Les plus beaux pur-sang arabes du monde à Paris
lundi 26 novembre 2018

Kahil Al Shaqab Platine
Kahil Al Shaqab Platine © Béatrice Fletcher

Les candidats au titre de champion du monde 2018 de la race du pur-sang arabe s’étaient donnés rendez-vous au Salon du Cheval de Paris pour la 38ème année consécutive.

Sans grande surprise, la majorité des titres de champions est enlevée par les Emirats Arabes Unis (Aj Samara, yearling femelle), HDM Maria Apal (junior femelle), Admiraal (yearling mâle), D Seraj (junior mâle) et l’Arabie Saoudite (Anood Al Nasser, sénior femelle). La surprise est sans doute venue du titre très convoité de champion sénior mâle, décroché par Israël grâce au splendide Equator, fils du célébrissime QR Marc, né au Haras polonais Sk Michalow Pologne, qui en est toujours propriétaire, mais loué par Alsheik Stud, et présenté par Raphaël Curti, ému au larmes lors de la remise des médailles.  L’édition 2018 était aussi l’occasion de décerner le Trophée de Platine à l’étalon Qatari Kahil Al Shaqab (Marwan Al Shaqab) et à Emandoria, la jument polonaise du Haras Sk Michalow.      

Christiane Chazel, qui mène ce championnat du monde de main de maitre depuis de longues années, le soulignait « en 2018 nous avons 20% de sponsors en plus, 15% de chevaux supplémentaires, et nous avons vendu 12% de tables VIP de plus qu’en 2017. Le succès de cet événement, contrairement à d’autres dans la même filière, ne se dément pas. Le plateau de chevaux était exceptionnel, certains sont même venus spécialement des Etats Unis. Pour les éleveurs de haut niveau, ce championnat reste incontournable ». 

Côté tricolores  

Parmi les six chevaux français engagés sur ce championnat du Monde, aucun n’aura malheureusement été retenu pour participer aux finales. Alain Chaton, président de la commission show depuis 2017, en convenait « le niveau de ce championnat est extrêmement élevé ». 

Cette édition 2018 était comme chaque année l’occasion pour l’ACA (Association du Cheval Arabe), présidée depuis trois ans par Sophie Tarquiny, de récompenser les lauréats de la Coupe de France. Pour Alain Chatton, « il s’agit de mettre à l’honneur les chevaux ayant participé à six des concours internationaux se déroulant en France. Sur chaque événement, selon le niveau du concours, un certain nombre de points leur est attribué. Les quatre meilleurs résultats sont comptabilisés. Les gagnants se voient remettre un chèque de 1500 euros, et un joli trophée. L’objectif de l’ACA est d’élever le niveau moyen du cheval arabe en France, d’aider nos éleveurs à retrouver les résultats que nous avions il y a 20 ou 30 ans. Cette année, au championnat de France, nous avons offert des saillies d’étalons de très haut niveau international aux éleveurs dont le cheval a été classé dans les trois premiers. Nous suivrons ensuite l’évolution de ces produits. La force du cheval arabe est d’être très complet et polyvalent par essence. Nous devons remettre en valeur la discipline du show, peut-être en étant plus présents sur le terrain, y compris dans les clubs ». Parmi les lauréats, Jahamal de Cartherey (1er) Styx Kalliste (2ème), Sania du Cayron (3ème), Bo As Prince Shakar (4ème), Benjhy (5ème). 

Coup de chapeau

Alors que ces cracks, venus de plus de 40 pays, étaient tous présentés par des « handlers » professionnels aguerris qui sillonnent la planète d’un concours à l’autre pour présenter des chevaux qui appartiennent à des écuries prestigieuses, la française Solène Cuvereaux était non seulement l’une des rares femmes, mais sans doute la seule à présenter son propre cheval, Benjhy, 5 ans, dans la catégorie sénior mâle. Basée en Corse, la jeune femme débutait dans cette filière du show au mois de mai. « J’ai mon permis handler, je peux présenter n’importe quel cheval arabe. Les handlers le disent, il est très difficile de présenter son propre cheval, car le lien est assez fort, alors que dans cette discipline il faut que le cheval soit un peu plus détaché de son présentateur. Je le reconnais, c’est beaucoup plus difficile, car il est très attaché à moi, d’autant qu’il est monté. Je le sors en CSO et en dressage, et il fait de l’extérieur. Il n’a pas peur de grand-chose, il a été éduqué pour. Je veux aussi montrer que le cheval arabe est polyvalent, je trouve terriblement dommage que certains ne fassent que du show ou de l’endurance. Mon objectif est de convaincre que l’on peut faire du très beau et très bon cheval arabe. Je me doutais que je ne serais pas qualifiée pour la finale, Benjhy a été noté à 88.67, soit environ 3 points de différence avec les meilleurs, mais pour moi, ce résultat est extraordinaire. Nous sommes partis de rien au mois d’avril, et nous avons réussi à nous qualifier pour le championnat du Monde la même année. Je trouve formidable de présenter un cheval qui travaille sous la selle à ce championnat, d’autant que c’était une première expérience pour nous deux. »