qu'il mettait un terme à l'étalonnage public. Nous avons tout fait pour transférer les outils et ne pas les casser. Par ailleurs, l'ensemble des secteurs de l'élevage s'est retrouvé autour d'un conseil d'administration de France Haras et ces secteurs se sont mis à se parler. Cela nous a permis de réaliser qu'il fallait faciliter le dialogue entre les acteurs de la filière.

Je citerais également un autre temps fort très particulier et un peu plus intime. Il s'agit de la production du spectacle Copélia avec le Cadre Noir, qui a été une véritable prise de risque dans la mesure où nous sortions de notre répertoire classique. J'ai toujours eu de l'émotion à regarder ce spectacle. Nous avons montré que nous sommes capables de faire des choses que d'autres ne font pas. Nous avons été les seuls à mêler des troupes de danse avec le Cadre Noir. C'est une vraie fierté, je n'ai eu que la responsabilité de donner mon accord, les équipes ont fait le travail, mais ce fut un très beau projet.

 Avez-vous choisi de partir, ou vous a-t-on proposé un autre poste ?

Un peu les deux. Nous sommes détachés pendant trois ans renouvelables. J'avais renouvelé mon premier détachement. Un an plus tard, il se trouve que nous arrivions à la fin d'un cycle, avec un nouveau contrat d'objectifs à écrire. J'étais prêt à le faire, mais il aurait de toute façon fallu que mon successeur porte également le projet. Simultanément, on m'a proposé le poste que je m'apprête à occuper et qui me passionne. J'ai accepté. C'est une question d'opportunités.

 Vers quelle carrière vous dirigez-vous ?

Je pends la direction de l'interprofession des vins de Bourgogne. Je vis depuis bientôt vingt-quatre ans à Dijon, où j'ai ma maison et ma famille, donc je rentre chez moi.

 En quoi consistera votre mission ?

Si je compare avec la filière équestre, je vais être en quelque sorte le DTN de la Fédération des Vins de Bourgogne. Je vais me charger de la promotion, du développement, et des relations économiques.  C'est la poursuite d'un projet professionnel que j'ai toujours mis au service du territoire. Je ne suis jamais allé à l'administration centrale, et je compte bien ne jamais y aller.

 Qui vous remplacera ?

Je l'ignore. Mon successeur sera nommé le 1er janvier 2017.

 Comment voyez-vous l'avenir de la filière ? 

Pour l'IFCE, et la filière hippique en général, nous sommes à une vraie croisée des chemins concernant notamment l'élevage des chevaux de sport et de territoires. Il serait souhaitable que les maisons mères, que sont la SHF (Société Hippique Française) et la SFET (Société Française des équidés de travail), puissent trouver les moyens de leur action par une certaine autonomie financière. Si l'état n'est plus le principal pourvoyeur, il doit leur donner les moyens de fonctionner correctement. C'est pour moi un vrai sujet d'avenir.

Propos recueillis par Béatrice Fletcher

  • imprimer


On passe à table

Marine Haÿ vous emmène déjeuner chez un professionnel du monde équestre.
Dans l’intimité de sa cuisine, il se livre avec authenticité.

La semaine dernière
On Passe A Table 96 - Fabien et Grégory Rulquin

HS elevage

Guide de l'élevage

Recherchez un étalon parmi les 700 étalons du Hors-Série et obtenez des informations sur : la génétique, le prix de saillie, le type de monte, le propriétaire…

annuaire cheval

Annuaire du cheval

Recherchez une personne ou une société



ÉQUItagada
EQT 39 les coins

Le Widget des actualités Leperon.fr

Les actus de Leperon.fr sur votre site

L’information de Leperon.fr, écrite par la rédaction des équipes de L’Eperon, mise à jour en temps réel, consultable gratuitement sur votre site internet.
>> Installer le widget Leperon.fr