Fontainebleau dans la course aux JO ?

mercredi 04 octobre 2017 - Île-de-France

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Le 13 septembre dernier, à Lima, le Comité international olympique attribuait à la ville de Paris l’organisation des Jeux olympiques d'été de 2024. Si 95% des sites existent déjà, reste à prévoir le stade aquatique, le village olympique, et les installations équestres, dont l’implantation est pour le moment prévue à Versailles.

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Eric Knoll

Les installations du Grand Parquet disposent de sérieux atouts pour accueillir les épreuves équestres de Jeux Olympiques

Toutefois, lors de la Grande Semaine de l’élevage, Valérie Lacroute, députée de la 2ème circonscription de Seine et Marne (77), et maire de Nemours, s’est laissé convaincre de s’engager dans un projet ambitieux, à savoir la création un dossier de candidature du Grand Parquet de Fontainebleau pour l’accueil des épreuves équestres. Une première réunion se déroulait le 2 octobre dernier à l’hôte du département de Melun, en présence de personnalités de la filière équestre, telles qu’Yves Chauvin, président de la SHF, Patrick Caron, ex entraîneur des équipes de France, mais aussi d’élus des collectivités locales,  à l’image du Dr. Gilles Battail, conseiller régional (et vétérinaire équin), Pascal Gouhoury, président de la communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau, Jean Jacques Barbaux, président du CD 77, Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau, ou Béatrice Rucheton, conseillère départementale du canton de Fontainebleau. 

Objet de la réunion, pour l’ensemble des participants, établir avec honnêteté une première liste des points forts de cette candidature mais aussi de ses faiblesses. Fontainebleau bénéficie de plusieurs arguments de poids. Le stade équestre de 26 hectares, qui a subi d’importants travaux de rénovation de 2011 à 2014, permet à l’heure actuelle d’accueillir  dans des structures pérennes 237 chevaux (pour un total de 240 sur l’ensemble des épreuves) . Il dispose également de 43 344 m2 d’aires de travail et de compétition (dont le terrain d’honneur et le Petit Parquet en herbe), plus un rond d’Havrincourt, de 2500 m2 d’aires de stationnement des camions, et de 10000m2 à usage de village. Le bâtiment principal de 1300 m2 accueille une salle de restauration avec cuisine professionnelle et des salles de réunion. Côté parking, l’ensemble des espaces disponibles permet d’accueillir 8000 véhicules légers. Ces infrastructures déjà existantes s’inscrivent parfaitement dans la ligne actuelle du CIO, et son souci de limiter les dépenses, par rapport à la création d’installations éphémères, dont la mise en place est évaluée à plus de 12 millions USD. 

Par ailleurs, le site emblématique du Grand Parquet qui bénéficie d’une renommée nationale et internationale,  a déjà accueilli l’épreuve de concours complet des Jeux de remplacement de Moscou en 1980, et les championnats d’Europe de la discipline en 2009. Il est le théâtre annuel de près de 40 compétitions qui regroupent quelques 35000 chevaux, dont la Grande Semaine de l’élevage, événement phare de la saison. 

Toutefois, ces atouts incontestables ne font pas tout, comme le soulignait la société Olbia Conseils, représentée par  Thomas Remoleur (directeur des relations institutionnelles du Comité national olympique et sportif français de 2010 à 2013), et Pierre Messerlin (attaché au Ministère des Sports de 2008 à 2012). En effet, le CIO exige que les sites où se déroulent les épreuves soient situés à 30 minutes maximum du village olympique, actuellement prévu en Seine Saint Denis. Une structure d’accueil des athlètes serait donc à prévoir  à Fontainebleau.

Le Grand Parquet ne serait pas seul à être impliqué dans l’aventure. A l’évidence, le château et son parc de 130 hectares, qui n’ont rien à envier à celui de Versailles, pourraient eux aussi accueillir une partie des épreuves, dont par exemple le dressage. 

Patrick Caron, qui montait le championnat de France sur le terrain d’honneur voilà 50 ans,  se présente aujourd’hui comme un défenseur des sports équestres, des JO 2024, et du site de Versailles. Il est toutefois très attaché au Grand Parquet. En 1987, pour la préparation des JO de Séoul, il y faisait construire les carrières du Puits Cormier, une partie de la carrière des Princes, et le Spring Garden. Après trois ans de recherche, il participait en 1998 à la réfection du terrain d’honneur. S’il soutient la candidature de Fontainebleau, c’est qu’il est persuadé que le site mérite un développement qui lui permettrait d’occuper une place centrale dans la filière dans les années à venir. « Aujourd’hui, l’évolution de notre sport se concentre sur le confort et le respect des chevaux.  Je conseillerais que les investissements publics faits sur le site du Grand Parquet soient pérennes pour les chevaux, les compétiteurs, les médias et les spectateurs. Reste à déterminer si l’actuel terrain en herbe, mythique au même titre que La Baule, Hickstead ou Aix la Chapelle, peut être utilisé pour accueillir les épreuves, ou s’il est nécessaire de construire un stade olympique permanent. Par rapport aux évolutions des infrastructures événementielles en France et en Europe, si rien n’est fait, Fontainebleau sera distancé dans les années à venir, et il lui sera ensuite difficile de rattraper le terrain perdu dans la hiérarchie des événements sportifs. Ce site ne peut pas être abandonné, les divers ministères (Armées, Jeunesse et Sports, Agriculture) se doivent d’être impliqués dans le projet. De plus la filière équestre en général, et en Ile de France en particulier, bénéficierait de la création d’une structure pérenne susceptible d’organiser des événements d’envergure européenne, voire mondiale, créatrice d’emplois et d’activité économique. Le Grand Parquet pourrait tout à fait devenir le leader de cette évolution. »         

Ce projet d’envergure en est à ses tous premiers balbutiements. A l’heure actuelle, des études de faisabilité ont été engagées, sur l’accueil des épreuves équestres, voire sur un éventuel rôle de base arrière de Fontainebleau à cette occasion. En attendant, Valérie Lacroute et les élus vont s’appliquer à sensibiliser les divers acteurs du projet, dont la FFE et le CREIF, mais aussi les 26 communes co-propriétaires du site du Grand Parquet, ainsi que l’ONF et le CNSD (Centre national des sports de la Défense) qui disposent d’infrastructures et de terrains susceptibles d’être impliqués dans l’aventure. Affaire à suivre …  

Béatrice Fletcher

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