Jacques Myard : "Maisons Laffitte mérite sa place aux côtés de Longchamp

mercredi 24 juillet 2013

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“Je ne me bats pas pour moi, je me bats pour un site qui, depuis deux siècles, a fait la filière des courses.” Le député-maire de Maisons-Laffitte monte au créneau pour défendre un hippodrome et un centre d'entraînement qu'il juge indispensables dans la stratégie de la filière hippique. Pour lui, Maisons-Laffitte pourrait prochainement accueillir 1.200 chevaux à l'entraînement, au lieu de 800 actuellement.

Jacques Myard largeL

ParisTurf

Jacques Myard

Après “les déjeuners sur l'herbe”, le 7 juillet, Maisons-Laffitte a vécu un nouveau dimanche de prestige, avec le Prix Eugène Adam et le Robert Papin. Vous devez être satisfaits de cette réussite ?Les Déjeuners sur l'Herbe, ont connu un franc succès, avec 7.000 personnes sur l'hippodrome. Cette réussite constitue un moyen fort pour confirmer les paris hippiques dans l'esprit du public. On constate ainsi que l'hippodrome de Maisons-Laffitte contribue à populariser les courses. Dimanche dernier, en raison de la nature même de son tracé, Maisons-Laffitte a aussi confirmé son caractère de sélectivité, notamment pour les jeunes générations, avec les Prix Robert Papin (2 ans), gagné par Vorda, et Eugène Adam (3 ans), remporté Triple Threat. Cette popularité et ce caractère sélectif sont deux atouts importants du site.

Du coup, qu'en est-il des menaces de fermeture de l’hippodrome qui se font de nouveau entendre dans le landerneau hippique ?Fermer Maisons-Laffitte serait une grave erreur. Je suis convaincu que lorsqu'on dispose d'un outil aussi prestigieux, efficace et aussi peu coûteux que le nôtre, pour France Galop, pour la ville de Maisons-Laffitte, pour la filière des courses, Maisons-Laffitte représente un avantage absolument incroyable. Nous avons là un centre d'entraînement de huit cents chevaux en moyenne, sur lequel la ville est en train de développer le nombre de boxes. On a eu le même débat avec Jean-Luc Lagardère voilà quelques années. Garder ouvert l'hippodrome de Maisons-Laffitte coûtait 5.000.000 francs
 (750.000 € environ), le fermer coûtait 3 à 4 millions, avec la contrainte de devoir continuer de l'entretenir. Il a décidé de le conserver. On constate que c'est l'hippodrome de Maisons-Laffitte qui coûte le moins cher des champs de courses parisiens. Il vaut donc mieux optimiser les aspects financiers d'hippodromes qui ne coûtent rien quand d'autres hippodromes coûteront toujours très cher.

La capacité d'accueil du centre d'entraînement est parfois pointée du doigt…

Nous avons la possibilité de renforcer le nombre de personnes s'installant et je souhaite qu'avec France Galop nous puissions avancer pour faire venir d'autres chevaux. Je suis persuadé que nous pouvons monter à 1.000 chevaux, voire à 1.200, avec une politique volontariste. Le rond Sévigné va monter en puissance, malgré la crise, même si cela prend plus de temps que prévu. Vous allez avoir cinq lots pour environ 160 boxes et un autre lot de 36 qui fait l'objet d’un permis de construire à l'étude. Nous avons appris cette semaine qu'un investisseur irlandais allait venir s'installer. Nous avons aussi une promesse d'achat pour un troisième lot de la part d'un entraîneur qui, malheureusement, connaît des hauts et des bas. Mais la promesse existe toujours.

ainsi que son coût d’entretien…

C'est vrai que les coûts du centre d’entraînement sont importants. On peut toujours améliorer les choses, mais il ne faut pas perdre de vue que le chiffre d’affaires de France Galop ne se fait pas au centre d'entraînement, il se fait parce que le centre d'entraînement de Maisons-Laffitte produit 40 % des sauteurs au départ d'Auteuil. Cela mérite de faire des efforts pour le centre d'entraînement, car il génère ensuite des partants. Et plus il y a de chevaux au départ, plus il y a ensuite de paris. C'est pareil pour Enghien.

Le manque de logements gêne aussi l'arrivée de nouveaux professionnels ?
 Nous avons créé une zone hippique pour éviter la spéculation foncière et la ville a aussi fait de sérieux efforts pour remédier à ce problème : elle construit actuellement 47 logements. Avec l’AFASEC, Maisons-Laffitte possède aussi une quarantaine de logements dans les habitations de la S.E.M. (Société d'Economie Mixte). Nous avons construit une résidence sociale de 55 logements, à laquelle les professionnels des courses peuvent avoir accès. Idem dans la résidence étudiante qui compte 165 logements. À charge pour l'AFASEC de nous présenter des candidats.

Dans ces conditions, Maisons-Laffitte a, d'après vous, beaucoup à apporter à la filière ?

Quand on regarde le coût d'une réunion à Maisons-Laffitte, c'est le plus bas, et de très loin, en région parisienne. Une réunion mansonnienne coûte environ 114.000 euros ; à Longchamp, cela frôle les 500.000 euros. Et ici France Galop ne paie pas de loyer parce qu'il est propriétaire. Je positive donc : France Galop dispose ici d'un outil remarquable dans lequel il existe une symbiose entre un champ de courses et un centre d'entraînement. C'est un atout formidable pour la filière.
 De plus, il y a des collectivités municipale et départementale prêtes à les accompagner dans des investissements. Des collectivités ayant une volonté farouche de défendre l'hippodrome et le centre d'entraînement. Je ne suis pas certain que ce soit la même chose du côté de Paris, où certains voulaient faire la peau de plusieurs hippodromes… À titre de comparaison, pour Auteuil et Longchamp, la ville de Paris a passé un titre de paiement important de dix millions d'euros à l’année pour la filière. Certes, on ne va pas courir l'Arc de Triomphe ici, mais on peut avoir un navire amiral, Longchamp, et une flotte d'avitailleurs autour pour le faire progresser, dont Maisons-Laffitte mérite de faire partie.
Un mot de conclusion ?Ce qu'il faut éviter aujourd'hui, c'est de mettre tous ses œufs dans le même panier. À côté des grands hippodromes que sont Longchamp et Auteuil, il en faut d'autres pour renforcer la filière. Il n'y a de politique qu'à long terme et dans une stratégie globale. Je n'oppose pas Maisons-Laffitte et Longchamp, pas plus que Saint-Cloud à Longchamp, mais pour asseoir la stratégie de la filière, il faut fonder sa politique sur une diversification, qui sera très utile quoi qu'il arrive.

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Francis Fougeray / Paris Turf

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