Donatien Schauly : « Je me prépare un nouvel avenir »
mercredi 15 mai 2019

Cyrius de Carneville et l'Adjudant Donatien Schauly lors de la finale des cycles classiques des jeunes chevaux de 5 ans à Pompadour en 2017. © SHF/www.shf.eu
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Vainqueur du CCI 3* de Jardy, avec le jeune Selle français de sept ans, Cyrius de Carneville, Donatien Schauly présente ses dernières montures et sa manière d'aborder cette saison synonyme de renouveau depuis la retraite de sa bonne Pivoine des Touches. Cette dernière, se consacrera désormais à la reproduction.

L'ÉPERON : Début mai, vous avez pris part au CCI 3*S de Jardy avec les jeunes Selle français, Colantha d’Huiriat et Cyrius de Carneville, avec qui vous avez finalement remporté le concours. Comment se sont déroulés ces trois jours de compétition ? 

Donatien Schauly : Jardy était une épreuve importante pour moi parce qu’elle m’a servie à mettre en route deux de mes chevaux de sept ans que je destine à prendre la relève de Pivoine sur les épreuves de haut niveau. Je connais davantage Cyrius car je le monte depuis les jeunes chevaux, mais nous n’avons pour autant pas pris part à beaucoup d’épreuves. Il n’a que cinq ou six parcours de cross à son actif, donc Jardy était l’occasion pour moi de lui faire prendre de l’expérience et de commencer à envisager les qualifications en vue du Mondial du Lion d’Angers. C’est aussi le cas pour Colantha. Il s’avère que Sirius a plutôt bien couru. Il s’est bien comporté dans les trois tests. Sur le dressage il est encore un petit peu tendre et commet parfois quelques petites fautes, mais cela n’a pas été le cas à Jardy. Nous avons vraiment déroulé une bonne reprise ce qui nous a permis d’obtenir une bonne note. Ensuite, nous sommes sortis sans faute des épreuves de saut et de cross, et c'est un point intéressant compte tenu de son âge et du peu d’expérience qu’il possède. Attaquer un  cross de ce niveau était un peu rapide pour lui, j’ai presque eu des doutes face à certains profils d’obstacles durant l'épreuve. On ne sait jamais trop comment ces jeunes chevaux vont se comporter sur les directionnels ou les sauts avec un peu de dénivelé, mais lui s’est bien pris au jeu. Je présentais également mon autre cheval Colantha. Si Cyrius est un cheval de l’École militaire d’équitation, Colantha, en revanche, nous appartient avec ma femme, Anne-Sophie Guillet Schauly, et un ami, Enguerrand Lecocq. Il a fait une super entame de dressage mais malheureusement nous sommes passés au moment où l’orage a éclaté. La grêle et le vent ont fait bouger les banderoles et cela l’a un peu perturbé. Il repart quand même avec l'une des qualifications pour le Lion d’Angers et en ayant acquis de l’expérience pour cette échéance de fin de saison, donc je suis satisfait.

Quelles sont les forces et faiblesses de Cyrius de Carneville ? 

C’est un cheval qui a une grosse locomotion, qui trotte et galope très bien. De manière générale il a un très bon équilibre, mais de temps en temps il peut aussi se laisser complètement aller. Cette particularité lui est vraiment propre et peut d’ailleurs rapidement nous amener à faire fausse route dans le travail. Ensuite c’est un cheval qui a une très bonne tête ; malgré son jeune âge il est très appliqué et il veut bien faire tout ce qu’on lui présente. Au départ à Jardy, j’avais prévu de pas trop le pousser et de ne pas chercher à jouer le chronomètre sur le cross, pour qu’il puisse le découvrir sans pression, mais suite à sa bonne reprise de dressage je l’ai finalement laissé galoper et je me suis aperçu que naturellement en extérieur il a une foulée avec beaucoup amplitude. C’est un gros avantage pour une monture de cross. Maintenant, il faut que je lui apprenne à réduire sa foulée et à se remettre en équilibre lorsque cela est nécessaire. Nous allons travailler pour les prochaines échéances. 

Que recherchez-vous cette saison ? 

En ce moment, je teste pas mal mes jeunes chevaux et j’espère bien qu’ils formeront la relève. Il est vrai que cette année je me retrouve un peu dans une phase de transition suite à l’arrêt de Pivoine (L’adjudant a offert une retraite bien méritée à sa complice Pivoine des touches à l’automne 2018, ndlr). J’essaye donc de me préparer un nouvel avenir. J’ai trois ou quatre jeunes chevaux entre six et sept ans dans lesquels je m’investis beaucoup et j’espère qu’ils seront de très bons chevaux pour l’avenir. Mon objectif cette année est principalement de prendre part à des épreuves réservées aux sept ans avec eux. J’aimerais les amener au plus niveau dès lors qu’ils seront dans la pleine fleur de l’âge, soit vers huit-neuf ans, et en les connaissant chacun parfaitement bien. Je ne suis pas à une année près, mais aujourd’hui c’est comme ça que je vois le futur. À terme, j'espère que je serais fin prêt pour les Jeux Olympiques de 2024.

Que devient Pivoine des Touches depuis sa mise à la retraite ?

J’ai longtemps hésité quant à l’avenir de Pivoine. À un moment, je pensais la confier à ma femme, mais finalement nous avons pris la décision de lui faire faire un poulain. Elle sera inséminée avec des paillettes de Trésor Mail. Elle est en pleine forme moralement et physiquement et on espère qu’elle fera une bonne maman.