Traversée de l’Australie avec des Brumbies Aliénor Le Gouvello, voyageuse et militante
lundi 22 février 2016

Alienor devant le parlement
Alienor devant le parlement

Aliénor Le Gouvello, cette jeune Française d’une trentaine d’années poursuit sa traversée de l’Australie à cheval sur la Bicentennial National Trail avec trois Brumbies. Mi-février, elle interrompait son aventure solitaire à travers l’Australie pour faire un passage à Canberra, la capitale et manifester devant le parlement contre le projet de massacre de 10 000 Brumbies dans le parc de Kosciusko.

« Des défenseurs de l’environnement veulent tuer 10 000 chevaux sauvages dans le parc de Kosciusko car ils considèrent qu’ils nuisent à l’écosystème, commente Aliénor Le Gouvello (jointe au téléphone). Il y a actuellement une grosse polémique à ce sujet en Australie. Je suis allée manifester contre ce projet devant le parlement australien. Au début les policiers nous ont chassé et puis le grand boss est arrivé et nous avons pu discuter et rester un peu. En fait, il était aussi cavalier et propriétaire d’un Brumby. »

Aliénor Le Gouvello a achevé sa troisième étape, soit 260 kilomètres (étape 11 du Bicentennial National trail qu’elle emprunte à l’envers). Puis elle a poursuivi par l’étape 10 (du topo guide). L’étape 11 était aussi une zone de montagnes avec le passage de la frontière entre High Victoria et New South Wales en passant la Murray River. « C’est beaucoup mieux que le début, lance Aliénor. Les chevaux ont commencé à comprendre. Ils sont plus rodés au voyage en montagne. Ils ont pris du muscle car j’ai pu aussi bénéficier d’apport de nourriture grâce à la solidarité de gens de la campagne. Les chevaux sont en super état. J’ai fait un check avec une vétérinaire dans la région de Canberra. J’ai eu des conseils pour les maintenir en bon état en leur faisant faire des étirements et un peu de shiatshu à la fin de la journée. Je marche pas mal aussi pour les préserver. Je suis passée vers le Mont Kosciusko et le parc du même nom. Le parc Kosciusko est le plus populaire d’Australie. Il est sublime avec des plaines, des montagnes. C’est là dans une rivière transparente que j’ai pu pêcher des truites avec une ligne posée de nuit. Mais j’ai eu un temps de fou avec des orages. Heureusement qu’il y a des cabanes où j’ai pu me mettre à l’abri. Elles datent de l’époque des pionniers du début du 20e siècle. »

Aliénor Le Gouvello a avalé ainsi un millier de kilomètres depuis son départ le 19 novembre dernier. Elle fait face aux aléas du voyage à cheval. Sa croupière a cassé. Elle a dû la réparer. Les trois chevaux avec lesquels elle voyage ne se font pas toujours de cadeau. Ainsi la jument a eu une blessure à l’épaule suite à un coup de pied d’un des deux jeunes. Elle l’a soigné avec des anti-inflammatoires. « Ils adorent être ensemble, mais parfois il y a de petites querelles, explique cette cavalière au long cours. Une jument avec deux mâles ce n’est pas toujours facile. » Aliénor a rencontré pas mal de chevaux sauvages dans le parc de Kusciusko. « Un jour un groupe a galopé vers mon campement. J’ai crié pour qu’ils s’écartent. C’était dans la Davis Plaine. » Actuellement en route, vers l’Ouest de Sydney, Aliénor Le Gouvello poursuit sa chevauchée en remontant le long de la Bicentennial National Trail avec encore environ 4000 kilomètres à parcourir.