Grands jeux romains à Nemausus menés par Spartacus !
vendredi 04 mai 2018

Spectacle Spartacus Nimes 2018
Spartacus, l'esclave au destin célèbre qui est devenu chef des armées révoltés © Florence Chevallier

Un nom légendaire qui résonne dans l'imaginaire commun, Spartacus, a encore fait vibrer des arènes, celles de Nîmes, lors de la 9ème édition des Grands Jeux romains organisée par Culturespaces.

2000 ans plus tard avec une mise en scène des plus scéniques mais tout en respectant l'histoire grâce aux recherches historiques de Eric Teyssier, maître de conférence à l'université de Nîmes et biographe de Spartacus, et à Eric Dars professeur d'histoire. Le récit de Spartacus , le gladiateur esclave devenu chef des armées des parias révoltés dont le nom a encore récemment porté la révolte. Le célèbre Thrace, né libre, auxiliaire dans l'armée romaine a mené un combat qui a mis en échec pendant 2 ans Rome lors de la 3ème guerre servile entre 73 et 71 avant J-C. Et c'est cette reconstitution que plus de 500 acteurs amateurs et professionnels venus de plusieurs régions françaises et d'Europe ont fait revivre au public nîmois. Dans un amphithéâtre accueillant près de 10000 personnes par jour.

Le décorum des arènes avec l'arrivée de la pompa (la cour impériale) avec dans un magnifique char romain mené par l'aurige Ange Ruiz (Attelages du pays d'Arles), l'empereur Hadrianus, sa garde prétorienne et ses licteurs nous plonge aussitôt dans un des récits de l'histoire romaine antique. La force de ce spectacle, la plus grande reconstitution d'Europe ; ce sont les références et recherches historiques tant au niveau du récit que des costumes. Les acteurs de cette pièce historique fabriquent eux-mêmes leurs costumes avec des matériaux identiques à ceux utilisés dans l'antiquité. Ainsi, les troupes romaines, les troupes auxiliaires celtes en tenue de légionnaires romains combattant avec l'empereur, les gaulois et les mercenaires portent au détail près les tenues d'époque. Il en est de même pour les cavaliers qui ont concouru face à un public enthousiaste à la très populaire Equiria.

Les Equiria, anciennes courses de chevaux remontant à la période étrusque, étaient dédiées au dieu mars sous la protection du dieu Neptune. Ces courses spectaculaires et plutôt violentes où tous les coups étaient permis ; coups de cravache ou de nerfs de bœuf ; ceci n'a plus court aujourd'hui ! Elles restent très appréciées du public qui peut encourager son équipe en agitant la serviette ou plutôt la « mappa » en latin aux couleurs de son équipe. Le premier cheval avec ou sans cavalier... à franchir la ligne d'arrivée à gagner.

Cependant, comme le précise Aurélien de Bruyne, d'Equi Tempus, il a particulièrement choisi et formé ses chevaux pour leur mental, nécessaire afin de réaliser cette course en sécurité. « Il faut qu'ils soient en capacité de supporter les cris du public, le contact d'autres chevaux et de les percuter ». D'où l'importance d'avoir des chevaux équilibrés et sûrs car « nous ne devons nous occuper lors de l'Equiria que de nos figures de cascades en selle et à pied ». Par contre pour des raisons de sécurité, les cascades sont effectuées sur des selles de voltige. Et les chevaux reçoivent un entraînement spécifique avec beaucoup de cardio, d'endurance et de renforcement musculaire. Ce qui permet d'assister à une course effrénée, réalisée avec de multiples cascades plutôt spectaculaires et de juste apprécier un grand moment de spectacle d'un des tableaux des grands jeux romains...