Live-betting : toute la filière concernée
mardi 21 mars 2017

Illustr PMU
Illustr PMU © Scoopdyga

Le ministère de l'Economie a récemment autorisé la Française des Jeux (FDJ) à expérimenter le live-betting (paris en direct), jusque-là seulement autorisé sur internet, dans ses points de vente en dur. Une décision du gouvernement qui a vite fait réagir la filière des courses hippiques et plus largement celle du cheval dans son ensemble.

Tout est parti d'une interview, parue dans le journal Le Monde, et dans laquelle le PDG de la FDJ, Stéphane Pallez, a annoncé vouloir tester le live-betting sur les paris sportifs dans les points de vente en dur. Jusque- là autorisés uniquement sur internet, ces paris en direct connaissent un immense succès. Et pour cause : les cotes du bookmaker ne sont pas figées, elles peuvent changer à chaque minute en fonction de la façon dont évolue la compétition. D'où une grande marge de manoeuvre pour les joueurs, toujours plus nombreux à se tourner vers cette pratique, souvent au détriment du PMU.

La filière cheval avait d'ailleurs pu exprimer ses craintes à ce sujet il y a quelques semaines lors d'une rencontre avec quatre ministres.  Une angoisse apparemment entendue par le gouvernement, puisqu'à l'issue de cette réunion, des groupes de travail avaient été lancés pour trouver des solutions pérennes. Les autorités semblaient ainsi tout à fait disposer à rechercher un point d'équilibre entre les différents prestataires organisateurs de jeux d'argent. Déjà fragilisé par l'ouverture des paris en ligne il y quelques années, le PMU voit dans cette autorisation de test du live-betting dans les points de vente en dur un "coup de poignard dans le dos".

Des recettes qui profitent à toute la filière

La fronde s'est d'ailleurs vite organisée pour exprimer le mécontentement de la filière des courses hippiques, notamment au travers de l'association des Jeunes Professionnels de la Filière Cheval (JPFC). Parce que l'enjeu (sans mauvais jeu de mots) est important : le PMU finance la filière des courses hippiques.  Plus le PMU s'affaiblit, plus les 180 000 emplois du monde des courses sont fragilisés. Mais la redistribution financière des recettes du PMU va bien au-delà de la filière hippique, les sports équestres eux aussi bénéficient des paris sportifs sur les courses, en partie grâce au Fonds EPERON (Encouragement aux Projets Equestres Régionaux Ou Nationaux). Le prélèvement d'une partie des recettes du PMU, sert notamment à financer l'IFCE, la SHF et ses composantes, l'UNIC, des aides aux associations de races et l'encouragement des structures régionales* . En 2016, l'organisation d'un circuit de commercialisation des chevaux en Champagne-Ardenne, la construction d'un centre de scintigraphie en Rhône-Alpes ou encore le développement des infrastructures d'un Haras en Alsace sont autant de projets qui ont profité indirectement des recettes des paris hippiques.

Le tollé provoqué par la récente annonce du gouvernement en faveur de la FDJ va donc bien au-delà du monde des courses. C'est bien toute la filière cheval qui est concernée. Les jeunes acteurs du JPFC ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et ont déjà récolté le soutien officiel de cavaliers de saut d'obstacles et de complet, à l'instar de Pénélope Leprévost ou encore Nicolas Touzaint. L'association est en train de réaliser un véritable tour de force en impulsant en seulement quelques jours un mouvement d'ampleur. Une pétition a déjà récolté de nombreux soutiens et une manifestation est organisée le mardi 29 mars à Paris.

Retrouvez toutes les informations sur facebook "JPFC - comité de réaction des Jeunes Professionnels de la Filière Cheval" et sur le site internet www.jpfcheval.org 

*En 2014, 43 millions d'euros prélevés sur les recettes du PMU ont alimenté le financement de l'Institut Français du Cheval et de l'Equitation (IFCE) et 15,7 millions sont allés au Fonds EPERON. Sur les quelques 16 millions d'euros alloués à ce fonds en 2014, 4,5 millions d'euros ont financé les actions de la Société Hippique Française (SHF), 800 000€ ont financé celles de l'Union Nationale Interprofessionnelle du Cheval (UNIC), 195 800€ ont servi au stud-book Selle Français...