Anne Sophie Serre "L’embarras du choix parmi les chevaux”
mardi 20 novembre 2018

Anne-Sophie Serre et Vistoso de Massa
Anne-Sophie et Vistoso*de Massa ont remporté le GP CDI 3* de Crozet, la Coupe des Nations d'Hicktead et se sont classé 2e du GPS de Compiègne, une belle saison pour un cheval de neuf ans ! © E. Ecary

Anne Sophie Serre parle aujourd'hui de ses plans pour les semaines à venir, de ses jeunes et prometteuses recrues fournies par l'élevage Massa et du travail incessant qu'elle fournit pour porter à nouveau les couleurs de l'équipe de France au plus haut niveau.

Comment allez-vous après cette saison 2018 chargée ? 

Nous entamons la période hivernale, c’est tout de suite plus cool ! Nous sommes allées à Lyon où la SHF proposait un programme intéressant sur lequel nous allons nous pencher un peu plus en 2019. Nous avons pu participer à cette présentation avec Isabell Werth, ce n’est pas quelque chose de donné à tout le monde ! C’était éducatif par rapport au travail de base du jeune cheval. Elle va au fond des choses, elle est très axée sur l’incurvation du cheval et la flexion, elle ne nous lâche pas avec ça ! C’est intéressant d’avoir un autre point de vue et de pouvoir découvrir cela avec une championne de son envergure. C’est une méthode très classique axée sur le travail de fond et le bon fonctionnement du corps du cheval, la qualité de la locomotion, la décontraction, la longueur d’encolure, la qualité du contact. Tout ça ce sont des notions qui nous ont familières mais abordées d’une manière différente. Ce serait bien de recommencer, cette fois-ci avec des chevaux de Grand Prix (rires). On se demandait comment les chevaux allaient réagir dans cet environnement, un salon c’est bruyant et cela peut être stressant. Pour des chevaux de quatre ans, nous nous sommes dit que nous partions peut-être à la guerre mais il se sont très bien comportés. Nous avons des chevaux de mieux en mieux en terme de qualité d’allures mais aussi dans leurs mentalités. C’est quand même super important pour la suite ! 

Après le coup de théâtre de Tryon, comment avez-vous organisé la suite de votre saison sur le plan sportif ? 

Depuis nous n’avons pas fait grand chose si ce n’est le concours organisé à l’élevage dans le Var. Arnaud avait emmené le cheval de Francoise Nicklaus qui se nomme Alquazar de Massa et qui n’appartient plus à son naisseur. Il a été vice-champion des 5 ans, il en a aujourd’hui huit et se prépare pour le Grand Prix. Arnaud l’a sorti sur le médium tour. Moi j’ai débuté Addict de Massa sur le Grand Prix, il sera l’un de mes chevaux de relève pour Vistoso*de Massa. Enfin Vistoso n’a qu’un an de plus, il n’est pas bien plus vieux (rires). Nous envisageons une saison tranquille l’année prochaine. Nous avons beaucoup donné cette année pour nous retrouver là. Nous aurons des chevaux de neuf ans l’année prochaine. Nous voulons nous axer sur leur formation afin d’avoir des chevaux compétitifs -on l’espère- pour Tokyo ! 

Tokyo reste donc toujours en ligne de mire ?

C’est en tout cas comme ça qu’il faut le voir sinon il faut laisser tomber tout de suite. Nous avons un éleveur qui nous soutient, il est normal de lui rendre la pareille. Bien sûr nous allons continuer de dresser des chevaux, certains dans un objectif commercial, d’autres dans le but de faire du sport. Il faut garder des objectifs tels que les Jeux Olympiques parce que c’est avant tout un rêve pour le compétiteur mais aussi pour le propriétaire. Je pense qu’on met trop les propriétaires de côté et qu’on ne les implique pas assez dans le haut niveau. Les aspirations des cavaliers sont souvent celles des propriétaires. Tokyo reste donc un objectif pour Arnaud et moi mais aussi pour Sylvain et Anne Sophie Massa, donc nous allons faire de notre mieux pour que ce soit réalisable. Il faut travailler pour cela ! 

En parlant de championnats, comment va Vistoso de Massa, votre cheval de tête ? 

Il va très bien. Son trot allongé s’améliore vraiment. Il faut que j’arrive à l’avoir un peu plus relâché encore lorsqu’il est hors de chez lui afin d’améliorer son pas et de gagner un ou deux points. C’est un travail qui est davantage lié à la maturité du cheval qu’au travail de fond. Ceci-dit, il a commencé les Grands Prix très jeune, cela va s'améliorer au fil des saisons. Ces derniers temps, il a gagné en force donc de ce point de vue là, je suis très contente.

Je travaille aussi sur le tracé d’une Libre, jusqu’à présent nous nous sommes concentrés sur les Grands Prix et GPS. Nous aimerions pouvoir nous lancer sur des RLM l’an prochain puisque j’espère avoir Actuelle et Addict pour courir les Grands Prix.  

Avec lui vous recommencerez donc sur le circuit extérieur ?    

Je pense que nous allons recommencer la saison à Nice, comme nous le faisons régulièrement. C’est un international qui n’est pas loin de chez nous, il faut en profiter, il n’y en a pas si souvent. Ensuite nous allons aviser, notre objectif cette année c’est aussi le circuit jeunes chevaux avec Ermelo en ligne de mire. Les chevaux de GP vont venir se greffer sur les jeunes chevaux. Nous allons faire des concours qui mêlent les deux et nous allons aussi suivre le circuit des jeunes parce que notre fille Mathilde souhaite aller aux championnats d’Europe en Junior tout comme notre élève Arthur Barthel. Pour une fois les chevaux de Grand Prix vont passer après les autres (rires). 

En parlant de jeunes, quelques uns des chevaux Massa se sont distingués lors de la Grande Semaine de Saumur et des championnats du monde d'Ermelo. La relève est prometteuse ? 

Oui tout à fait. Nous avons des chevaux de plus en plus complets, aussi bien dans leurs allures que dans leur look. Ils sont un peu moins typés Lusitanien et ils se rapprochent vraiment du cheval de sport. Maintenant nous pouvons nous mélanger aux autres et gagner des points tout en gardant la bonne dressabilité du Lusitanien, c’est quand même très intéressant. Les générations se succèdent et les chevaux sont de mieux en mieux, nous commençons à avoir l’embarras du choix ! Cela permet d’avoir de bons chevaux pour Arnaud et moi mais aussi pour les cavaliers qui travaillent à l’élevage et d'en proposer des très bons à la vente. C’est important que nous ne montions pas seuls les bons chevaux, nous devons aussi arriver à en vendre pour que d’autres professionnels les valorisent.