Mesdames, messieurs les élus…

mercredi 16 septembre 2015

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Mardi soir, Le Trot a repris son bâton de pèlerin pour expliquer aux élus locaux la situation de la filière hippique en France et lui confier ses chevaux de bataille pour les années à venir. Un travail de lobbying très important auprès des élus de notre pays entamé l’an passé avec la Fédération du Centre-Est. Le 15 septembre au soir, c’était au tour de la Fédération de l’Anjou-Maine Centre-Ouest présidée par Jöel Bourgeois d’être conviée dans le temple du Trot…

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Le Président Dominique de BELLAIGUE, entouré des élus

Courses et remises de pix défilent. En immersion dans l'univers fantastique de Vincennes, les discussions sont ininterrompues. A chaque table dressée pour dix convives, des responsables du Trot, le président de Bellaigue en tête, expliquent, inlassablement, la situation concrète de la filière hippique. Si l’instant est fort convivial, les message sont forts et pensés pour porter. L’enjeu est très simple : convaincre les élus (qu’ils soient députés, présidents de conseil général ou maires) de l’urgence de la situation et de l’importance vitale et capitale de trouver des solutions politiques aux maux que subit de plein fouet le PMU – et les paris hippiques – depuis l’ouverture des paris en ligne en 2010. D’aucuns avanceront l’argument que ce genre de soirée peut être coûteuse et inutile. Qu’ils se trompent... « Sans implication politique… », ne cesse de crier Dominique de Bellaigue. Qu’il a raison ! Pour rappel, s’il y avait eu un lobbying politique sur le dossier de la TVA il y a deux ans, les courses auraient déjà sûrement un sacré caillou de moins dans la chaussure.
 

Réaction du député de Mayenne et ancien ministre sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Guillaume Garot :
"Cela fut une soirée très enrichissante pour moi. Je suis élu d’un département qui a pour emblème le cheval, Pégase. La filière hippique y est une réalité économique et sociale. J’ai écouté attentivement les deux interventions et le fait de pouvoir échanger directement avec des professionnels est un moment extrêmement utile. Les problématiques ont été bien posées : une loi votée en 2010, ensuite, sur injonction de la Commission européenne, un changement sur les taux de TVA. La conjonction de ces mesures a des effets réels sur une filière aujourd’hui que je sens inquiète. Une filière qui est un atout pour notre pays, car c’est un modèle envié par d’autres pays, nous venons de parler de la Russie à l’instant. Pour un élu attaché au cheval et engagé au parlement comme je le suis, il est très important qu’on puisse désormais trouver les meilleures solutions possibles dans le respect des législations françaises et européennes. Notre responsabilité à nous parlementaire est de tout faire pour qu’on conforte nos filières économiques qui sont d’excellence. Avec un objectif : l’emploi. Comment peut-on aujourd’hui soutenir l’emploi ? C’est avec ce regard-là que je vais pouvoir continuer à suivre l’évolution de ce dossier. Oui, je suis sincèrement convaincu que ces genres de soirées sont parfaites pour informer les élus. Cela vaut une vraie séance de travail dans un bureau ailleurs. Il y a de la convivialité, bien sûr, et on prend le temps d’échanger. Je ressors de cette soirée instruit."

 

Discours du Président de la Fédération Anjou-Maine Centre-Ouest

Monsieur le Président de la Fédération Nationale des courses,

Monsieur le Président de la Société du Cheval Français,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs les Présidents,

La Fédération Régionale Anjou-Maine Centre-Ouest est particulièrement honorée ce soir de votre présence à tous sur l’hippodrome Paris Vincennes, temple du spectacle des courses au Trot, à l’occasion de cette soirée dédiée aux hippodromes de notre Fédération.
 

Je tiens particulièrement à remercier Monsieur de Bellaigue qui a toujours défendu, les courses en Région, base incontournable de la pyramide de la sélectivité de notre élevage et de la ruralité de notre institution.
 

Merci à chacun d’entre vous, Ministre, sénateur, député, maire, élus des conseils départementaux, de nous avoir fait le plaisir de répondre favorablement à notre invitation.

La Fédération Anjou-Maine Centre-Ouest est l’une des dix fédérations régionales que compte l’institution. Son territoire est composé de 6 départements l’Indre et Loir, le Loir et Cher, le Maine et Loire, la Mayenne,  la Sarthe, la Vienne.
 

195 journées de courses sont organisées chaque année dont 73 sont des supports à Enjeux Nationaux (PMU) .

37 sociétés de courses organisent cette activité, allant d’une seule réunion annuelle à 25.
 

Cette activité représente de 20 à 25 % de l’activité nationale de l’institution que ce soit par le nombre d’hippodromes, le nombre d’entraineurs, le nombre de chevaux à l’entrainement ou le nombre de salariés (institution et professionnels).

De nombreux centres d’entrainement hébergent des effectifs conséquents de chevaux créant une activité économique importante, certains d’entre eux ayant plus de 50 salariés.
 

Notre fédération participe au quotidien à l’activité d’entreprises.

C’est ainsi qu’une ex-entreprise de chaussures du choletais, « LB Becquet » a construit un prototype des stalles de départ pour le galop et en a vendu dans le monde entier.

