Le Syndicat des Eleveurs prêt à l'action

mercredi 12 décembre 2012

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Lors du Gala de l'Elevage, dimanche dernier, Loïc Malivet, président du Syndicat des Eleveurs; a prononcé un discours fort, allant même jusqu'à envisager une journée sans course, si l'Etat ne prenait pas la mesure des dommages que va provoquer l'augmentation de la TVA équine sur l'ensemble de la filière. Ci-dessous, retrouvez l'intégralité de son discours.

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Paris Turf

Loïc Malivet

Mesdames, Messieurs, chers éleveurs.

J'aimerais ce soir que nous ayons une pensée pour nos amis récemment disparus : Abeth Mussat, Roger Nataf et Denis Bensussan.

Je vous remercie de votre présence et suis heureux de vous accueillir de la part de l'ensemble des membres de notre Comité, et particulièrement : Ambroise Dupont, Sénateur, Bertrand Bélinguier, Président de France Galop, Philippe Augier, Maire de Deauville, Rydhian Morgan Jones, Président de l'EFTBA (Fédération européenne des éleveurs), ainsi de que très nombreux présidents d'associations et de sociétés de courses et nos amis étrangers
Nous voici réunis pour la soirée de l'élevage et ce sont bien les éleveurs que nous honorerons tout à l'heure. Pourtant, l'essentiel de mon discours sera consacré au propriétaire. Paradoxe seulement apparent, car ou bien nous sommes nous-mêmes propriétaires ou bien c'est à eux que nous vendons notre production. Leur bonne santé financière et morale est donc notre préoccupation majeure, comme elle l'est pour les entraineurs.
Or les nuages s'amoncellent sur leurs têtes et nous devons tout faire pour les dissiper. Je ne traiterai pas ici de l'accueil des propriétaires ni de leur reconnaissance. Des commissions ont été créées à cet effet, elles travaillent et des résultats ont déjà été enregistrés.  Je m'attacherai à trois éléments qui me paraissent aujourd'hui capitaux : la TVA, le rêve et la rentabilité.

La TVA, je pense que plus personne n'ignore qu'elle va passer à 19,6% le 1er janvier, sauf pour les ventes de juments, d'étalons et de saillies qui continueront à bénéficier du taux réduit (7 %). Ceci signifie que les autres achats vont augmenter de 12,6% à 17,5% et les pensions de 12,6%.
Pour un assujetti à la TVA, ce sera neutre, pour un non assujetti, ce sera très douloureux. Il importe donc que tous ceux qui le souhaitent puissent être assujettis. Sans que cet assujettissement entraîne pour autant l'imposition des bénéfices.  Le statut de non intervenant, hors fiscalité directe, doit être compatible avec l'assujettissement à la TVA. C'est le régime que le Syndicat a su obtenir il y a une quinzaine d'années pour les éleveurs sans sol, c'est le régime qu'il faut obtenir pour les propriétaires. Votre Syndicat a été et est le
leader en la matière. France Galop l'a compris et mène aujourd'hui le combat nécessaire. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est le combat qu'il faut gagner si l'on ne veut pas hypothéquer définitivement l'avenir et je dis ici ce soir que si les vents nous étaient contraires, c'est très sérieusement qu'il faudrait envisager une action phare pouvant aller, pourquoi pas, jusqu'à l'arrêt des courses.

Le rêve maintenant. Tout propriétaire rêve d'avoir un gagnant classique, c'est ce qui le motive et l'incite à investir.
Pour l'aider dans ses choix, les pedigrees et l'appréciation des modèles ont toujours existé. Puis sont venues des avancées technologiques pour réduire les aléas, comme les bilans radiographiques ou l'endoscopie.
Aujourd'hui, nous sommes au bord de franchir une nouvelle étape qui peut bouleverser les marchés et tuer le rêve. Des laboratoires proposent déjà des analyses simples et peu coûteuses pour savoir si tel foal ou yearling possède le gène de la vitesse. Imaginez qu'il ait été mis au jour précocement chez Saônois, tant mieux pour son éleveur qui l'aurait vendu plus cher mais tant pis pour le boulanger qui n'aurait pu l'acheter. Et imaginez qu'il soit absent chez un fils de Galileo, quelle catastrophe pour son éleveur. On touche là à des progrès qui, en tuant le mystère, tuent le rêve. Alors c'est le rôle d'un syndicat comme le nôtre non pas de combattre ces avancées scientifiques mais de les encadrer. C'est pourquoi en octobre dernier, nous avons provoqué une réunion
d'experts mondiaux sur le sujet. Et c'est pour moi l'occasion de souligner le travail irremplaçable
du Syndicat en matière sanitaire. La monte naturelle obligatoire et les rassemblements quotidiens de chevaux nous obligent à une vigilance extrême et à la conception sans cesse renouvelée de nouveaux plans et de nouvelles analyses pour éviter ce qui pourraient être des catastrophes. C'est coûteux, j'en suis conscient, mais c'est indispensable.

La rentabilité enfin. Le propriétaire doit se voir proposer les termes économiques les plus favorables possibles pour trouver que le jeu en vaut toujours la chandelle. Et puisque l'on voit bien les limites du PMU, c'est à partir de la même enveloppe qu'il faut raisonner et améliorer. En d'autres termes, c'est le programme qu'il convient de faire évoluer pour remplir deux objectifs : plus vite, plus juste. Plus vite, pour qu'un cheval appelé à gagner une somme X dans sa vie gagne cette somme en trois ans plutôt qu'en cinq ans, faisant ainsi économiser eux années d'entraînement à son propriétaire qui alors se retournera vers un jeune cheval sans avoir perdu la foi. Plus juste, cela veut dire qu'un « bon » cheval doit gagner plus d'argent qu'un « mauvais ». C'est simple pour ne pas dire simpliste et pourtant nos courses sont remplies de contre-exemples.
Je crois fermement que le programme est la clé de notre avenir. Quelques décisions récentes vont dans
le bon sens, mais elles restent insuffisantes. Sans perdre de vue bien évidemment le jeu et l'équilibre entre les régions, il est temps de reprendre l'ensemble et je mesure ma responsabilité à cet égard. C'est pourquoi, avec le Président du Syndicat des Propriétaires, nous avons décidé de travailler ensemble sur les sujets qui
engagent l'avenir. Nos deux grandes formations ainsi réunies sauront, je l'espère, orienter efficacement la politique de France Galop.
Voilà, à mon sens, les trois grands défis qui nous attendent. Permettez-moi de dire qu'en comparaison, nos petites crises internes sont peu de chose si ce n'est qu'elles mettent à mal cette unité dont nous avons particulièrement besoin en ce moment.
Et, je terminerai quand même sur une note optimiste. Les syndicats et les associations travaillent, France Galop travaille, le PMU travaille, nous sommes une force de réflexion et nous sommes un secteur économique qui compte. Autant de facteurs de réussite et dès ce soir, je vous souhaite à tous une heureuse année 2013 !

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