Festival endurance Boudheib : l'endurance autrement
mercredi 20 février 2019

Siam du Barthas et Saif Ahmed Mohammed Ali AlMarzouei festival endurance A Boudheib 2019
Vainqueurs, Siam du Barthas et Saif Ahmed Mohammed Ali AlMarzouei ont couru à une vitesse moyenne de 18.861 km/h

Le 13ème Festival International d’Endurance H.H Sheikh Sultan Bin Zayed Al Nahyan a offert une belle endurance avec de beaux tracés -certains, techniques, demandant un bon dosage des efforts du cheval- des chevaux en bel état et bon nombre de cavaliers montant avec une bonne position.

Si nous sommes bien dans le Groupe VII, Boutheib tient une place à part dans l’endurance internationale. La mise en place de son protocole impose des règles spécifiques, notamment une vitesse limitée à 20km/h. Grâce au Sheikh Sultan Bin Zayed Al Nahyan qu’il convient de remercier, l'endurance retrouve ses lettres de noblesse. 

Pour le Prince, « gagner une course, c’est courir, avoir une bonne récupération, entretenir son cheval pour être en bonne condition pour repartir le 2ème jour, et idem pour le 3ème. »  L’épreuve phare de ce festival en est l’exemple, avec 240 km courus sur 3 jours, en 3 étapes de 80km. On revient ici à l’essence de l’endurance où avant d’être un sport, elle était un moyen de transport pour acheminer, d’un point à un autre, l’eau et autres denrées alimentaires.

Mais c’est bien de sport dont il s’agissait à Boudheib. Partant dès 6h15 du matin, chevaux, cavaliers et pistes se trouvaient vite sublimés par le soleil levant. Le couple vainqueur, le phénoménal Siam du Barthas et Saif Ahmed Mohammed Ali AlMarzouei, s’était fixé sur une stratégie de préservation de Siam : «nous sommes partis en queue de peloton, sans trop de vitesse, et nous avons attendus que les autres se fatiguent. La course était dure, mais mon cheval a une excellente récupération. Il est très bon pour les courses longues ». Siam du Barthas a couru à une vitesse moyenne de 18.861 km/h. Cardiaque et temps de récupération sur la 9ème et dernière boucle ont montré l’état de fraîcheur du cheval à l’arrivée : 49/48 et 00 :02 :29. 9ème sur la 1ère boucle, le couple a pris la tête à la 7ème boucle pour ne plus la lâcher. L’écurie dubaïote MRM Stables s’est une fois de plus illustrée. L’écurie d’Abu Dhabi, Al Reef complète ce podium avec Abdulla Mohd Hassan Al Hammadi / LCE Corleone, 2ème à 13’36mn et Mohamed Hamoud Humaid Al Ghailani/Manaleto, 3ème à 15’44mn*. 

S’il est un organisateur heureux, c’est bien Mustapha Mafoudi : « Ce festival est une belle réussite de par la diversité des gagnants. Il n’y a pas qu’une seule écurie qui a gagné*. Et encore une fois, aucun accident à déplorer». La mise en place du protocole est une vraie gageure pour Mustapha Mafoudi qui tient plus que tout au respect de l’animal : « le cheval, c’est un ami, un bijou, avant d’être un athlète. Il faut le respecter. »
Depuis la mise en place du protocle Boutheib il y a 4 ans, aucun cheval ne s’est fracturé en course. Le seul décès est dû à une crise cardiaque. La vitesse serait-elle mère de tous les maux en endurance... ? Lorsque l’on demande pourquoi 20km/h, la réponse de Mustapha est claire : « Une étude a été faite sur le pourcentage vitesse/accident. Si un cavalier veut une vitesse moyenne de 22km/h, il courra par moment à 25, alors que pour être à 20km/h, il ne courra qu’à 22. Voilà pourquoi le choix est de 20km/h maxi. »

A son origine, le protocole Boudheib avait une vision sur 4 ans. L’objectif était un changement de mentalité positive de 25% des cavaliers chaque année. Or dès la 1ère année, 90% des objectifs ont été atteints. Mais ce n’est pas suffisant pour Sheikh Sultan bin Zayed : « tous ces résultats représente seulement 25% de mes perspectives. Il reste 75% à faire pour le côté éducatif ». Mustapha Mafoudi conclura en disant que « on veut sauvegarder le cheval plus que faire plaisir aux propriétaires. On ne veut pas de « flat endurance ». Ici, nous avons des pistes naturelles ». Des chevaux qui ont d’ailleurs été mis à l’honneur en étant présents à chaque remise des prix : « nous sommes les seuls à le faire », précise Mustapha. Mais l’organisateur est conscient qu’il reste un énorme travail à réaliser …

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