Une autre de Durtal « Eider » s’est spécialisée dans les miroirs d’arrivée.

Il en est de même pour la construction de haies. Un système a été breveté par la Sté EIDER pour faire pivoter les haies sans risque de panne. Ce système sous la maitrise d’ouvrage de la ville de PARIS  a été repris pour la construction de passerelles dédiées aux piétons, notamment à Auteuil.

Une autre cette fois ci mayennaise « Axis », a été sollicitée pour construire nos systèmes « arrêt courses » que nous voyons actuellement sur la plupart de nos hippodromes nationaux.

Elle est actuellement sur le point de finaliser un nouveau système de départ aux cellules pour les courses au trot.

Une autre l’entreprise «  Lesage Varlot » basée en Sarthe à Sillé-le Guillaume  s’est lancée dans la carrosserie de véhicules particuliers dédiés aux courses : Auto Start – Voitures suiveuses pour nos juges.

Enfin il faudrait citer les nombreux artisans et commerçants qui profitent de notre activité.

Nous sommes fiers que notre Fédération Régionale ait réussi à convaincre autant de chefs d’entreprises. Cette implication a généré un impact économique local supplémentaire à notre activité courses.
 

Pour revenir sur l’activité propre de nos journées de courses, nous avons enregistré plus de 340 millions d’enjeux PMU en 2014, et  pratiquement 7 millions d’enjeux sur nos hippodromes.

L’Etat est bien sûr, le premier gagnant grâce aux prélèvements sur les enjeux mais aussi nos communautés de communes qui se partagent  1 300 000  Euros.

Ce sont 180.000 spectateurs qui se sont déplacés sur nos hippodromes. L’hippodrome est un lieu convivial accessible à tous, où la société française se retrouve. Ce lieu  incarne la compétition, la performance et le dépassement de soi. Il offre une part de rêve.
 

Bon nombre de sociétés sont proches de leurs élus, mais elles se doivent d’être encore plus proches afin d’être mieux connues, mieux reconnues, mieux intégrées et afin que ces élus locaux que vous représentez ici, soient à leur tour à l’écoute d’une filière qui a besoin de leur soutien.

En effet, la crise économique qui frappe tous les secteurs ne nous épargne pas et l’avenir de cette filière est aujourd’hui menacé.

La hausse continue des coûts d’entretien et des coûts salariaux, les contraintes accrues sur l’organisation du travail et sur la sécurité ,contribuent à l’augmentation de nos charges, alors même que les revenus issus des paris hippiques sont en nette diminution.

De nombreux socioprofessionnels accumulent des heures de travail sans atteindre une rentabilité suffisante. Je laisserai le Président de Bellaigue exposer plus en détails cette situation qui nous préoccupe aujourd’hui profondément.
 

Je vous remercie et vous souhaite une très bonne soirée.
 

Discours du Président du Cheval Français, Dominique de Bellaigue

 

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Fédération Régionale des Courses d’Anjou-Maine,

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis,

 

               Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue ce soir sur l’hippodrome de Vincennes, à l’occasion de cette réunion de courses dédiée à la fédération des courses de la région Anjou-Maine.

 

               Je tiens à mon tour à vous remercier chaleureusement pour votre présence. Je connais la charge de travail qui est la vôtre et je mesure toutes les sollicitations dont vous êtes l’objet.

 

               M. Joël Bourgeois vous a dressé un portrait complet de sa fédération, il a su avant tout vous faire partager sa passion et son engagement de bénévole au service d’une filière économique et sociale, qui mérite d’être mieux connue.

 

               Sans être exhaustif, je voudrais toutefois vous donner quelques chiffres-clés sur ce que représente la filière hippique aujourd’hui en France. 

 

               En ce qui concerne notre spécialité, le trot, plus de 11.000 courses sont organisées chaque année sur 221 hippodromes. Nous distribuons près de 250 M€ en prix de courses, au profit des propriétaires et par voie de conséquence des entraîneurs, et près de 30 M€ de primes pour les éleveurs. En moyenne, chaque année, 17.500 chevaux sont déclarés à l'entraînement pour un total de 151.000 partants.

 

               Le modèle du financement de la filière hippique française, par les paris et les investissements des propriétaires, est vertueux, transparent. Pour les paris, il se fait via un prélèvement sur les enjeux collectés par le GIE-PMU, qui appartient aux deux Sociétés-mères, France Galop et LeTrot. En 2014, les enjeux du PMU ont représenté 9,1 milliards d'euros, pour un résultat net reversé de 800 M€ aux deux Sociétés-mères.

 

               Ce secteur économique est aujourd’hui fragilisé, bien sûr par un environnement dégradé, mais aussi par des décisions législatives ou fiscales qui impactent fortement notre activité.

 

               Je n’en retiendrai que deux : la concurrence des paris sportifs et les hausses de TVA sur les activités hippiques, intervenues en 2013.

