Signature de la charte sur le bien-être équin
lundi 07 mars 2016

agriculture 2016 charte
Signature de la charte sur le bien-être équin © Claude Bigeon

On se souviendra de ce vendredi 4 mars 2016 au salon de l’agriculture pour la signature de la charte sur le bien-être équin sur le stand de la FNSEA par les principaux acteurs de la filière cheval en France, c’est-à-dire la FNC, la FFE, le GHN, France Galop, Le Trot et l’AVEF.

Comme l’a rappelé Marianne Dutoit, la présidente de la FNC, l’idée de cette charte a été impulsée après les diverses crises liées à la viande de cheval et la dernière évolution du code civil concernant la définition de l’animal. Et pour répondre à la montée en puissance des revendications des associations de protection animale face aux pratiques dans les abattoirs. Ainsi elle avait été actée lors de l’assemblée générale de la FNC de janvier 2015. L’idée à l’époque était de rassembler aussi la FFE, l’AVEF et la GHN. Mais finalement après les contacts pris pour l’obtention de soutiens financiers du Fonds Eperon, les deux sociétés mères des courses en France, France Galop et le Trot s’y sont aussi associées.

La motivation de cette charte est aussi d’anticiper les demandes européennes sur le bien-être animal notamment par rapport à la filière chevaline qui n’a pas les mêmes normes que les autres filières de l’élevage français. Au-delà de cet aspect de production de viande, cette charte est censée donner un cadre pour envisager le bien-être des chevaux dans l’ensemble tout en préservant les performances économiques de la filière. Comme l’a rappelé Henri Brugier lors de cette signature, la filière cheval en France repose sur quatre chiffres essentiels : un million de chevaux, 180 000 emplois, 14 milliards de flux financiers et deux millions d’hectares.

« Le cheval est un animal de rente et pas de loisirs, a martelé une fois encore Marianne Dutoit et ainsi la position de la FNC. L’ambition de cette charte est de faire savoir le savoir-faire professionnel avec une définition commune du bien-être équin et communiquer sur les pratiques professionnelles. Affirmer le lien entre les bonnes pratiques et les performances économiques et sociales de nos entreprises. » Pour l’instant, cette charte du bien-être équin qui correspond à un engagement politique fort de la filière a déjà élaboré ses huit principes :

1 Veiller à établir une relation de confiance lors de la manipulation des chevaux et leurs contacts avec l’homme ;

2 Garantir un approvisionnement en eau et en aliments suffisants et adaptés aux besoins physiologiques et comportementaux des chevaux ainsi qu’à l’intensité du travail qui leur est demandé ;

3 Offrir aux chevaux un lieu de vie aménagé de manière à prévenir les risques de blessures et de maladies et leur permettant de s’adapter aux variations climatiques ;

4 Veiller à structurer et aménager l’environnement de vie des chevaux de manière à leur permettre d’exprimer leurs comportements naturels et à leur offrir un confort de repos et de travail ;

5 Respecter le caractère grégaire des chevaux en favorisant les contacts sociaux positifs entre eux afin de limiter les troubles comportementaux ;

6 Définir collectivement les bonnes pratiques d’élevage, de détention et d’utilisation des chevaux dans l’objectif de limiter les risques sur leur santé ;

7 Prévenir ou soulager la douleur ;

8 Assurer, tout au long de la vie des chevaux, les soins nécessaires, leur mort devant advenir dans des conditions décentes lorsqu’il n’existe pas de thérapies efficaces ou économiquement supportables. »

Le travail autour de cette charte ne s’arrête pas là puisque un manuel technique va être établi d’ici à la fin 2016 et un comité de diffusion sera chargé de divulguer cette charte et ses bonnes pratiques auprès des professionnels dont les centres de formation.
On peut saluer une sorte de consensus de la filière cheval autour de cette charte sur le bien-être équin, mais rappeler aussi que l’adhésion à cette démarche reste volontaire.

Commentaires


BRUNO R | 08/03/2016 20:25
Il serait certainement utile d'en faire passer un exemplaire à M. Damien Bonne... formé par M. Christian Bigeon, avec qui il partage une partie des installations d'entraînement et dont il a épousé la fille. Il semble que M. Bonne s'est bâti une solide réputation en Norvège et en Suède. Adieu l'Elitlopett...