Serge Lecomte : "Il est nécessaire d'écrire une page blanche"
mercredi 19 décembre 2018

Serge Lecomte
Serge Lecomte © Scoopdyga

Hier soir, le limogeage de Philippe Guerdat et son remplacement par Sophie Dubourg, actuelle DTN, étaient rendus officiels dans L'Equipe. Au même moment, la FFE récompensait les meilleurs athlètes tricolores de l'année, à l'occasion de son gala annuel. Son président, Serge Lecomte a pris la parole pour dresser le bilan de l'année et les prochains "objectifs" sportifs, n'évoquant que furtivement les remous qui ont saisi le saut d'obstacles français et plus généralement le sport de haut-niveau. Evoquant un "changement nécessaire" pour le saut d'obstacles, les huit minutes de discours n'ont concrètement pas répondu à la polémique entraînée par le départ du sélectionneur suisse. Même si la FFE prône aujourd'hui une vision à long terme, avec en ligne de mire les Jeux Olympiques de Paris, aucun plan d'action, outre "ce besoin changement", n'a été réellement été exposé.
Voici les paroles du président.

«  Le rôle de la fédération est de crédibiliser le cheval, crédibiliser les sports équestres, de sensibiliser nos élus, nos députés, nos sénateurs, mais aussi le gouvernement pour que, comme le disait tout à l’heure Jean Arthuis, nous puissions trouver une fiscalité adaptée au bon développement de l’équitation. Le cheval, c’est le sport mais aussi ce qui a fait la France, il ne faut pas l’oublier, c’est dans notre sang. Nous savons, à chaque fois qu’il le faut, le remettre en selle. Les actions sont nombreuses. Nous sommes présents bien-sûr à chaque rassemblement d’élite, nous sommes présents sur les différents salons qui rassemblent les mères des différents organismes d’état, auprès des populations différentes comme au Salon de l’Agriculture à Paris et tant d’autres choses. Nous avons la volonté de fédérer la communauté équestre. 

Ce soir nous sommes là pour parler du sport. Le sport est un fédérateur au sein de la fédération parce que les deux grandes missions de la fédération sont de transformer le plus grand nombre possible de piétons en cavaliers mais aussi d’atteindre la performance, de progresser, d’être les meilleurs. Nous sommes à la croisée des chemins puisqu’au lendemain des Jeux Equestres Mondiaux de Tryon, il nous a fallu réfléchir, il nous faut réfléchir alors que les choses vont plutôt bien, que le sport se maintient, que le reste des activités sportives gardent un bon niveau. Il faut, pendant que les choses vont bien, choisir les orientations pour les années à venir. C’est pour ça qu’il est nécessaire d’écrire une page blanche pour que nous soyons au meilleur niveau dans les huit et dix ans qui viennent pour affronter les plus grandes échéances, en particulier les Jeux Olympiques de Tokyo mais surtout ceux de Paris où nous devons particulièrement briller sur notre territoire. 

En complet, j’ai vu tout à l’heure Thierry Touzaint et Michel Asseray. Les choses vont plutôt bien, ce sont des valeurs sûres sur lesquelles on a fait beaucoup de performances avec un encrage des cavaliers, une vraie dimension que je pourrais décrire comme instinctive des sports équestres.  

En dressage, nous avons remis en place une nouvelle ligne, plus objective, un minima à atteindre pour pouvoir être considéré à l’international et présent dans des compétitions honorables. Il y a beaucoup de travail à faire, nous avons déjà beaucoup fait ces derniers temps pour remonter le niveau général et aujourd’hui encore il faut qu’on s’attache à aider les meilleurs pour pouvoir décrocher des sélections mais aussi une place honorable au sein des grandes manifestations internationales. 

Pour le saut d’obstacles qui nous occupe beaucoup en ce moment, j’ai entendu siffler les remarques des uns et des autres sur l’actualité de la discipline mais il faut savoir s’inscrire dans une logique de long terme. En 2008, nous avons mis en place le Grand National, nous avions alors à peine trente cavaliers qui courraient sur 145. Aujourd’hui, le Grand National c’est plus de 80 cavaliers qui tournent sur 150. Nous avons créé un vrai vivier de cavaliers et de compétences, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire parce que rien n’est acquis. Si en 2008 nous sommes partis dans une optique de formation des cavaliers, en 2012 nous avons changé d’axe et nous avons souhaité mieux accompagner les cavaliers sur les concours. Nous avons donc changé d’objectifs et nous avons mis en place un chef d’équipe-sélectionneur pour accompagner les cavaliers et pour pouvoir faire monter en puissance tous ces cavaliers qui ont commencé à émerger. Aujourd’hui nous devons réfléchir et prendre une nouvelle direction. Aujourd’hui il faut voir les choses comme elles sont : les cavaliers ont disparu des dix meilleures places du classement mondial, ils sont assez rares dans les vingt premiers et l’on doit revenir pour retrouver notre rang aux premières places. Pour cela il faut travailler, revenir sur les carrières, reprendre un entraineur qui va vous faire travailler, travailler encore pour que l’on puisse revenir parmi les meilleurs afin d’être présents dans les grands rendez-vous. Le sport est ainsi fait et je parle sous le regard de Pierre Durand qui est présent, il y a des montées et des descentes. Aujourd’hui dans une descente tranquille il faut que l’on reprenne nos forces, notre ardeur pour pouvoir gravir les prochaines montagnes. Voilà où nous en sommes. Le projet sportif de la fédération va être développé tout début janvier avec pour objectif de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo mais aussi pour retrouver la dynamique de travail nécessaire pour aller jusqu’aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris. 

C’est important et c’est notre travail quotidien d’essayer de donner de la place à chacun d’entre nous pour participer aux compétitions et de soutenir et d’aider les meilleurs pour parvenir au plus haut-niveau. Je dois dire que les temps sont durs, plus durs que je ne les ai jamais connu. Le nombre de cavaliers est en train de baisser après un certain nombre d’événements tels la TVA, les rythmes scolaires, mais aussi la crise du pouvoir d’achat. Il y a aussi la conversion des mentalités et des modes de pratique, les aspirations de nos concitoyens par rapport aux activités sportives. Tout cela nous amène à avoir une réflexion de fond et à rebondir pour garder une fédération automne, indépendante et performante. »

Commentaires


PASCAL L | 19/12/2018 17:56
"on a fait beaucoup de performances avec un encrage des cavaliers..."
bah zut, ils vont pas voir clairs avec les yeux encrés...
Je pensais qu'il fallait ancrer les bons gestes...