 

               Mesdames et Messieurs les parlementaires, vous avez voté, il y a cinq ans, la loi d'ouverture du marché des jeux sur internet. C’est ainsi que de nouveaux opérateurs, privés, ont reçu un agrément de l'ARJEL – l’Autorité de Régulation des Jeux En Ligne - pour prendre des paris sur les courses hippiques. Mais surtout, la loi a autorisé la Française des Jeux et les autres opérateurs, dont le PMU, à développer sur internet les paris sportifs et le poker.

 

               Cette loi dite de régulation s'avère, après cinq ans, une loi de dérégulation du marché des jeux en France, au détriment des courses hippiques. Nous sommes donc confrontés à une concurrence importante avec, notamment l’autorisation donnée à la Française des Jeux de proposer l’offre de paris sportifs dans son réseau physique, qui compte 33.000 points de vente contre 12.000 pour le PMU.

 

               L’impact est sans appel : entre 2010 et 2014, les enjeux sur les courses hippiques ont baissé de 800 M€, alors que les paris sportifs ont progressé du même montant.

 

               L'environnement économique dégradé est un facteur non négligeable dans la baisse du chiffre d'affaires du PMU, mais il est indéniable que les paris sportifs, soutenus par une médiatisation très importante, mettent à mal l'attractivité du pari hippique. En effet, il existe une distorsion de concurrence que nous ne pouvons pas accepter, sur la rémunération des titulaires de points de vente pour les produits Française des Jeux et les produits PMU : 5,2 % du montant des ventes des jeux de la FDJ, contre 2 % seulement en moyenne pour les paris du PMU. Il est ainsi impossible d'envisager, à court terme et sur ces bases, un renversement de situation en faveur du PMU.

 

               En 2012, à la demande du Premier Ministre, François FILLON,  un Comité Stratégique, présidé par le Sénateur Ambroise DUPONT a été mis en place pour évaluer les réformes que nous devions mener, afin de pérenniser la filière économique. Un rapport a été remis au Ministre de l'Agriculture et au Ministre du Budget en juillet 2013, identifiant les principales réformes à mener. Plusieurs chantiers ont été ouverts : certaines réformes ont déjà été menées à bien, comme celle du système de retraite des salariés de l'Institution des courses, d'autres sont en cours, comme pour la prise de paris sur les hippodromes parisiens, qui va être révisé.

 

               Ces réformes ont un coût très important, au niveau social et financier pour les Sociétés-Mères et c'est pour cela que le Président de France Galop et moi-même avons rencontré, à plusieurs reprises, cette année, M. Christian ECKERT, Secrétaire d'Etat chargé du Budget, et le Ministre de l'Agriculture, M. Stéphane LE FOLL, pour les convaincre d'accompagner la filière hippique dans ses réformes, filière qui contribue, je le rappelle, chaque année, à hauteur de 1 milliard d'euros, au budget de l'Etat.

 

               Le partenariat des courses hippiques avec l'Etat est historique, permanent et nous l’avons toujours encouragé. Nous revendiquons notre contribution au budget de l'Etat mais nous sommes conscients, aujourd'hui, que l'avenir de la filière n'est possible qu'avec une volonté politique forte, pour soutenir les 73.000 emplois que représente ce secteur d’activité, et la place qu’elle tient dans la politique agricole d'aménagement du territoire.

 

               Vous le savez tous, dans les départements qui composent la Fédération Anjou-Maine, le cheval est un élément structurant de l'économie du territoire. Il est aussi culturel, fédérateur et c’est d’ailleurs le cheval qui symbolise la signature du département de la Mayenne.

 

               Il est évident que demain, sans le soutien des élus locaux, régionaux et nationaux, la filière hippique française sera affaiblie et je ne voudrais pas que, dans quelques années, on puisse comparer la France à l'Italie, où une politique de complète libéralisation de la politique des jeux a conduit à la faillite de la filière dans son ensemble.

 

               C'est le message que je tenais à vous faire passer ce soir. Il est essentiel que vous l'entendiez et que vous en soyez le relais politique.

 

               Avant de conclure, je me dois d’évoquer les hausses des taux de TVA, pour les activités équines, décidées il y a deux ans par le gouvernement français sur injonction de la Commission européenne. Les effets ont été immédiats : à titre d’exemple, au galop – je parle sous le contrôle de M. TASSIN, administrateur de France-Galop que je salue - le nombre de chevaux à l’entraînement est en baisse de 5%, ce qui entraîne une diminution du nombre de partants dans les courses et par conséquent, une baisse des enjeux au PMU et donc des recettes de l’Etat. Les ventes de yearlings trotteurs il y a 15 jours ont été fortement orientées à la baisse : -20%, en raison des moindres investissements des propriétaires.

 

               Je suis conscient que le débat se situe désormais au niveau européen pour faire reconnaître les activités du cheval comme devant bénéficier d’un taux réduit de TVA. C’est également un dossier prioritaire car sur ce sujet également très sensible, il en va de la pérennité des courses hippiques.

 

               Monsieur le Ministre, Mesdames Messieurs les élus, chers amis, je vous invite avant tout à découvrir ce soir le spectacle des courses hippiques. Je vous souhaite une excellente soirée et je vous remercie de votre attention.

 

               Encore une fois, merci de votre présence. J’y suis très sensible.

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