Anne-Sophie Serre : "Pas de pression pour 2019"
jeudi 28 février 2019

Anne Sophie Serre et Vistos de Massa CDI 3* Nice 2019
Anne-Sophie Serre et Vistos de Massa © Abracadabrastudio

Troisièmes du Grand Prix et du Grand Prix Spécial du CDI 3* de Nice le week-end dernier, Anne-Sophie Serre et Vistoso de Massa ont repris la compétition sur les chapeaux de roue ! Après six mois sans concourir, le Lusitanien était loin d'avoir perdu ses marques. Une satisfaction pour sa cavalière, qui ne vise cependant pas d'échéances particulières cette année. Pour les Serre, en 2019, l'objectif est avant tout de se faire plaisir !

La dernière sortie d'Anne-Sophie Serre et Vistoso de Massa en compétition remontait à août 2018, où le couple s'imposait notamment dans le Grand Prix 3* à Crozet. Un peu plus de six mois après, Vistoso a renoué avec la compétition avec brio, s'emparant des 3e places du GP ( 72,022%) et du GPS ( 72,064 %) du CDI 3* de Nice (23 au 25 février). Un retour efficace qu'Anne-Sophie Serre avait patiemment préparé tout l'hiver. "Ces derniers mois, le travail était axé sur le fond pour que Vistoso prenne de la force et de la maturité dans les exercices. Je voulais que le cheval soit bien dans son corps et qu'il se serve au mieux de son physique. Quand le corps est apte à four nier les efforts, que les enchaînements ne leur coutent pas, les chevaux font volontiers les choses !". Ce n'est finalement que quinze jours en amont du concours que le couple a recommencé à dérouler le Grand Prix à la maison, principalement pour se reprendre ses marques et "se remettre dans les repères" avec pour objectif de dérouler à Nice un Grand Prix fluide. "Pour un concours de rentrée, nous voulions présenter un GP propre et sans faute. On y est à peu près arrivé avec un cheval relâché et qui donnait une impression de facilité, de fluidité. C'est très important, parce qu'aujourd'hui avant de noter l'expression, les juges veulent voir des reprises qui paraissent faciles et se déroulent dans la décontraction. C'était notre objectif et je pense qu'il est atteint !", se réjouit la cavalière.

Et si la pause a été bénéfique pur le cheval, la cavalière reconnait en avoir aussi profité ! "La coupure a en effet été assez longue, mais je pense que ça nous a fait du bien. Certains chevaux ont besoin de sortir de manière régulière pour pouvoir rester performants, mais en ce qui concerne les nôtres, et je pense que c'est en partie dû à l'apport du sang lusitanien, on a quand même des chevaux qui aiment travailler et qui sont généralement enclins à donner à leurs cavaliers. On n'a pas la nécessité de sortir tous les quinze jours ou tous les mois en concours et on mise du coup plutôt sur leur moral. Et pour nous aussi au final ce break a été bénéfique. Nous avons fait autre chose, nous avons abordé le travail dans un esprit autre que celui de la compétition, d'avantage axé sur la construction, tant pour les chevaux déjà au niveau Grand Prix que pour les plus jeunes. C'est notre état d'esprit de toute manière : former au mieux les chevaux et essayer ensuite d'en tirer le meilleur parti en compétition, sans trop de pression."

Et se faire plaisir cette saison, c'est bien l'ambition d'Anne-Sophie, d'Arnaud et du reste de l'équipe. "A la fin de la saison dernière, nous avions décidé que 2019 serait axé sur les championnats d'Europe des enfants, notre fille Mathilde et notre élève Arthur Barthel. On va s'investir de ce côté là et nos chevaux de Grand Prix avec Arnaud feront les concours que l'on peut coupler avec les épreuves des enfants. Vistoso et Ultrablue sont encore jeunes, nous ne nous mettons pas de pression et on attend de voir aussi comment se passe le début de saison pour les reste des cavaliers français. Les championnats d'Europe, si l'occasion de présente, nous irons bien sûr, mais ce ne sera pas un objectif prioritaire. On a envie de préserver la fraîcheur de nos chevaux. On a envie d'accompagner l'enthousiasme de nos enfants qui ont envie de faire du haut-niveau et que nous pouvons aider dans ce sens. On a envie de se faire plaisir, que nos propriétaires se fassent plaisir. On a besoin d'un bol d'oxygène et de retrouver du plaisir à faire du concours !". 

Quelque soit le déroulement de la saison, grâce aux scores obtenus le week-end dernier, Anne-Sophie et Vistoso intègrent le Groupe 2 de dressage. Une nouvelle organisation fédérale qui a pour la cavalière "le mérite d'apporter de la clarté quant au niveau de chacun et des exigences attendues par le staff fédéral" mais qui n'est pas forcément en adéquation avec le niveau actuel des cavaliers. "C'est un système qui est pratiqué à l'étranger mais dans certains pays, le vivier de couples est plus conséquent qu'en France. Les quotas pour intégrer le Groupe 2 sont bien pensés, en revanche pour le Groupe 1, les scores attendus sont peut-être, à mon sens, un peu élevés pour le moment. Actuellement, c'est peut-être mettre la barre un peu haut pour qu'on puisse avoir quatre cavaliers en équipe. J'espère me tromper, vraiment. J'espère que tous les Tricolores vont faire 71% et qu'on aura l'embarras du choix. Mais ce score, c'est tout de même une grosse marche à franchir...", analyse la cavalière.