Les « Elancées » du cirque Pagnozoo !
samedi 16 février 2019

Spectacle équieste compagnie Pagnozoo
Les tableaux se succèdent, laissant place sur la piste à toutes les générations d'artistes © Florence Chevallier

3e édition de la biennale du plus grand festival du crique du monde. Pas moins de 65 compagnies se produisent dans la grande région marseillaise et dans la 21ème édition des « Elancées » que la très poétique Compagnie Pagnozoo a présenté avec une de ses dernières créations « J'accrocherai sur mon front un as de coeur ». Une performance qui s'inscrit dans la continuité de leur univers onirique mais avec une présentation plus théâtrale.

La compagnie Pagnozoo (dont le nom a été inspiré par le film la Strada avec le grand Zampono ou encore une consonance à la Zingaro) avait installé à Fos/Mer (13) son chapiteau circassien. Ce qui avait déjà contribué au plaisir des spectateurs venus très nombreux, un franc succès. Comme il se doit dans l'art du cirque équestre, le chapiteau est un rappel et une continuité de l'univers circassien originel itinérant... La tradition est totalement inscrite dans les numéros proposés par la compagnie, tout en ne négligeant pas une esthétique imaginative actuelle toujours en lien avec le cheval.

Elle puise sa poésie gestuelle aux sources de l'art équestre. Un lien charnel et intime (que l'on découvre au fil des tableaux) l'unit aux chevaux et nourrit leur désir de les intégrer aux différents numéros qui s'enchaînent en piste avec de la voltige. Alternant entre de la voltige jockey en solo ou en duo voire en groupe avec une voltige plus aérienne ou carrément acrobatique et parfois cosaque, les tableaux proposés sont toujours très esthétiques. Parfois même très touchants avec la participation très active aux côtés de leurs aînés et parents, Nolwen Gehlker, Calou Pagnot, Alice Pagnot, Johan Pagnot; de Soan et Lilia, les petits enfants de Jacques Pagnot.

Pour cette création, la compagnie a collaboré avec la metteuse en scène de théâtre Anne Laure Liégeois. « Nous avons travaillé avec la même technique équestre et on a créé avec elle le spectacle » raconte Jacques Pagnot directeur patriarche de cette belle compagnie.

L'écriture choisie pour conter ce spectacle n'est pas linéaire. « Ce sont vraiment des tableaux, des univers qui se côtoient » souligne celui-ci. « On a donné les rênes du bateau pour cette nouvelle création tout en ayant certains doutes car on est déjà une équipe forte ». Pourtant même s'il y a eu certaines réticences, sur les costumes notamment, « le style reste un bel hommage au cirque Chaplin » relève l'artiste.

Le spectacle accompagné de musiciens en live n'a pas dérogé à la tradition de la compagnie. Cependant, cette fois-ci, c'est l'équipe de musiciens de Bernard Cavana (spécialisé en tango argentin) du conservatoire de d'Aubergenville (il collabore avec Anne Laure Liégeois) qui a rythmé les multiples tableaux de ce spectacle au pas ou au galop de Victor, Viking, Timothée (le comtois customisé), Mitico le PRE et Oman le crusado portugais de chez Luis Valencia.