Améliorer la protection des équidés

mardi 24 mars 2015

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L’assemblée générale de la Ligue Française pour la Protection du Cheval (LFPC) s’est tenue à l’école vétérinaire d’Alfort le 21 mars dernier.

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Marine turpin

Le Dr Richard Corde, président de la Ligue française pour la protection du cheval

Ces derniers mois ont notamment été marqués par une modification majeure du statut de l’animal, avec sa reconnaissance d’être « vivant et doué de sensibilité » dans le Code Civil. Pour autant, les conséquences juridiques restent mineures, mais la portée est symbolique. Le Dr Richard Corde a d’ailleurs rappelé le statut particulier du cheval qu’il ne souhaite pas voir évoluer en seul animal de compagnie « puisqu’il est à la fois un animal de loisir, de sport, de course, mais aussi de boucherie ».

Des abus divers

Le cheval est soumis à différents abus, comme en a fait le bilan le président de la LFPC (association reconnue d’utilité publique) : abandons par les propriétaires en raison de difficultés financières, ou en raison de l’âge, ou encore par indifférence, mise en boucherie après une utilisation en course, loisirs, club, etc. La Ligue a été confrontée à de nombreuses affaires au cours de ces derniers mois.
Un autre phénomène inquiète la Ligue car il semble se développer en France : des particuliers ou des professionnels se retrouvent confrontés à des personnes peu scrupuleuses qui abandonnent chez eux leurs équidés pour des pensions à l’herbage et ne donnent plus signe de vie. Le gardien, qui a des obligations de bon entretien vis – à – vis des animaux qu’il a en garde, se retrouve alors piégé et n’a d’autre solution que de les assumer sans pouvoir en disposer. Cette problématique était jusqu’alors principalement connue en Irlande et au Pays de Galles.
En outre, de nouveaux scandales sont survenus en endurance dans certains pays du golfe, « la FEI a d’ailleurs interdit récemment toute compétition dans les Emirats Arabes Unis pour non – respect du bien – être du cheval et malversations sur des épreuves » explique le Dr Richard Corde.
« Concernant les courses en France, un réseau de surveillance des accidents devrait voir le jour ; le bien – être passe par la connaissance des causes d’accidents et la lutte contre le dopage » poursuit le Dr Richard Corde.

La problématique de la fin de vie

La fin de vie des équidés est une problématique qui retient l’attention de la Ligue. « Il est très important d’organiser la fin de vie de nos chevaux afin d’éviter les abandons et la maltraitance. Cela commence par la responsabilisation des utilisateurs d’équidés ». Une meilleure information permettrait par exemple d’expliquer aux acquéreurs qu’un cheval peut vivre vieux, que cela a un coût, « et que sa fin de vie mérite aussi d’être envisagée dès le début ». « Une réflexion de fond est nécessaire, toutes les facettes de la filière méritent d’y être associées ». Le président de la Ligue en appelle à une responsabilisation de chaque maillon qui doit assumer sa part de responsabilité dans ce fil de la vie d’un cheval, jusqu’à sa mort et l’équarrissage.
Le cheval est doué de sensibilité, comme le reconnaît aussi de façon croissante la société. « Penser que la boucherie est la solution de facilité et pertinente serait erroné et illusoire. Pour autant, la consommation de viande de cheval est une issue potentielle à condition que les abattoirs soient équipés pour cette espèce et que la mise à mort soit irréprochable » poursuit le Dr Richard Corde. « Pour autant, même si nous reconnaissons cette possibilité de fin de vie, cette filière bouchère ne doit pas devenir la poubelle du surplus des secteurs des courses, sport ou loisirs, qui n’auraient pas voulu intégrer dans leur réflexion économique d’une filière une telle problématique. La Société refuse aujourd’hui cette approche, et nier la fin de vie des équidés jetterait le discrédit sur une filière dans son ensemble. Aux acteurs d’intégrer la fin de vie des chevaux dans leur équation économique ».

La profession vétérinaire impliquée

Le Dr Richard Corde rappelle le rôle essentiel des enquêteurs de terrain et des vétérinaires dans l’évaluation de la maltraitance animale. Il salue la mise en exergue de cette notion dans le nouveau Code de déontologie vétérinaire qui vient d’être publié le 15 mars dernier. Il y est en effet clairement écrit que le vétérinaire doit veiller à « respecter les animaux ». Certains vétérinaires font déjà partie d’un réseau de sentinelles de la maltraitance des équidés. Le Dr Michel Baussier, président de l’Ordre des vétérinaires, fait de la bien - traitance animale, un axe fort de son mandat ordinal.
L’IFCE projette aussi d’affecter une nouvelle mission à leurs agents, « ils devraient être assermentés et auront des missions de contrôle chez les détenteurs de chevaux, concernant l’identification, la déclaration de détenteur, le choix d’un vétérinaire sanitaire (au-delà de trois équidés) voire des constats de maltraitance. Ils pourraient donc nous accompagner lors de signalements de mauvais traitements. Ceci constitue une véritable avancée dans le contrôle des détenteurs de chevaux » se félicite le président de la Ligue.

Une grille d’évaluation de la maltraitance des chevaux

La LFPC, via le Dr Vincent Boureau, et le CNRS ont travaillé depuis plusieurs années à l’élaboration d’une grille d’évaluation du bien – être du cheval. Cet outil permettrait de disposer d’une grille faible et reproductible pour les enquêteurs, et les vétérinaires, et de savoir à quel moment déclencher une alerte. « Cette grille est une évaluation individuelle de l’équidé, l’approche est centrée sur l’animal » explique Martine Hausberger, directeur de recherche au CNRS. L’outil englobe le comportement de l’animal, son statut physique et ses conditions de vie.
La prévention est un axe important de la protection animale. Les chiffres de la ligue montrent d’ailleurs que lors de signalement, 60% des déplacements ont permis de mettre un terme à l’incident après l’intervention d’un des enquêteurs de la LFPC. 7% des alertes n’avaient pas de fondements. Près d’un quart des cas aboutissent à des mises sous surveillance, et 3% aboutissent à une procédure en justice, 5% à un signalement auprès d’une DDPP.

Le soutien de la DGAL

Le représentant de la DGAL (Direction générale de l’alimentation) le Dr Jérôme Languille, chef du bureau de la protection animale, est venu avec des propos encourageants. Il affirme son souhait de créer de nouvelles synergies avec l’association de protection animale. Un plan pour 5 ans est initié au Ministère dès cette année afin d’améliorer le bien – être animal au cœur du développement durable. L’un des axes portera sur la responsabilisation des acteurs. Un pôle de promotion des guides de bonnes pratiques se crée également.
Une certitude, le débat de l’animal, être vivant sensible, est présent dans la Société. Chaque filière mérite de le prendre en compte pour y apporter une réflexion globale.

Marine Turpin

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