Endurance à Tryon : les premières conclusions rendues
mardi 20 novembre 2018

Andrew Smith (ECIU), Sabrina Ibanez ( secrétaire générale de la FEI) et Tim Hadaway (directeur exécutif des JEM)
De g. à dr. : Andrew Smith (ECIU), Sabrina Ibanez ( secrétaire générale de la FEI) et Tim Hadaway (directeur exécutif des JEM) © FEI/Liz Gregg

A l'occasion de l'assemblée générale de la FEI, qui se tient au Barhein, une session de discussions, très attendue, autour des problèmes rencontrés par l'endurance à Tryon et plus globalement l'avenir des JEM a eu lieu hier, lundi 19 novembre. L'occasion pour l'ECIU (Equestrian community integrity unit), chargé de mener une enquête afin d'éclaircir les circonstances qui ont mené au faux départ du championnat du monde d'endurance à Tryon, de rendre ses premières conclusions.

Si la FEI n'a eu de cesse d'expliquer que ce sont les conditions météorologiques difficiles, alliant chaleur et humidité, qui ont mené à l'annulation du championnat du monde d'endurance à Tryon, force a été d'admettre pour l'instance internationale que de nombreux dysfonctionnements avaient eu lieu tout eu long de l'épreuve. L'ECIU (Equestrian community integrity unit) a ainsi été chargé de mener une enquête afin d'éclaircir les circonstances qui ont mené à plusieurs départs le matin de la course (lire ICI)

Mécanisme destiné à protéger les principes d'intégrité au sein de la communauté équestre, l'Equestrian community integrity unit est un organe indépendant. Il est chargé d'enquêter sur tous les problèmes d'intégrité liés à la FEI et conserve un pouvoir de révision, le cas échéant, sur l'Assemblée générale, le Bureau de la FEI et le Comité exécutif de la FEI. Les preuves recueillies par l'ECIU relatives à l'intégrité des manifestations FEI sont admissibles dans toute procédure devant toute instance de la FEI, y compris le jury de terrain, le comité d'appel, le tribunal d'arbitrage de la FEI ou le tribunal d'arbitrage sportif. Il a rendu hier ses premières conclusions sur la séquence des évènements survenus environ douze heures avant le début de la course et qui a conduit à un faux départ lors du championnat du monde d'endurance le 12 septembre 2018. L'enquête s'est basée sur les informations recueillies au cours de plusieurs entretiens menés notamment avec "de multiples personnes, dont des personnes clés du Comité d'organisation, la FEI et d'autres témoins", rapporte un communiqué de la FEI, sans citer aucun nom. 

De multiples causes pour l'ECIU

Les conclusions de ce rapport montrent qu’il n’existait pas de raison unique au faux départ, mais une accumulation de problèmes. L'enquête pointe en premier lieu un manque de communication latent entre les officiels, qui ne disposaient pas d'assez de radios, mais également entre le comité organisateur, les fédérations nationales et les athlètes. Le retard pris dans les travaux (la construction du vet-gate et de certaines portions de la piste de course n'a été achevée que quelques heures avant le coup d'envoi) est la deuxième cause mise en évidence par le rapport. Enfin, la décision "de maintenir un calendrier complet des manifestations au Tryon international equestrian center, qui exigeait une équipe déjà insuffisamment dotée en ressources pour mener à bien ces événements et les Jeux" est le dernier problème mis en exergue.

En résumé : le manque de moyens humain et technique de la FEI et de l'organisateur ont eu raison du championnat du monde d'endurance 2018. Un rapport qui va alimenter les réflexions sur la capacité d'un site à organiser à lui seul huit championnats simultanément. La FEI ne s'interdit ainsi pas de séparer les championnats du monde en 2022, avec priorité cependant "aux organisateurs qui prendront en charge plusieurs disciplines", indique le communiqué. 

Des mesures pour faute professionnelle 

L'ECIU a également fourni à la FEI un deuxième rapport concernant des allégations pour faute professionnelle. Le communiqué de l'instance internationale ne stipule là encore aucun nom mais précise que "l’équipe juridique de la FEI examinera la question afin de déterminer si de nouvelles procédures disciplinaires seront engagées devant le tribunal de la FEI. Les décisions finales sur de telles procédures seront publiées par la FEI"

Aucune mention n'est faite dans le communiqué de la FEI d'une enquête concernant les circonstances du mauvais aiguillage de certains concurrents quelques kilomètres après le départ de la course et qui a mené à l'annulation de la première boucle. Une bourde qui mériterait pourtant quelques éclaircissements. Est-elle dûe à une mauvaise signalisation ? La piste n'étant pas prête dans les temps, les cavaliers n'avaient pas eu l'occasion de reconnaître le parcours : est-ce autorisé dans le règlement ? Une personne mal intentionnée aurait-elle pu indiquer la mauvaise direction à des groupes de concurrents ? Autant de questions qui, un peu plus de deux mois après le fiasco de l'endurance, à Tryon, restent sans réponse.