Mission sur la filière viande : audition de la DGAL

samedi 13 avril 2013 - Île-de-France

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La mission commune d'information sur la filière viande en France et en Europe a démarré. Présidée par la sénatrice Bernadette Bourzai et dont la rapporteure est la sénatrice Sylvie Goy-Chavent, les auditions se succèdent actuellement au Palais du Luxembourg. Le 11 avril dernier, Patrick Dehaumont, Directeur général de l’Alimentation, et ses collaboratrices étaient auditionnés.

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Marine Turpin

Patrick Dehaumont (DGAL) et Sylvie Goy-Chavent (sénatrice rapporteure de la mission)

Patrick Dehaumont, Directeur général de l’Alimentation, et Nathalie Pihier, chef de mission urgences sanitaires, Catherine Collinet, directrice de la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, Stéphanie Flauto, sous-directrice de la sécurité sanitaire des aliments ont pu apporter plusieurs éclairages sur la filière viande et son contrôle, même si certaines problématiques soulevées restent encore en suspend.
Les interrogations de la sénatrice sont précises et abordent toutes les facettes de la filière des animaux de production, dont bien entendu les équidés. « Le contrôle sanitaire dans le domaine de la viande est piloté par la DGAL » a rappelé en introduction Patrick Dehaumont, « nous sommes amenés à élaborer les référentiels pour les professionnels, tout ce dispositif est très encadré au niveau européen ». La sécurité sanitaire est sous la responsabilité des professionnels qui doivent s’assurer de la sécurité dans l’assiette du consommateur, (ce qui peut d’ailleurs poser problème lorsque le professionnel est délinquant). L’Etat intervient comme autorité de contrôle.
Les potentielles contaminations
« La viande de cheval n’est pas une viande particulièrement dangereuse » souhaite préciser le Directeur de l’Alimentation, « il y a 30 – 40 ans, on la préférait même au bœuf qui à l’époque pouvait comporter le vers solitaire, un risque aujourd’hui résolu ». Le DGAL reconnaît les possibles contaminations par des résidus médicamenteux, la trichine (un parasite de la viande de cheval), et les métaux lourds (le cheval a en effet la capacité de stocker par exemple le cadmium dans son foie). Le problème de la trichine se pose surtout pour les viandes importées, « la trichine nous amène à faire des tests quand l’abattage s’effectue en France ». Concernant la phénylbutazone, les résultats français sont à ce jour négatifs. En revanche, des produits anglais sont rentrés en France et certains étaient positifs. « Nous ne sommes néanmoins pas dans une situation de risque aigu » modère Patrick Dehaumont, « lors d’une consommation ponctuelle de viande de cheval, nous considérons qu’il n’y a pas de risque. En consommation régulière, la question peut être posée ». Et de poursuivre : « il y a donc le problème anglais qu’il faut que l’on gère. En France, la production par les professionnels comme celle des éleveurs de chevaux franc-comtois ne pose pas de problème : c’est une production bouchère et ils ne traitent pas avec la phénylbutazone qui est interdite ». Une problématique existe en revanche avec les chevaux de course ou de sport rentrant dans le circuit de la boucherie lorsque leurs performances ne sont pas au rendez-vous.
La sénatrice Sylvie Goy – Chavent ne manque pas de poser la question de l’homogénéité de l’application des directives européennes entre les Etats membres, et notamment au niveau de la Roumanie, importateur de chevaux de boucherie en France.
Le « minerai » source de manque de transparence
La Sénatrice pose la délicate question du « minerai », qui sont en pratique de petits morceaux de découpe de viande (muscle, gras, tissu conjonctif dans des proportions variables selon la qualité du minerai). Ils sont retravaillés et peuvent être commercialisés frais ou congelés. « Là, nous n’avons plus d’indication sur la provenance, il n’y a plus de traçabilité » note le sénateur Gérard Bailly. Cela soulève des questions, et souligne « l’importance des mesures sanitaires et des contrôles libératoires » ajoute Patrick Dehaumont. Beaucoup d’études sont effectuées sur l’aspect bactériologique des minerais en termes de viande hachée, mais le contrôle de l’ADN n’est pas réalisé. « Notre souci, c’est la transparence » poursuit le sénateur Gérard Bailly, « et sur l’importation ? ». Il faut que le pays importateur soit autorisé d’un point de vue sanitaire (par exemple, il existe un embargo avec la Chine qui ne peut pas exporter de volailles fraiches). Le second critère est celui des établissements agréés, et le troisième point de contrôle est le passage par un PIF (poste d’inspection aux frontières) avec des produits accompagnés d’un certificat sanitaire.
Retour sur le scandale « Spanghero »
La DGCCRF a soulevé une affaire de fraude, de tromperie, « et nous nous sommes posés la question sanitaire » explique Patrick Dehaumont. Le Ministère a alors acté, sur décision de la DGAL, la suspension des agréments et la demande de la brigade nationale d’aller sur place. La décision était prise le jeudi, et la brigade était sur site le vendredi matin. « Sur place, nous avons vérifié que l’ensemble des produits présents étaient conformes » développe Catherine Collinet. Une opération lourde conduite en 12 jours, où 90% des 250 tonnes ont été contrôlées, lot par lot.
Des fraudes en recrudescence ?
Une autre fraude est actuellement soulevée sur une autre affaire impliquant 50 000 tonnes de viande et un établissement en Hollande. « Les lots ont des aspects très différents, les étiquetages ne sont pas forcément ceux d’origine. Nous avons alors diffusé une alerte sur nos réseaux européens » explique Nathalie Pihier. En plus du problème de l’espèce animale de la viande, se pose donc une problématique de traçabilité dans cet établissement hollandais. La question est aussi celle de la délinquance, qui est en augmentation actuellement en raison des difficultés économiques croissantes des entreprises.

Marine Turpin

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