Le point de vue de Christophe Soumillon: Ce que je retiendrai de Cirrus
jeudi 31 mars 2016

Christophe Soumillon et Cirrus des Aigles
Christophe Soumillon et Cirrus des Aigles © Scoopdyga

Christophe Soumillon, jockey lauréat de sept groupes dont cinq groupes I avec Cirrus des Aigles rend hommage à son champion, retraité depuis le début de semaine!

Tout d'abord, c'est un cheval qui a fait passer beaucoup de gens pour des imbéciles. Il a fait taire beaucoup de personnes qui ont eu des mots ou des pensées parfois négatives à son sujet ou même vis-à-vis de son entourage. Beaucoup ont cru, qu'à un moment donné, il était fatigué, qu'il n'en pouvait plus, ou qu'il en avait marre. C'est ce que je vais retenir au départ parce qu'il est vrai que, même moi, il m'a surpris à plusieurs reprises. Je ne pensais pas qu'il allait revenir au plus haut niveau, et il l'avait prouvé, une fois de plus, dans le Prix Ganay 2015. En fait, il n'a fait que surprendre à chaque fois. C'est un cheval qui a un cœur de lion. Sa grande force, c'était de savoir respirer tout en allant très vite et il possédait une aptitude au terrain lourd, bien supérieure à n'importe quelle moyenne. Il l'avait montrée de la plus étincelante des façons avec Olivier Peslier, en 2012, en gagnant de huit longueurs le “Ganay”. Il m'avait vraiment époustouflé ce jour-là. “Cirrus” avait un tempérament de poulain, à chaque fois qu'il entrait en piste, un peu fougueux, dérobant un peu avant de vous prendre la main, vous perdiez le contrôle pendant cinq cents mètres et il s'en amusait. C'est un cheval fantastique que n'importe quel propriétaire rêverait d'avoir. Nous avons une grosse pensée pour son éleveur Monsieur Lelimouzin, qui, avec ce croisement improbable, a réussi à créer un des plus grands champions qu'on ait jamais vus. Si je devais retenir une seule course, ce serait le jour où nous avons battu Trêve dans le “Ganay”. Je crois que personne n'aurait prédit ce scénario. Il fallait un cheval hors norme pour remettre un ultime coup de reins et battre une telle championne. Il y a eu des grands moments mais également des douloureux. Comme à Epsom, après sa victoire dans la Coronation Cup. Je n'avais pas pu le faire poser pour la photo dans le cercle des vainqueurs. Je sentais que le cheval avait eu un pépin après le poteau. Sur l'instant, je n'étais pas sûr car, parfois, il lui est arrivé d'avoir une action un peu bizarre mais ce jour-là, nous avons tous eu peur pour lui, pensant qu'il s'était fait très mal. Heureusement, il est toujours arrivé à remonter la pente. C'est une bonne décision d'arrêter sa carrière et d'éviter un éventuel accident en course. “Cirrus”ne mériterait pas de se blesser sur un champ de courses et une très belle retraite l'attend. Il incombera à Corine et à Monsieur Dupouy de prendre la décision finale mais si c'est en adéquation avec l'état d'esprit de toute l'équipe de “Cirrus”, cela me comblerait d'accueillir ce cheval qui m'a tant apporté tout comme à ma femme et mes enfants.

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