Grippe équine : la vigilance est toujours de mise
samedi 19 janvier 2019

Carte foyers grippe équine janvier 2019
Localisation des foyers de grippe en France au 16 janvier 2019 © RESPE

Début janvier, le Réseau d'épidémio-surveillance équine (RESPE) appelait à la vigilance après avoir recensé quatre foyers de grippe équine entre le 14 décembre 2018 et le début de l'année 2019. Alors que le nombre de foyers déclarés sur l'Hexagone continue d'augmenter, le RESPE renforce sont appel à vigilance et rappelle quelques éléments de base pour repérer et comprendre la maladie.

Bilan de la situation

Depuis le 14 décembre dernier, le RESPE comptabilise 9 foyers situés majoritairement dans le quart Nord/ Est du territoire (voir carte ci-dessus). A ce stade, seule la filière sport et loisir est concernée. Les structures touchées sont principalement des centres équestres, d’effectif plus ou moins important, alliant cours d’équitation, compétitions et /ou vente de chevaux. Des mesures sanitaires de restriction et interdiction de mouvements y ont été mises en place. Un lien épidémiologique avec la Belgique a pu être identifié pour 6 des 9 foyers, soit via le commerce de chevaux, soit par la participation à des concours sur le site de Moorsele.
 

Symptômes et circulation du virus

Le suivi réalisé dans les premiers foyers a permis de montrer que le virus circulait dans tout l’effectif avec, mais aussi sans symptômes. Parmi les équidés malades (hyperthermie, toux, jetage), on compte des chevaux de tout âge, non vaccinés mais aussi vaccinés. Les chevaux vaccinés montrent cependant des symptômes moins marqués, une excrétion du virus moins longue et ils récupèrent plus rapidement.
 

Typage du virus et vaccination

Le virus isolé dans les différents foyers est le même. Le typage a révélé qu’il s’agissait d’une souche différente de celles circulant ces dernières années en France et dans le reste de l’Europe, apparentée à celle ayant causé l’épizootie de 2009. L’apparition de cette nouvelle souche, pourrait expliquer le fait que des chevaux correctement vaccinés, aient pu montrer des signes cliniques.
Si elle n’est pas efficace à 100 %, la vaccination n’est cependant pas à remettre en cause : au niveau individuel comme à l’échelle d’un effectif, elle reste une des principales mesures de lutte contre la maladie en limitant les symptômes et l’excrétion du virus.
 

Conduite à tenir pour les semaines à venir

En l’état actuel de la situation :

  • Des mouvements survenus dans ces différents foyers pendant la période d’incubation, notamment lors de concours et autres rassemblements,
  • Du pouvoir hautement contagieux de cette maladie et du caractère variant de la souche,
  • Du nombre de chevaux sans symptôme mais excréteurs de virus « au bout du nez »,
  • Dans un contexte de reprise des activités et manifestations équestres dans quelques semaines, mais également de la saison de reproduction,

le RESPE renforce son appel à la vigilance, principalement auprès des cavaliers et propriétaires de chevaux, engagés dans des concours ou épreuves ces prochaines semaines ainsi que les organisateurs de concours et incite à la mise en place de mesures de précaution. Le quart Nord Est de la France est actuellement plus particulièrement concerné par cet appel, mais compte tenu des mouvements nombreux dans l’espèce équine et de la situation internationale, la vigilance doit s’appliquer à l’ensemble du territoire. Le RESPE rappelle aussi que la déclaration de toutes les suspicions sera essentielle à une maitrise rapide de la situation.

Mesures de précaution à mettre en place lors des rassemblements 

En tant qu’organisateur :
¤ S’assurer de la bonne santé des chevaux arrivant sur les lieux du rassemblement ; il est recommandé de mettre en place un protocole sanitaire avec un vétérinaire
¤ S’assurer qu’aucun cheval provenant d’un foyer avéré ne se rende sur les lieux du rassemblement.
¤ Nettoyer et désinfecter les boxes avant, entre et après chaque mouvement de chevaux.
¤ Mettre à disposition des points d’eau afin que les cavaliers puissent s’approvisionner en eau individuellement.
¤ Communiquer largement et imposer aux participants, comme au public en particulier les enfants, le respect de pratiques préventives pour limiter le contact direct et indirect entre chevaux, notamment via les mains, le matériel, les bottes…
¤ Ne pas maintenir l’organisation d’un rassemblement en cas de cheval malade ou suspect au sein de l’établissement accueillant le rassemblement.

En tant que cavalier :
¤ Ne pas emmener de cheval suspect, malade ou qui a été en contact avec un cheval malade ou suspect en concours, course ou dans tout autre type de rassemblement.
¤ Ne pas se rendre dans un rassemblement lorsqu’un foyer a été avéré dans ce lieu.
¤ Vérifier les dates de rappels vaccinaux de vos chevaux et envisager avec votre vétérinaire la nécessité ou non de les renouveler ou de mettre en place un protocole de vaccination si les équidés ne sont pas vaccinés actuellement. Concernant la grippe, pour les chevaux vaccinés dont le rappel vaccinal date de plus de 6 mois, un rappel peut être recommandé.
¤ S’assurer de la propreté des boxes (nettoyage et désinfection avant l’entrée de votre cheval dans le box, puis entre les chevaux).
¤ Emmener et utiliser exclusivement un matériel unique pour chaque cheval.
¤ Utiliser un seau unique par cheval pour l’abreuvement sur le lieu du rassemblement (remplir les seaux d’eau directement aux robinets) ; ne pas utiliser les abreuvoirs collectifs.
¤ Limiter au maximum les contacts avec d’autres chevaux notamment des chevaux issus d’autres effectifs.
¤ Isoler autant que possible les chevaux dès leur retour sur leur structure d’origine, surveiller leur état général et suivre la température les jours suivants (une dizaine de jours environ).
¤ Nettoyer et désinfecter le matériel (y compris les vans et moyens de transport).
¤ Se désinfecter régulièrement les mains, ne pas toucher d’autres chevaux que les siens.
¤ Empêcher le public de toucher les chevaux pour ne pas créer de contact indirect.