Pierre Pasdermadjian : "je dénonce ce qui se passe autour de la viande de cheval et la rend pestiférée"

vendredi 15 février 2013

  • imprimer

Alors que l'affaire de la viande de cheval dans des plats annoncés pur boeuf continue de faire des vagues et qu'une conférence de presse ministérielle s'est tenue le 14 février, Claude Bigeon fait le point et interroge les responsables de France Trait et de la Fédération Nationale du Cheval

manifeste-pasdermadjian largeL

Pierre Pasdermadjian - - Ph. cavadeos.com

Au sujet de la conférence de presse du 14 février
Benoit Hamon, le ministre de l’économie sociale et solidaire et de la consommation a restitué les résultats de l’enquête réalisée par les agents de la DGCCRF (Répression des fraudes). Ainsi, la société Spanghero (basée dans le sud ouest de la France) qui a importé de la viande de Roumanie (des pains de viande surgelée) devait a priori savoir qu’il s’agissait de viande de cheval car les références douanières étaient celles de la viande de cheval et le prix était particulièrement bas par rapport au prix du marché du bœuf. Les étiquettes indiquaient BF  (qui signifie désossé en anglais) origine UE en arrivant chez la société Comigel, hors a priori pour la viande de bœuf, il faut l’indication du pays (naissance, élevage, abattage). Il faut rappeler que les plats cuisinés incriminés où l’on a retrouvé de la viande de cheval à la place de la viande de bœuf ont été fabriqués par Tavola (basé au Luxembourg) pour le compte de Comigel qui revend ensuite à des marques comme Findus (qui avait découvert la tromperie par autocontrôle). Spanghero s’étant fourni en pains de viande surgelée auprès de deux traders basés à Chypre et aux Pays-Bas. Benoit Hamon a aussi rappelé, une évidence. Une fois la viande décongelée on pouvait constater facilement l’anomalie car la viande de cheval est plus rouge et a une odeur particulière. Les éléments sont transmis au parquet pour enclencher des poursuites judiciaires. Le circuit démasqué était en place depuis plusieurs mois et a permis ainsi d’écouler plus de 750 tonnes de viande de cheval alors étiquetée bœuf. « Cette tromperie sur la nature du produit relève du tribunal correctionnel avec des peines de deux ans d’emprisonnement, 37 500 euros d’amende pour une personne physique et 187 000 euros pour une personne morale », a précisé le ministre. Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture a rappelé la demande faite au préfet de retirer l’agrément à la société Spanghero et l’envoi d’une brigade des services vétérinaires ce vendredi pour décider d’un retrait définitif ou non de l’agrément sanitaire. Au niveau européen, Stéphane Le Foll a également avancé la position de la France sur deux points : le lancement d’une enquête au niveau européen avec Europôle et le souhait de la France de voir la modification de la réglementation sur les produits transformés avec l’obligation de mentionner l’origine des viandes. Le ministre de l’agriculture a aussi évoqué une autre affaire : des carcasses de chevaux abattus aux Royaume-Uni contenant des résidus d’anti-douleur interdit dans la consommation humaine ont été retrouvés dans le Nord de la France. La DGLA avait été alertée par les autorités britanniques. Considérée comme impropres à la consommation, ces carcasses seront détruites. Le Ministre délégué à l’agroalimentaire, Guillaume Garot poursuit le travail auprès des professionnels de la filière puisqu’une réunion est prévue mardi prochain sur les contrôles qualité, la traçabilité et l’information des consommateurs.

Pour France Trait , cette affaire est catastrophique pour la filière chevaline
Un contexte grave où les différents ministères ont pris l’affaire au sérieux. De leur côté les défenseurs de la filière chevaline en France que nous avons sollicité prennent position. Pierre Pasdermadjian, président de France Trait : « C’est une fois de plus catastrophique pour la filière chevaline et entre autre les éleveurs de chevaux de trait qui se battent depuis les années 60 pour faire valoir ce produit comme un produit agricole. Dans l’affaire Findus, il est clair qu’en aucun cas les éleveurs de trait français ne sont responsables de cette situation. Mais je dénonce ce qui se passe autour de la viande de cheval et la rend pestiférée. Depuis vendredi dernier, il y a un contrecoup pour les éleveurs français pour l’exportation de viande de cheval. Cette affaire paralyse ce marché. Cela concerne les commandes venant d’Italie et d’Espagne sur les laitons (poulains vivants pour la viande). La Roumanie est en train de s’industrialiser et l’effondrement des prix de la viande de cheval est lié à cela. C’est inadmissible de tromper le consommateur en utilisant une autre espèce que celle indiquée. »
Marianne Dutoit, présidente de la FNC : « La consommation de viande de cheval doit être un choix du consommateur. Mais, cette affaire soulève une vraie problématique : on n’utilise pas les produits (viande de cheval) français. Nous avons eu des contacts avec un abattoir en Roumanie, il n’y a aucun problème sanitaire. La situation actuelle en Roumanie par rapport à l’effondrement du prix du cheval est liée à une loi qui interdit de tracter avec un cheval et au fait que les Roumains ne mangent pas de viande de cheval. »
Les derniers événements liés à la viande de cheval montrent qu’il va falloir réfléchir à cette filière chevaline en France.

Claude Bigeon

  • imprimer


On passe à table

Marine Haÿ vous emmène déjeuner chez un professionnel du monde équestre.
Dans l’intimité de sa cuisine, il se livre avec authenticité.

La semaine dernière
On Passe A Table N43 Stéphanie Brieussel

HS elevage

Guide de l'élevage

Recherchez un étalon parmi les 700 étalons du Hors-Série et obtenez des informations sur : la génétique, le prix de saillie, le type de monte, le propriétaire…

annuaire cheval

Annuaire du cheval

Recherchez une personne ou une société



ÉQUItagada
Equitagada 21 master la jambe fixe

Le Widget des actualités Leperon.fr

Les actus de Leperon.fr sur votre site

L’information de Leperon.fr, écrite par la rédaction des équipes de L’Eperon, mise à jour en temps réel, consultable gratuitement sur votre site internet.
>> Installer le widget Leperon.fr