Les voies des voix

mardi 17 novembre 2015

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Ils constituent le duo incontournable des commentateurs au galop sur Equidia. Stéphane Costes et Gianni Caggiula font l'unanimité dans des fonctions pourtant très exposées. Pour mieux les connaître, “Paris-Turf” s'est engouffré de l'autre côté du miroir.

Umberto RISPOLI - CAGGIULA Gianni - Stéphane COSTES largeL

Scoopdyga

Umberto RISPOLI , Gianni CAGGIULA et Stéphane COSTES

Un océan les séparait au moment de cet entretien. Seulement au sens propre, car Stéphane Costes, parti alors à Keeneland pour la Breeders' Cup, et Gianni Caggiula forment incontestablement le tandem le plus populaire du petit écran hippique. Des socioprofessionnels aux parieurs occasionnels en passant par les turfistes avertis, ils sont connus de tous. Ce qui pourrait apparaître comme de l'omniprésence depuis plus d'une décennie fait incontestablement plutôt figure de référence. Les footeux ont vécu leur passion à travers Larqué et Roland, les férus d'ovalie avec Salviac et Albaladejo, ceux de la petite reine en compagnie de Chêne et Thévenet. Force est de constater que les amoureux de la chose hippique, notamment du galop, possèdent d'ores et déjà une marque indélébile du duo Costes-Caggiula. Pourtant, leur itinéraire respectif, hormis cette évidente passion pour le cheval, n'a rien en commun.

La symétrie (ou l'asymétrie) entre eux détonne ! Stéphane Costes grandit au sein de l'univers hippique par le biais d'un papa crack-jockey mais ne va avoir le déclic qu'à l'adolescence “suite à un meeting de Cagnes”. Quant à Gianni Caggiula, il va “tomber dedans” alors qu'il est encore enfant mais de l'autre côté de la barrière : “Je ne suis pas du tout issu du sérail, confie-t-il. Mon père et mon grand-père étaient ce que l'on peut appeler des turfistes du dimanche. Nous habitions près de Saint-Cloud, donc nous allions assez souvent à l'hippodrome, et j'ai ainsi chopé le virus.” Entre un Prix d'Amérique 1982, dans lequel il supportait Idéal du Gazeau, troisième derrière Hymour et Jiosco, suivi depuis une classe de neige, à un soufflet pris pour avoir fait part de son mécontentement de ne pas avoir pu suivre “l'Arc” de Three Troikas, Gianni Caggiula va surtout vouer une admiration totalement subjective mais sans faille à Bernard Secly : “Je suis allé à Auteuil pour la première fois lors du “Grand Steeple” 1978. La course a été remportée par Mon Filleul, entraîné par Bernard Secly. C'est ainsi que je suis devenu fan de lui. Si un autre entraîneur avait gagné, j'aurais certainement été fasciné par cette personne mais, là, c'était lui. Du coup, j'allais ensuite à Auteuil pour suivre ses chevaux que je connaissais par cœur.” À tel point que, lors de ses débuts comme journaliste, Gianni Caggiula stupéfait le maître-entraîneur en reconnaissant un à un ses pensionnaires le matin alors “qu'il n'y a rien de plus ressemblant à un cheval bai qu'un autre cheval bai” !

