Scandale des fermes de sang : l’hormone n’est pas utilisée en élevage équin
vendredi 06 octobre 2017

Maltraitance
Plaie ouverte, maigreur extrême... Les hormones prélevées ne sont pas utilisées dans l'élevage équin, mais les juments n'en restent pas moins maltraitées © Animal Welfare Foundation

Dans un article publié le 6 octobre, le quotidien Libération lève le voile sur des pratiques, dénoncées par des ONG, de maltraitances perpétrées sur des juments en Amérique Latine, afin de permettre à l’industrie pharmaceutique de produire une hormone très utilisée dans les élevages européens.

A travers de nombreux témoignages, deux ONG, l’une suisse et l’autre allemande, font état de conditions d’élevage et sanitaires désastreuses, de juments maigres, malades ou blessées, et d’un niveau de maltraitance qui atteint les plus hauts degrés de l’horreur dans des fermes en Argentine et en Uruguay… (Voir article ICI)

Le business des cinq « fermes de sang », exploitant autour de 10 000 juments, dénoncé par les ONG et cet article, consiste à prélever du sang sur des juments pleines, entre le 40e et le 120e jour de gestation, afin de produire, entre autres pour des laboratoires européens dont au moins un français, de la gonadotrophine chorionique équine (eCG, autrefois appelée PMSG, pour Pregnant Mare Serum Gonadotropin). Cette hormone est utilisée pour déclencher les ovulations ou pratiquer la super ovulation. 

Interrogée par L’Eperon, Michèle Magistrini, de l’INRA de Nouzilly (37), explique que « si l’eCG (e pour « equine » en anglais) est très utilisée pour les petits ruminants (ovins et caprins) notamment pour synchroniser les chaleurs, elle n’est absolument jamais utilisée pour les juments, car ça ne fonctionnerait pas. Pour ce qui concerne ces dernières, dans le domaine de la recherche nous utilisons des molécules de synthèse, et sur le terrain c’est l’hCG qui est utilisée ». Le h de hCG vient de « human » en anglais, cette hormone étant produite au cours de la grossesse de la femme et extraite à partir de l’urine.  

L’hCG est donc utilisée de façon courante en France dans l’élevage équin, quand on veut induire l’ovulation, via le produit bien connu sous le nom de   Chorulon®, pour lequel il est préférable de limiter le nombre de cycles pour lesquels on y recourt dans une même saison. En effet, cette hormone n’étant justement pas d’origine équine, les juments peuvent, à force, produire des anticorps. Vétérinaire à Saint-Lô, Denis Hubert explique que « ce problème peut se poser, surtout avec des juments âgées qui en ont beaucoup eu et qui, du coup, n’y répondent plus. L’hCG est néanmoins très utilisée chez les Pur-sang où l’on a droit à une seule saillie par chaleur, mais en chevaux de selle aussi notamment pour le congelé, où il faut être plus précis qu’en insémination de semence fraîche ». 

Tout cela ne change, certes, rien au martyre enduré par ces juments en Amérique Latine, tel que dénoncé par les ONG TSB et AWF et rapporté par Libération…