Pieds nus ou pieds ferrés ?

jeudi 03 janvier 2013 - Geneve (SUI)

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Quelques jours seulement après le CSI, Genève a accueilli le 12e congrès de médecine et de chirurgie équine du 11 au 13 décembre. Le thème sur le pied a réuni près de 400 participants et des conférenciers de renoms, et suscité questions et débats, notamment celui du pied nu ou ferré. La question n’est en effet pas figée.

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Marine Turpin

De gauche à droite : Simon Curtis (Suffolk,Grande-Bretagne), Bernard Duvernay (Troinex, Suisse), Xavier Meal (Versailles,France).

Le ferrage a été inventé il y a 2000 ans, c’est dire si la pratique bénéficie déjà de beaucoup de recul.« Mais pourquoi ferrons nous ? » s’est interrogé à nouveau Simon Curtis, maréchal dans le Suffolk (Grande-Bretagne), qui a suivi des chevaux de l’équipe victorieuse des derniers jeux olympiques. La première raison est la protection de la sole, la seconde motivation est l’impact et l’adhérence du pied au sol, et la troisième est que la ferrure peut apporter une solution à une pathologie (fourbure, troubles locomoteurs, etc.) grâce aux fers orthopédiques. « La ferrure est indispensable en compétition pour le cheval » détaille le professeur Jean-Marie Denoix (Cirale, Dozulé), vidéo à l’appui, il montre l’intérêt dans la prise des virages du cheval d’obstacles pour éviter de glisser. En trot, la pratique du pied nu est plus fréquente car elle est utilisée pour tenter d’améliorer la performance (fréquence des foulées augmentée), mais si le cheval est déferré trop souvent, « un échauffement et une abrasion totale de la sole surviennent. Ces chevaux finissent par saigner si on les déferre trop souvent ». Les entraineurs préparent les pieds en amont des épreuves, et limitent souvent les courses sans fer (espace d’au moins 3 mois entre 2 épreuves).

Une gestion au cas par cas

Xavier Méal, podologue et pédicure pour chevaux fait partie de la mouvance de ceux qui prônent plutôt les pieds nus et la préparation du « pied fort ». « Le premier objectif est de rechercher le confort du cheval. La ferrure peut apporter du confort, le déferrer aussi, c’est à évaluer au cas par cas » estime pour sa part un congressiste. « Dans la tradition européenne, la maréchalerie s’intéresse autant au parage qu’à la ferrure » poursuit le professeur Jean-Marie Denoix. En effet, ferrure ou absence de ferrure, l’objectif est avant tout celui d’un pied confortable. « Un bon ferrage a des caractéristiques communes pour toutes les disciplines » poursuit SimonCurtis : l’équilibre du pied (le cheval doit être paré de manière optimale). Le maréchal doit choisir le fer selon la taille du pied, sa surface,il doit posséder des notions biomécaniques. Enfin, le maréchal doit maitriser la connaissance des matériaux composites et savoir quand les utiliser ou non.

Pour Olivier Lepage (Yvelines) la vraie question d’un pied nu ou ferré se pose surtout sur le cheval de loisirs, car certains foulent le macadam, d’autres non, la discussion mérite d’être engagée essentiellement avec le propriétaire de loisirs. Les autres disciplines ont plus leurs habitudes, par exemple le pied est plus souvent déferré en dressage, alors qu’une ferrure est requise en obstacles, reining, endurance, attelage, etc.

Enfin, la question du ferrage ou non a même été jusqu’au dopage : la ferrure qui améliore les performances peut elle être considérée comme un moyen de dopage ? D’autres à l’opposé estiment que déferrer est du dopage car cela met à contribution la vascularisation du pied qui est une pompe et qui fonctionne ainsi plus intensément. Ces contre arguments soulignent surtout la nécessité d’études scientifiques ! Enfin de multiples facteurs influencent la gestion du pied : son hygiène au quotidien, la région et le type de terrain dans lequel le cheval évolue, la discipline, etc. Un congressiste s’inquiète également du niveau de formation de certains pareurs, « on voit des gens qui ont fait des stages de 2 jours et qui parent eux-mêmes les pieds ». Le débat n’est donc pas clos, et la table ronde a eu l’avantage de tenter d’avancer la réflexion.

Marine Turpin

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