La FEI donne la parole aux jeunes
lundi 26 mars 2018

FEI sports forum 2018 jeunes
Les jeunes ont ouvert avec brio cette l'édition 2018 du FEI Sports Forum © FFE

Huit jeunes cavaliers (ières) – un par discipline – ont fait forte impression lors de la première journée du Forum sportif de la FEI, ce lundi à Lausanne, dans un décor plus cosy (pas de sujet conflictuel cette année !). Parmi ces espoirs, la complétiste tricolore Thaïs Méheust.

Avec le printemps revient, pour la septième année consécutive, le Forum sportif de la Fédération équestre internationale, sur les bords du Léman. Et ce lundi, le printemps était vraiment à l’honneur, avec du soleil (le matin !) et, dans l’auditoire de l’IMD, huit jeunes talents âgés de 16 à 22 ans, qui ont fort bien exprimé leur passion, leurs soucis et leurs espoirs. 

Il y en avait un pour chacune des huit disciplines estampillées FEI, qui représentaient aussi plusieurs continents (l’Amérique du Sud, l’Australie et Singapour complétaient une troupe à dominante européenne, comme c’est souvent le cas pour l’élite). Thaïs Méheust représentait le concours complet et la France avec brio (et en anglais, please !), arborant une veste de la FFE.

Multi-médaillée aux Européens poneys, juniors et jeunes cavaliers (ières), Thaïs ne veut surtout pas choisir entre ses études (elle est en 2e année de licence de droit) et le sport de haut niveau : « Les deux me sont essentiels. J’aimerais être une bonne athlète et une bonne citoyenne ». Cette Parisienne installée dans l’Eure est prête à faire des journées très longues et ses parents accompagnent généreusement ses efforts, en jouant les mécènes. « Mais il faudra à un moment donné trouver des sponsors pour prendre le relais », souligne-t-elle. A noter que ces huit espoirs poursuivent leurs études : un panel « haut de gamme » !

 

Des têtes bien faites

Le saut d’obstacles, avec le Genevois Edouard Schmitz, double champion de Suisse junior et étudiant en ingénierie mécanique, et le dressage, avec l’Espagnol Juan Matute Guimon, qui brille déjà au plus haut niveau, ont aussi de sacrés ambassadeurs, avec des têtes bien faites et le sens de la communication. La Britannique Tabitha Sternberg-Allen sait voir au-delà de ses problèmes et du reiningLe meneur hongrois Martin Hölle et le voltigeur australien Jamie Hocking ont aussi fait preuve d’humour pour capter l’attention de l’auditoire.

Edouard Schmitz estime que la « Swiss Olympic Talent Card » permet à l’étudiant de mieux planifier ses études (la première année s’étale sur 20 mois, histoire de ne pas ralentir sa progression équestre). Le Genevois a apporté plusieurs idées, il estime important pour le public de diversifier le programme des concours (Six-Barres, knock out, etc.) et d’offrir davantage d’infographies et de données comparatives.

Juan Matute Guimon, qui reconnaît que « suivre les traces de son père est plus facile, même si j’ai eu de la pression à 14 ou 15 ans déjà », est prêt à ce que le public se manifeste et tappe des mains durant une reprise libre. Et que tout soit un peu plus « fun ». Ils ne sont, en revanche, pas très chauds quand Frank Kemperman, le patron du dressage, leur propose de moderniser leur tenue. « Etre élégant, c’est une façon de respecter à la fois sa monture et la tradition », répondent-ils en chœur. 

Ces jeunes ont donné bien d’autres idées et nous irons plus loin avec eux dans le prochain numéro de L’Eperon. Tous souhaitent que la FEI sensibilise davantage sponsors et mécènes, fasse des rankings objectifs pour les – 25 et facilite leur participation à des 5 étoiles, leur donne une place dans les CSIO, etc. Et ils aimeraient revoir la FEI pour avancer sur ces projets. A quand un comité des jeunes ?

 

 « Vingt ans pour réaliser tout ça ! »

Le président de la FEI Ingmar De Vos, qui comme Inga Toegel de l’IMD, et Antoine Goetschy, du CIO, avait demandé en préambule à ces jeunes d’être créatifs, inventifs, se déclarait impressionné. « On va vite s’en retourner tous au bureau, on en a pour vingt ans à réaliser tout ça ! », lança-t-il en riant. Et d’ajouter : « Heureusement que je ne suis pas sur les réseaux sociaux ! » On leur a donné des conseils sur ce plan-là aussi, mais ce n’était guère nécessaire : durant les pauses, ils pianotaient tous !

« Que d’idées ! On a tant à apprendre de ces jeunes », le sentiment de Sabrina Ibanez, la Secrétaire générale de la FEI, résumait probablement celui de la salle.

Transition délicate pour Michael Rentsch, le juriste en chef de la FEI, qui devait ensuite traiter de harcèlement et d’abus, de l’humiliation verbale jusqu’aux abus sexuels. Il a expliqué tout ce que la FEI voulait entreprendre, inspirée en cela par le travail fourni par le CIO (deux responsables se sont exprimées). Sous le thème « Protéger nos athlètes », on poursuivra mardi matin, avec d’autres formes d’abus, la commotion ou encore les problèmes de médication et de drogue « récréative », avant d’attaquer les risques en complet, les officiels de la FEI, une nouvelle façon de juger en dressage ou encore les Jeux mondiaux de Tryon. See you tomorrow !