Matthieu Abrivard: “Impatient et déterminé”

jeudi 09 octobre 2014

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Entretien exclusif : Matthieu Abrivard évoque son opération de la hanche

Matthieu Abrivard largeP

Scoopdyga

Matthieu Abrivard

C'est à la Pitié-Salpêtrière que l'un des consultants vedettes de Paris-Turf va subir une intervention chirurgicale d'envergure, jeudi à Paris. Un an après avoir retrouvé la compétition suite à son terrible accident, survenu en mai 2013 (au cours duquel il s'était fracturé la hanche à plusieurs endroits), Matthieu Abrivard va se faire poser une prothèse afin de retrouver toute son intégrité physique.

Matthieu, à quelques jours de votre seconde opération, on vous sent presque soulagé…

Oui, c'est exactement ça. J'ai hâte d'y être. Non pas que j'adore me faire charcuter (sic), mais je ne voulais (et pouvais) plus rester comme ça. Physiquement, ça commençait à devenir difficile. Vivre avec la douleur, ce n'est pas évident, surtout lorsqu'on fait un métier aussi éprouvant que le nôtre, au trot comme au galop. Il faut être fort dans sa tête. 

On a plutôt le sentiment que vous l'avez été, non ?

En tout cas, j'ai essayé de l'être. J'ai souvent serré les dents. Quand on est compétiteur, on sait se faire mal. Avant et après une course, on peut ressentir la douleur ; par contre, dès que l'on est dans le peloton, on a le couteau entre les dents. On oublie tout et on ne pense qu'à une chose : la gagne. 

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette nouvelle intervention chirurgicale et ce qui la différencie de la première ?

En juin 2013, le professeur Nathan était parvenu à réduire mes fractures à la hanche en me posant des plaques et m'avait remis la jambe gauche dans son axe. Il faut dire que je souffrais beaucoup à cette période-là. Entre ma chute (N.D.L.R. : survenue le 27 mai 2013, à Chartres, après qu'une jument entraînée par Fabrice Souloy - qu'il devait monter au cours de cette réunion - lui est tombée dessus après s'être cabrée au moment de rentrer de sa séance d'échauffement) et cette première intervention chirurgicale, à la clinique Ambroise-Paré de Neuilly-sur-Seine, j'en ai beaucoup bavé. Au départ, il était envisageable que je puisse conserver ces plaques à la hanche, mais mon articulation est trop mauvaise et j'ai perdu énormément de mobilité et de souplesse. C'est la raison pour laquelle je boite.D'où la nécessité de placer une prothèse…Ça devenait pratiquement inéluctable. Même si j'ai dû me faire à cette idée et que, dans un premier temps, ce n'est pas facile, car on a le sentiment de prendre 30 ans dans la figure (sic), je sais que cela va m'aider à retrouver mes capacités physiques, d'autant qu'il s'agit d'un matériel hyper sophistiqué, fabriqué en Suisse, qui a déjà fait ses preuves sur des athlètes de haut niveau. 

Serez-vous contraint, dans quelques années, de procéder à un changement de prothèse ?

Non, et c'est justement tout l'intérêt de ce nouveau matériel. On vous le pose et vous n'avez plus à le changer. J'ai effectué pas mal d'examens au préalable ; j'ai passé un scanner 3D afin de tout mettre en œuvre pour que la greffe prenne bien. Dans le même temps, on va m'ôter mes plaques. J'ai hâte d'y être… 

Êtes-vous anxieux ?

Non, je suis impatient et déterminé, même si ce n'est pas agréable de passer sur le billard… Ces derniers temps, je fatiguais trop. Je suis encore jeune et j'ai envie de me sentir bien dans mon corps. Les progrès de la médecine vont me permettre, je l'espère, de retrouver toutes mes sensations. 

Un an après votre retour à la compétition, comment jugez-vous votre bilan ?

D'une manière générale, je dirais qu'il est bon. Je sais d'où je viens et le travail que j'ai dû accomplir suite à ma première opération. J'ai beaucoup bossé, ne serait-ce que pour continuer à faire mon métier. Sincèrement, à un moment donné, j'avais fini par en douter. Du coup, tout ce qui s'est passé durant cette année que l'on peut quasiment qualifier de transition, c'est presque du bonus pour moi. Après le traumatisme que j'ai subi, on relativise beaucoup plus. Et puis j'ai quand même fait plus de cent gagnants (113), j'ai figuré à l'arrivée du “Cornulier” (N.D.L.R. : cinquième, avec Twist des Caillons). Les chevaux de l'écurie ont, dans l'ensemble, bien travaillé. Je me suis moins produit sous la selle, mais je pense avoir prouvé que j'étais toujours aussi compétitif, notamment à l'attelé. En tout cas, j'ai vraiment essayé de défendre à chaque fois l'argent des parieurs et de mettre en application les consignes que me donnaient les entraîneurs qui m'ont fait confiance en faisant appel à moi. 

Connaissez-vous d'ores et déjà la durée de votre indisponibilité ?

Le professeur qui va m'opérer à la Pitié-Salpêtrière m'a dit qu'il faudrait certainement compter entre trois semaines et un mois. Je ne fais pas une fixette là-dessus. Le plus important, c'est que l'opération se déroule sans encombre et que je réussisse à me sentir bien. Presque comme avant. 

Cette nouvelle intervention va-t-elle nécessiter une phase importante de rééducation ?

Il y en aura évidemment une, mais elle ne sera a priori en aucun cas comparable à la première, qui m'avait conduit durant plusieurs semaines jusqu'au CERS de Capbreton. Là, on m'a dit que je devrai effectuer un gros travail personnel, et je serai également accompagné d'un kiné. 

Était-ce, selon vous, le bon moment pour subir cette intervention chirurgicale ?

Moi, j'aurais aimé que cela intervienne plus tôt, mais il a fallu fabriquer la prothèse et cela prend du temps. Du coup, ce n'est ni le bon ni le mauvais moment. C'est simplement celui qui a été choisi. Si vous faites allusion au meeting d'hiver qui débute à la fin du mois, ce n'est pas ma priorité. Logiquement, je devrais être apte à y participer, mais si la période de convalescence doit se prolonger, elle se prolongera. Je ne vais pas brûler les étapes. C'est trop important.

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