Les réseaux sociaux, l'avenir 2.0 du monde hippique ?

mercredi 19 novembre 2014

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L'univers des courses sur la toile, un nouvel accès pour un nouveau public - Facebook, Twitter, Linkedin… Internet et ses réseaux sociaux attirent de plus en plus de professionnels du monde hippique. Des éleveurs, des propriétaires, des entraîneurs ou encore des jockeys communiquent sur la toile. Les motivations sont diverses et variées. Mais l'objectif est commun : ouvrir une nouvelle porte sur le milieu.

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Même les chevaux ont leur page Facebook. À l'image de Cirrus des Aigles qui parle même à la première personne du singulier. Les chevaux qui excellent sur la piste ont l'usage de la parole sur les réseaux sociaux. Du bout de leurs sabots, ils galopent sur le clavier pour raconter leurs impressions après la course, publier des vidéos au box ou encore partager la photo de leur jockey venu apporter des carottes. Des moments de vie de l'écurie qui étaient jusqu'alors réservés à un cercle de privilégiés. Avec l'usage des réseaux sociaux, les portes des écuries s'ouvrent à tous ceux curieux de découvrir l'envers du décor. Corine Barande-Barbe gère le compte Facebook de son champion avec l'aide de Marc Doumid (ancien journaliste à Paris-Turf) à l'origine de la démarche en 2009. Aujourd'hui, la page de “Cirrus” est suivie par 4956 personnes (chiffres arrêtés le 14/11/2014) à travers toute la planète. L'entraîneur confie : “Je pense que cette page Facebook contribue à sa notoriété en dehors de la piste et démystifie les courses. Pour des néophytes, l'entraînement peut paraître obscur. Grâce aux vidéos, aux photos et aux publications, les gens voient la vie de “Cirrus” comme s'ils étaient à l'écurie. C'est devenu un compagnon pour tous.” Un cheval attachant qui reçoit même des déclarations d'amour des internautes. “Quand il a été battu en compétition, blessé ou distancé, nous avons reçu de nombreux messages pour prendre de ses nouvelles. Cela me touche beaucoup car ces attentions sont marquées de sincérité”, fait savoir Corinne Barande-Barbe. L'intérêt des réseaux sociaux réside justement dans cette possibilité d'échanges entre les professionnels et des internautes. 

Un lieu de partage et d'échange

C'est d'ailleurs ce qui plaît à Serge Bizeul, qui gère sur son temps libre le blog et la page Facebook de l'écurie Papot. “Sur le blog, il n'y avait pas de dialogue possible, or, les gens qui nous suivent sont surtout des connaisseurs. C'est intéressant d'échanger mais aussi parfois d'aller à l'encontre de détracteurs ou de parieurs déçus”, explique Serge Bizeul. La plupart des pages ou comptes présents sur les réseaux sociaux n'ont pas vocation à susciter les enjeux hippiques. Il s'agit plutôt d'un nouvel outil de communication, un trait d'union entre les néophytes et les professionnels. L'Écurie Sagara a d'ailleurs créé sa page il y a un an pour leurs “amis proches et les éleveurs de nos chevaux”, avoue Baudouin Gabeur, 25 ans. Le fils de l'éleveur gère les intérêts de la famille sur le Web. Il explique : “Le but est de partager notre passion peu connue en dehors de notre cercle familial. Amis et famille éloignés peuvent ainsi suivre les résultats de nos chevaux. Pour les éleveurs à qui nous avons acheté les poulains, c'est un moyen d'obtenir des nouvelles fraîches.” Le jeune homme gère cette page avec amusement “ce n'est pas une contrainte car j'estime que l'on a un devoir de communication”. Baudoin n'hésite pas à mettre en jeu des entrées pour assister aux 48h de l'obstacle à Auteuil “pour faire participer la communauté et attirer les internautes sur les hippodromes”.

Facebook, un vivier de futurs propriétaires ?

