Tbourida à El Jadida !
lundi 26 octobre 2009

tbourida-maroc- tir en alignement
Tir de la troupe en alignement © Florence Chevallier

Plus qu’une tradition, la Tbourida à l’origine des fantasias plus connues en France, est en fait un art ancestral d’origine guerrière transmis de génération en génération depuis le 8ème siècle au Maroc et que le salon du cheval du Maroc d’El Jadida fait revivre avec faste

Autour d’El Jadida, ville connue pour son élevage de l’Anglo-Arabe, c’est toute la région d’Abda Doukhala que le Maroc souhaite dynamiser avec deux grands objectifs, l’ouverture du pays vers l’extérieur tout en pérennisant la culture traditionnelle du cheval. Et quelle plus belle vitrine pour le Maroc que les Tbourida dont le nom vient du mot baroud (jeu de la poudre). Les 15 régions du Maroc étaient présentes avec entre autres les cavaliers des régions de Chaouia-Ouardigha, d’Abda-Rabat Sale-Zemmour-Zair, Marrakech-Tersift-Al Haouz.

Les troupes d’en moyenne 15 cavaliers sont menées par le « Mkadam » (le chef ) en tenue traditionnelle -des créations originelles cousues à la main dont la selle représente 30 jours de travail- tenant en main un fusil en bois ciselé d’argent. Au milieu de la troupe, le guide donne, grâce à un micro, les indications pour le départ, l’accélération jusqu’au galop et le moment où les 15 cavaliers doivent tirer. La voix du Mkadam s’intensifie et s’amplifie au fur et à mesure du parcours et fait partie intégrante du show !

La danse des chevaux menés au pas des cavaliers de la région de Zjouat, cheikh de la ville de Khenifa dans l’Atlas, a obtenu un réel succès. Les tirs sont, selon les régions, effectués soit en direction du ciel ou vers le bas. Les cavaliers vêtus de djellabas bleues de la région de Guelmim- la porte du désert- ont pour coutume de tirer vers le bas. Une exception notable qui enthousiasme le public. Les cavaliers entrainent régulièrement leurs chevaux pour les Tbourida qui ont lieu en moyenne 10 fois par an. Les jeunes cavaliers sont mis en selle de génération en génération dès l’âge de 8 à 10 ans. Les qualités requises selon le Mkadam Kachan Abdelah de la région d’El Jadida pour faire partie de la troupe sont « l’amour du cheval et aimer le sport ».

Une passion jamais démentie et une coutume qui perdure depuis plusieurs siècles car explique son altesse le prince Moulay Abdellah Alaoui président de l’association du salon du cheval « le roi se rend à cheval à la prière à chaque cérémonie religieuse et à chaque fête du trône au cours desquelles chaque région vient prêter allégeance « Beia » et la fantasia escorte sa majesté ». Magnifique tradition qu’il faut absolument découvrir ou redécouvrir au salon du cheval du Maroc.