Débourrage "façon Blondeau" au Haras de Triaval
jeudi 08 mars 2018

Stage Blondeau Triaval 2018
Si le stage s'est déroulé en comité restreint, tous les participants sont repartis heureux de cette journée aux côtés de Nicolas Blondeau © Béatrice Fletcher

En ce mercredi 7 mars, le Haras de Triaval et l’Adecsif proposaient une formation au débourrage animée par Nicolas Blondeau. Outre Catherine Palmer, propriétaire des lieux, qui présentait deux de ses produits, plusieurs éleveurs, amateurs et professionnels avaient fait le déplacement.

Au cours des vingt dernières années, Nicolas Blondeau, qui a débourré et ré-éduqué lui-même un nombre impressionnant de chevaux de selle et de course, s’est également appliqué à former de nombreux professionnels. Il était aujourd’hui accompagné de l’un d’eux, Olivier Subileau, son assistant depuis maintenant depuis deux ans, qui officiait à ses côtés. Au menu, pour les tout jeunes chevaux présents à Triaval aujourd’hui, une séance rondement menée d’environ 45 minutes, ponctuée de différentes phases enchaînées de manière très précise. Suite à la découverte du mors et des guêtres, apprentissage de l’incurvation,  de la flexion des postérieurs, du principe de la « traction » qui introduit la notion de contact et de tension des rênes, puis initiation à l’usage de la baguette sur l’épaule, qui permet d’obtenir la mise en avant. Une fois ces quelques rudiments parfaitement acceptés, le cheval découvre l’embarquement et le débarquement du van en quelques minutes, toujours dans le calme et la décontraction. Puis retour. Le moment est venu de faire connaissance avec la selle … et le cavalier qui se met à cheval dans le box. Quelques minutes plus tard, le jeune cheval, à peine surpris de ce qui lui arrive, effectue sa première sortie avec un cavalier devant les écuries ! 

Olivier Subileau, 35 ans, a commencé à débourrer des chevaux à l’âge de 14 ans. Il ne compte plus le nombre de débourrages qu’il a à son actif (autour de 600 sans doute …) mais il l’affirme, il n’a pour l’instant jamais rencontré un cheval « méchant ». « Je les trouve très intelligents, ils font preuve d’un énorme altruisme, c’est ce qui me fait vibrer tous les jours. Contrairement à nous, ils comprennent les choses dès la première fois à condition de parler leur langage et de se comporter avec eux avec justesse et cohérence. Il faut être sincère et ne pas tricher car ils le perçoivent immédiatement. C’est encore plus flagrant avec les chevaux de course ou de sport que nous rééduquons. C’est plus compliqué parce qu’ils ont un passif, mais nous parvenons à leur redonner confiance en eux, et à les remettre au travail dans la sérénité. J’adore créer ce lien avec les poulains, je me considère comme un privilégié.»  

Frédéric, cavalier amateur, qui avait emmené Gad du Prieuré, se disait avant tout particulièrement ému de constater avec quelle aisance son poulain, dont il pensait qu’il serait « compliqué à mettre en route » s’était prêté à l’exercice. « Le voir avec un cavalier sur le dos au bout de trois quarts d’heure est une émotion très forte. » Par ailleurs,  l’éleveur - propriétaire confiait avoir découvert avec beaucoup d’intérêt cette technique parfaitement maîtrisée. « J’ai bien conscience que ce n’est que le début, mais nous sommes très heureux d’être là aujourd’hui. »

Fabienne Angot et Patrick Laperle, éleveurs amateurs et membres de l’ADECSIF,  assistaient aussi à cette journée. « C’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles techniques. Cela permet d’enrichir la relation que l’on a avec nos chevaux. C’est très impressionnant de voir qu’en une heure le cheval a une selle et un cavalier sur le dos. La démonstration m’a interpelée. C’est une occasion de réaliser qu’avec les chevaux il existe d’autres pistes que celles que nous mettons en pratique depuis des années, et qu’ils peuvent nous apporter encore davantage que ce que nous imaginons. » Angélique Prin, de l’élevage de Belebat, avait également fait le déplacement. « J’avais déjà assisté à des stages d’éthologie, mais je voulais découvrir cette méthode. Je vais essayer de la mettre en pratique avec mes propres chevaux et poneys. » 

Catherine Palmer se disait pour sa part enchantée d’avoir organisé personnellement cette journée initialement programmée par le Stud Book Selle Français. « Je suis récompensée de mes efforts car les personnes présentes m’ont dit avoir passé une journée magnifique.  Voir mon propre cheval Fellini de Triaval, qui fait 1m82 au garrot, sortir du box après moins d’une heure avec un cavalier sur le dos, a quelque chose de magique. L’année prochaine, nous nous arrangerons pour proposer cette journée au nom de l’ADECSIF. » Catherine Palmer se disait toutefois légèrement déçue du petit nombre d’éleveurs franciliens qui avaient fait le déplacement.