Une démarche louable que rejoint Armand Lefeuvre, jeune entraîneur installé dans la Sarthe : “Avec ma page Facebook intitulée “Écurie Armand Lefeuvre”, je cherche à susciter des vocations de propriétaires en leur donnant envie”. Des vidéos ou des photos prises par sa femme sont mises en ligne régulièrement. Mais aussi des commentaires après les courses pour expliquer les performances de ses pensionnaires à travers toute la France ou annoncer l'arrivée de nouveaux chevaux à l'écurie. “Mais ce sont les vidéos que les gens préfèrent. Je crois qu'ils aiment avoir la sensation d'assister personnellement à l'entraînement”, analyse Armand Lefeuvre. Grâce à sa page Facebook, le jeune entraîneur a accueilli trois nouveaux propriétaires. “Ils s'agissait d'amis à des amis qui étaient complètement néophytes. Ils souhaitaient investir en s'amusant. Après avoir découvert l'ambiance de l'écurie, nous les avons invités sur un hippodrome”, rapporte l'entraîneur qui compte 15 chevaux dans ses boxes. Le pas était franchi. Les internautes ont lâché leur écran en osant pousser les portes des écuries. Pascal Adda a lui aussi démarché des propriétaires sur la toile mais cette fois via Linkedin, le réseau social professionnel : “Il s'agissait de porteurs de parts haut de gamme, davantage présents sur ce type de réseaux.”Gérer ses réseaux sociaux peut prendre du temps. Entre 30 minutes par jour pour certains, à 1 h 30 pour les plus aguerris. Une activité chronophage qui rebute un entraîneur comme Cédric Mégissier. Même si son protégé Uhlan du Val compte 1110 “J'aime” sur sa page, c'est un admirateur du cheval qui s'en occupe. “Moi, je n'ai pas le temps de me promener là-dessus. Je garde un œil sur ce qui est dit mais n'y participe pas. J'avais donné mon autorisation pour la création de cette page, il y a environ un an”, rapporte l'entraîneur de trotteurs. Même son de cloche chez Philippe Daugeard pour la page d'Univers de Pan (1654 j'aime au 14/11/2014). “Cela me fait plaisir de voir qu'il a autant de fans, mais je n'ai pas le temps de m'en occuper, ni le désir.” 

Mettre en avant le personnel

Thierry Lemer, lui, prend le temps avec ses fils de donner des nouvelles de ses galopeurs sur la toile depuis deux ans. “C'est un moyen de partager les bons comme les mauvais moments de l'écurie mais surtout de mettre toute l'équipe en avant. C'est une forme de reconnaissance pour les cavaliers du matin qui sont généralement dans l'ombre.” Les atouts des réseaux sociaux comme le partage de vidéos ou d'actualités permettent aux propriétaires de suivre l'évolution de leur(s) pensionnaire(s) à distance. “Mais cela ne remplace pas la communication directe avec eux”, précise Thierry Lemer. Quant à Gabriel Leenders, installé depuis moins d'un an à son compte, il se sert des réseaux sociaux pour donner une bonne image de son écurie : “Je publie par exemple des chevaux contents d'être lâchés au paddock après le travail ou alors l'arrivée de mon nouveau camion. Cela dynamise l'image de mon entreprise.” Le jeune entraîneur profite des balades à cheval dans les bois pour poster des commentaires ou des photos sur la page. “C'est très rapide avec un smartphone mais cela ne se substitue pas au contact direct avec l'entraîneur”, tient à rassurer Gabriel Leenders. 

Une question de génération ?

De son côté, Jean-Paul Gallorini, qui possède depuis peu une page Facebook gérée par une connaissance, évoque une question d'âge: “Le sport ne se fait pas avec le troisième âge !” Être présent sur les réseaux sociaux serait-ce uniquement une question de génération ? D'après les statistiques fournies par le réseau social de Mark Zuckerberg, la tranche d'âge des utilisateurs des pages hippiques se situe entre 18 et 34 ans. Jean-Paul Gallorini ajoute : “C'est vrai que cela intéresse davantage les jeunes. Moi, je suis pour que l'information ratisse le plus largement possible dans un souci de transparence. Les réseaux sociaux peuvent être un moyen d'attirer les gens sur les hippodromes”. Les gens mais aussi les marques. David Cottin vient de créer son compte Twitter fin septembre, où plutôt un agent se charge de son image sur les réseaux sociaux. “C'est un professionnel qui gère également l'image du cavalier Kevin Staut. Mon but est de développer ma présence sur internet pour attirer les marques. Sur les terrains de concours hippiques, de nombreuses marques sont présentes sauf sur les hippodromes. Je veux essayer d'ouvrir des portes par ce biais pour attirer le sponsoring”, révèle le jockey.Des tweets, des publications et des notifications... Les réseaux sociaux peuvent servir d'une première approche. Pour les entraîneurs auprès de propriétaires. Pour les néophytes, une porte d'entrée dans un monde souvent qualifié d'“opaque”. Mais au fait, qu'en pensent les premiers intéressés ? Ceux que l'on photographie sous tous les angles, qu'on commente au moindre geste ? Seul Cirrus des Aigles a répondu : “J'avoue que cela me plaît que l'on parle de moi.”
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