Le “poulain” Stéphane Costes, lui, est plus tardif : “Au départ, je ne m'intéressais pas trop aux courses. Cela m'a pris une année où mon père a terminé tête de liste à Cagnes-sur-Mer. J'ai alors commencé à découper les pages des résultats, des articles, des interviews dans “Paris Turf”. Je collais tout dans un cahier. Je n'imaginais alors pas faire ce métier car, à l'époque, de commentateurs il n'y en avait qu'un : Jean-Pierre Bailly. On avait tous l'impression que cette personne était indéboulonnable, mais l'arrivée d'Equidia a ouvert pas mal de portes aux autres.”Les points communs entre les deux acolytes arrivent alors : une annonce dans “Paris-Turf” (Gianni Caggiula intègre Geny Courses où il est lancé sur France Courses par Bruno Diehl ; Stéphane Costes passe un casting et intègre Equidia en septembre 2000), l'importance de Christian Vela dans leur progression et une complémentarité qui saute aux yeux de tous. Et celle-ci n'a pas échappé à Jérôme Lenfant, directeur de la rédaction d'Equidia depuis dix ans, lors de son arrivée : “Stéphane possède une vraie qualité de commentateur avec ses précisions et sa justesse. Gianni possède également ces caractéristiques, mais il apporte son côté “encyclopédie des courses”. En découvrant Stéphane, j'ai reconnu la qualité du grand commentateur sportif et, dans l'analyse de Gianni, j'ai retrouvé la finesse de grands consultants. Chacun enrichit l'autre et apporte sa pierre sans jamais marcher sur ses plates-bandes.” Les vers suivants auraient donc pu être écrits pour eux : “Je suis le thé, tu es la tasse/Toi la guitare et moi la basse/Je suis la pluie, tu es mes gouttes/Tu es le oui et moi le doute”. En plus de dix ans de collaboration, Gianni Caggiula et Stéphane Costes ont vécu et fait vivre des moments à jamais gravés dans l'histoire des courses avec une complicité naturelle. “L'osmose entre nous s'est faite assez rapidement, indique le premier nommé. Comme lorsque dans un couple, la magie s'opère. On s'entend bien et il y a beaucoup de respect entre nous. On parle le même langage. C'est un vrai connaisseur avec une grande culture hippique. On se comprend. Je suis capable d'anticiper ce qu'il va dire ou faire et vice versa. Ce qui m'impressionne le plus chez lui, ce sont ses commentaires. Il les porte, nous emporte et nous transporte (sic) ! Il ne se contente pas de donner l'arrivée. Il y a des phrases qui restent : “vous aviez rendez-vous avec l'histoire, et ce rendez-vous, vous ne l'avez pas manqué”, lors de “l'Arc” de Zarkava ou sur Divine Proportions avec “Divine vous avez été, divine vous êtes et divine vous serez !”

Et Stéphane Costes de revenir sur son cheminement vers le micro : “Quand on m'a proposé de faire des commentaires à mes débuts, je refusais car je ne m'en pensais pas capable. Mais c'est ce que j'aime. De plus, je prends toujours autant de plaisir. Je n'en suis ni écœuré et ni saturé. Je réalise la grande chance que j'ai. Grégoire Margotton, qui est un brillant commentateur de football, dit qu'il fait le plus beau métier, mais je ne suis pas d'accord avec lui : le plus beau métier du monde, c'est moi qui le fais.” Gianni Caggiula ne le contredira certainement pas... 

La multiplication des réunions : Le temps où ils avaient le temps...

Comme les parieurs, les professionnels et les autres médias, les deux compères ont dû s'adapter à la multiplication des courses et a fortiori des réunions. En tant que puristes, ils regrettent “le temps où [ils] avaient du temps pour recevoir en plateau des jockeys, des entraîneurs, raconter des histoires, parler d'élevage, véhiculer et partager des émotions”. Et Stéphane Costes de regarder dans le rétroviseur : “Quand j'ai commencé, il n'y avait qu'une réunion par jour. Lorsque nous sommes passés à deux, c'était déjà un grand changement pour nous. C'est l'évolution des courses, et il faut faire avec. Je voyage beaucoup à l'étranger et, aux États-Unis, par exemple, c'est pareil : il y a des réunions un peu partout en même temps. Après, il revient à chacun de faire ses propres choix.” Gianni Caggiula abonde dans le même sens : “Passionnés comme nous le sommes, les courses sont quelque chose de viscéral mais on est obligé de faire un tri désormais. Tout s'enchaîne vite, et c'est un peu déshumanisé.” 

Quand Caggiula et Costes s'interrogent...

Nous avons proposé à Gianni Caggiula et Stéphane Costes de se poser mutuellement une question. Entre taquineries et souvenirs, les deux hommes se sont prêté au jeu.

Gianni Caggiula : Te sentirais-tu de nouveau capable de faire la voltige à l'antenne ?
Stéphane Costes : “Sans déconner (s'ensuit un petit juron affectif…) ? Il faut vraiment que je réponde ? Alors non, je ne m'en sentirais pas de nouveau capable ! Je ne suis tout simplement pas bon dans cet exercice. La voltige est un vrai métier qui est extrêmement difficile à faire. J'admire et respecte beaucoup ceux qui le font, et je pense que je n'aurais pas du tout les capacités. Peut-être que Gianni les a lui (rires) !”

Stéphane Costes : Voudrais-tu prendre à nouveau un yearling avec moi ?
Gianni Caggiula : “Absolument mais, cette fois, c'est moi qui choisis ! S'il me pose cette question, c'est en raison d'une anecdote un peu folle. Nous avions acheté ensemble une pouliche qui n'avait pas réussi à faire la moindre arrivée. Nous l'avions donnée et, quelques années plus tard, je tombe sur une affiche de horse-ball. Je la reconnais tout de suite ! En me renseignant, j'apprends qu'elle était devenue championne du monde dans cette discipline. C'était incroyable, mais j'aurais tout de même préféré qu'elle soit meilleure en piste...”

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