Forum FEI: des équipes de 3 aux JO, malgré les réticences…

mardi 05 avril 2016

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Trois cavaliers par équipe dès les Jeux olympiques de Tokyo 2020 et probablement aussi aux Jeux mondiaux, voire en Coupe des Nations. En dressage, cela ne pose guère de problèmes, mais en concours complet et en saut d’obstacles, les cavaliers sont majoritairement contre. Y aura-t-il un compromis? La FEI semble vouloir réformer, pour gagner en audience et en impact commercial.

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Ingmar De Vos

« On arrive au bout d’un long processus qui se concluera lors de l’Assemblée générale de la FEI, fin novembre à Tokyo. C’est mathématique, nous avons un quota fixe de 200 chevaux de la part du CIO et il n’y a donc pas beaucoup d’options possibles si l’on veut augmenter le nombre de drapeaux, de pays. C’est la troisième fois que l’on débat de cela au Forum, on se devait de bien expliquer les tenants et aboutissants à notre communauté, mais maintenant on doit y aller: la formule, ce sera 3 cavaliers par équipe ou 1 individuel par nation. Pour le score biffé, la discussion est encore partiellement ouverte, on en discutera au niveau des Commissions. J’ai bien aimé l’approche des Américains, qui ont dit que dès lors que l’on passerait à 3, il faudrait changer le format du complet. On va encore avancer sur tout ça et, à la fin, c’est le Comité international olympique qui aura le dernier mot », a résumé Ingmar De Vos, le président de la FEI, à la poignée de journalistes présents à la fin de deux jours de débats. Vous pourrez lire son interview dans L’Eperon du mois prochain.

Le réserviste pourra-t-il sauter dans le train?

Pour le saut d’obstacles, Américains et Canadiens ont également proposé un format intermédiaire: 4 couples en première manche, pour éviter trop de surprises en début d’épreuve, et trois en seconde manche. Ingmar De Vos a semblé ouvert au compromis et il a en tout cas précisé que le cavalier réserviste pourrait, en cas de blessure, remplacer un des trois concurrents à tout moment, entre les deux manches du saut, voire même après un des trois tests en complet. Et certains de rétorquer que ce changement-volant pourrait se révéler tactique, représenter un avantage. Pas simple tout ça!
Le « bien-être du cheval » est la plus grosse inquiétude de la salle: il sera encore plus délicat de retirer un cheval en méforme, s’il n’y a aucun résultat de biffé. D’autres estiment que le jeu par équipe sera une loterie, que l’universalisation du sport ne se marie pas avec l’excellence, que le niveau sera forcément moins élevé ou alors qu’il n’y aura pas beaucoup de teams à l’arrivée en complet. En revanche, les petites nations rêvent grâce à cette ouverture d’un destin olympique. Utopique?

Les réserves du saut et du complet

« Tous les champions olympiques, du monde et d’Europe encore actifs et 98% des cavaliers de notre club interrogés sont pour le maintien du format actuel à quatre cavaliers », a souligné Eleonora Ottaviani, la directrice du Club des cavaliers (IJRC), qui a aussi rappelé plusieurs arguments soulevés la veille avec fougue par Steve Guerdat (lire la news en cliquant ici !). Bruce Haskell, le président du Club des cavaliers de complet (ERA), s’est montré moins offensif, insistant sur le fait que ses pairs voulaient à tout prix rester au sein du mouvement olympique, mais il a tout de même dit, comme Mike Etherington-Smith, que la très nette majorité des cavaliers réunis à Londres-Heathrow, étaient pour le maintien d’équipes à 4. « Nous étions à 5 aux JO de Londres, on nous demande un gros effort! ». Le dressage, déjà à 3 par équipe à Londres, ne voit pas d’inconvénient à continuer ainsi.
« Les cavaliers, c’est important, mais ça ne représente qu’un quart de nos composantes essentielles, il y a les fans, les médias et les sponsors, ces groupes valent 25% chacun », a osé John Madden, vice-président de la FEI et époux de Beezie Madden, championne US de jumping.
Concernant les JEM, les cinq autres disciplines se sont peu exprimées, mais sans résultat(s) biffé(s), ça semble particulièrement compliqué en endurance, où l’idée de séparer totalement épreuves individuelle et par équipe ne convainc pas. A propos, le Bureau de la FEI traitera demain mercredi du cas des Mondiaux d’endurance de Dubaï et il semble bien que ceux-ci seront attribués à un autre pays.

La déception du clan français

Les Commissions techniques vont continuer leur travail, mais Rodrigo Pessoa et le chef d’équipe hollandais Rob Ehrens, qui sont minoritaires au sein de la Commission de saut d’obstacles, ne se font guère d’illusions. Les Français, nombreux à Lausanne, mais muets lors des débats, non plus. Est-ce la raison de leur silence? La réponse de la DTN Sophie Dubourg est oui. « Nous avons envoyé de nombreuses propositions concrètes et constructives par écrit, mais on n’en a pas parlé ici. Personne de la FEI ne les affiche, ne les discute. C’est assez frustrant, on va encore essayer de proposer des compromis aux Commissions. On pourrait imaginer 13 nations à 4, au lieu de 15, en saut et libérer ainsi une dizaine de places individuelles pour d’autres pays. On a aussi proposé des changements aux Mondiaux (un tour en moins, une tournante à trois), mais on ne se fait guère d’illusions ». Et d’ajouter, en choeur avec Philippe Guerdat: « Il sera encore plus dur de motiver les cavaliers à renoncer à de très lucratifs circuits pour des Coupes des Nations et des championnats à 3, forcément plus aléatoires, plus hasardeux… ».
Alors bien sûr, les arguments médiatiques et commerciaux, les films et autres spots de la campagne « Deux cœurs » ciblées sur le grand public et les jeunes, ont séduit une bonne partie de l’assistance, qui sait que le côté commercial est très important, mais sur le plan sportif, la FEI n’a pas encore trouvé la formule qui puisse convaincre. Aux commissions de peaufiner leurs copies. Et de trouver des compromis ? Nous y reviendrons dans le prochain numéro. Et d’ici à Tokyo, il y aura Rio, où selon la Secrétaire générale de la FEI Sabrina Ibanez, les travaux avancent bien. « Le stade est presque fini, on va emménager les terrains ces jours-ci. »

Alban Poudret, sur place

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