Les journées du complet : rétrospectives et innovations 
lundi 12 novembre 2018

Maxime Livio Journée du complet 2018
Maxime Livio a été équipé avant le cross indoor d’une caméra frontale et de capteurs : son fonctionnement durant le arcours a ensuite été analysé en conférence © Christine Marquenet

La 10e édition des journées du complet organisée à l’école nationale d’équitation samedi 10 et dimanche 11 novembre a été émaillée de très nombreuses conférences, tables rondes et démonstrations. Samedi soir, les obstacles du cross indoor (remporté par Sébastien Cavaillon), ont été franchis par neuf cavaliers mais aussi par les « Horsemen ».

Si lors de sa création en 2000, l’association France Complet comptait 150 adhérents, elle en totalise cette année près de 1200. Les actions pour promouvoir la discipline du concours complet sont nombreuses mais des interrogations subsistent pour savoir comment médiatiser la discipline, développer le partenariat entre les éleveurs et les cavaliers et aider les professionnels à « mieux vivre » et valoriser leur travail.

La sécurité : L’importance de la formation

Michel Asseray, directeur technique national chargé du concours complet a donné quelques chiffres. L’an dernier,  61 000 couples ont participé à des concours complet et on a dénombré 1,86% de chutes. Seize chutes ont conduit le cavalier vers l’hôpital, et statistiquement un cheval chute tous les 8 500 sauts… Au-delà de ces chiffres Didier Dhennin et Laurent Bousquet ont largement développé l’importance de la formation physique et technique des cavaliers et des chevaux et le respect des normes techniques. Choisir de rétrograder un couple dans une épreuve de niveau inférieur ne doit pas être une punition mais un choix de bon sens… Tout comme pour le jury, supprimer un obstacle de cross si son abord a été trop dégradé par des intempéries… A la reconnaissance du parcours de cross, l’entraîneur et le cavalier doivent envisager un plan B et le cavalier doit être en permanence à l’écoute de son cheval…Enfin, les systèmes de sécurité sur les obstacles ne doivent pas être installés pour faire sauter un obstacle de plus grande difficulté. Didier Dhennin précise : « Lorsque je vais installer un obstacle de cross, j’imagine la trajectoire du cheval qui saute  en prenant en compte le contexte de son positionnement et, je joue avec son  "habillage" »

Des jeunes professionnels s’installent…

Une table ronde a réuni Marie-Charlotte Fuss, double championne d’Europe jeunes cavaliers, Alexis Goury et Maxime Pons. Tous trois ont évoqué leur orientation « professionnelle ». Marie Charlotte continue ses études en management du sport tout en s’installant au haras du Lion d’Angers avec une dizaine de chevaux. Alexis Goury bénéficie à l’Ecole nationale d’équitation de la création de la pépinière d’entreprise où il loue des boxes en fonction du nombre de chevaux qui lui sont confiés. Maxime Pons loue des boxes chez Eric Vigeanel, près des Sables d’Olonne. Etablir un partenariat avec des éleveurs, préparer des jeunes chevaux, en commercialiser et avoir un piquet pour le haut niveau sont leurs objectifs.

La technologie au service de l’enseignement…

Isabelle Méranger a présenté avec Jean Luc Force et la complicité de Gwendolen Fer, le système Equivisio qui permet d’enseigner ou d’assurer le suivi d’un cavalier à distance. La caméra installée sur la carrière de Gwendolen Fer était orientée à partir de l’ordinateur présent dans l’amphithéâtre de l’ENE. Les participants ont pu assister « en live » à la séance de travail de Gwendolen sur une jument de six ans qui s’initiait aux obstacles directionnels. Gwendolen munie d’un micro et d’oreillettes a pu échanger avec son coach pendant toute la séance de travail. 25 structures équestres, équipées de cette caméra, ont accès à la plateforme internet, et, des rendez-vous peuvent être organisés entre les cavaliers et leurs entraîneurs… (Voir le site equivisio.fr). Par ailleurs, Philippe Mull et Sophie Biau, responsable de la recherche à l’école nationale d’équitation ont présenté leurs recherches destinées à améliorer la qualité de l’enseignement. Maxime Livio a d’ailleurs été équipé avant le cross indoor, d’une caméra frontale et de capteurs au niveau de son buste, des rênes, des étriers. Le lendemain les participants ont pu assister à l’analyse technique du fonctionnement de Maxime Livio sur le parcours…

Du nouveau côté ferrure 

Le maréchal ferrant pourrait à l’avenir se passer de travailler les fers au marteau et à l’enclume. Des fers sont déjà conçus avec de nouveaux matériaux qui s’adaptent aux contraintes de la discipline pratiquée par le cheval, aux sols sur lesquels il travaille, voir au climat… Quatre orientations sont prises : des fers plus performants pour le « sprint » (chevaux de course), d’autres très résistants à l’usure (chevaux d’endurance), des fers « confort » (chevaux  présentant des problèmes orthopédiques), des fers de grande précision (pour les chevaux de sport)

Physiothérapie, cryothérapie, rhino pneumonie…

Par ailleurs, plusieurs intervenants ont présenté des recherches ou analyses  concernant les soins aux chevaux, le bien-être animal, la maladie de Lyme ou la rhino pneumonie qui a perturbé le début de saison de compétition.