Retrouver le mythique Cuir de Russie : légende ou réalité ?


mercredi 13 décembre 2017

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Le savoir-faire légendaire d’Hermès, le souvenir des belles bottes de cosaques, un coup du hasard, des cuirs restés intacts après avoir passé deux siècles dans la mer, quelques secrets de fabrication, des savants en chimie des plantes, de talentueux tanneurs et la ténacité d’une restauratrice de cuirs et de métaux. Le tout fait un cuir d’exception, souple et imperméable, gage de raffinement pour les cavaliers et les amateurs de la belle matière et un beau livre : “Cuir de Russie, mémoire du tan », aux Editions Monelle Hayot.

Elise Blouet largeP

Elise Blouet coud

Le 10 novembre 1786, la Metta Catharina sombre avec sa cargaison de chanvre et de cuir russe au large de Plymouth ... 200 ans plus tard, des plongeurs remontent des rouleaux de cuir exhalant un mélange d’odeurs de thé, de cigare, de whisky tourbé, à nul autre pareille, signature du cuir de Russie. A partir de ces éléments, Elise Blouet, biologiste et restauratrice de cuirs et de métaux, part alors en campagne pour retrouver la recette du cuir de Russie original, que personne ne connaît... Sa production a disparu à la révolution de 1917 bien qu’il ait fait la gloire du pays pour sa souplesse, son imperméabilité, son grain inimitable et imputrescible et son odeur qui éloigne les insectes. Il semble qu’il soit d’origine tartare, qu’un cosaque ait imperméabilisé sa botte en la frottant contre une écorce de bouleau... Et puis ? On parle aussi d’huile de saule. Comment le travailler, l’assouplir, le graisser ? Mystères.

Il est à la mode dans les années vingt, quand Hermès met cette fragrance au gouvernement du jour et produit des sacs et pochettes en cuir végétal arborant le fameux losange très resserré. Pour les objets de salon, il est associé aux matières nobles comme l’argent et l’ivoire. Le mythe de la peau réservée aux sièges de carrosse et aux selles de princes se poursuit ; avec lui « le sellier garantit au cavalier souplesse, solidité et confort. »

L’enquête d’Elise sera longue, elle devra fédérer les experts d’Hermès avec des chercheurs en chimie et des historiens, des artisans pour mille et un essais délicats, incertains, jusqu’à l’alliance avec la tannerie Baker dans le Devon, en Angleterre : « cette matière ne souffre pas la mécanisation. » Une fois une peau d’exception sortie, elle sera confiée à Serge Amoruso, maroquinier ancien de chez Hermès qui appartient aux Grand ateliers de France... La luxueuse marque s'est d'ailleurs inspiré de cette aventure puisqu'Hermès utilise ce cuir tanné en Angleterre pour leur nouvelle gamme Cuir Volynka, disponible dès janvier

Une histoire contée par l’historienne d’art Sophie Mouquin, avec les experts des collections du conservatoire Hermès, à retrouver aux Editions Monelle Hayot. 

Elisabeth Gillion

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