CDI de Compiègne, un dimanche difficile

dimanche 22 mai 2016

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Comme l’annonçait notre précédente information, le CDI de Compiègne a vu sa dernière journée considérablement écourtée : suppression du GPS et trois partants seulement dans le GP Freestyle 5*. Seuls les jeunes ont finir leur concours.

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Christophe Bricot

Kasey Perry Glass

« Un sentiment d’inachevé », constatait Stéphanie Brieussel qui a vécu l’annulation du GPS5* en direct puisque la décision d’arrêter la compétition après seulement un passage et un abandon a été prise alors qu’elle venait d’entrer sur le terrain. Comme elle, Pierre Volla, qui devait aussi courir ce GPS, était déçu de ne pas pouvoir revenir en piste pour montrer que sa jument vaut mieux que la reprise montrée hier. Leurs deux reprises ainsi que la meilleure de la Freestyle, dans laquelle étaient engagés Ludovic Henry et Karen Tebar, devaient compter pour le classement des équipes.

Coupe des Nations, la France 3e

Finalement, seul celui du Grand Prix est retenu et les Français, 3e hier, le sont restés aujourd’hui. Donc le mal n’est pas trop grand pour les Bleus, même si le faible écart avec la Suède laissait entrevoir la possibilité d’une 2e place. Pour cela, il fallait un vrai redressement des scores en GPS d’Amorak et Badinda, mais on peut imaginer la chose, car les deux cavaliers étaient motivés et avaient tiré la leçon des erreurs d’hier. En ce qui concerne Stéphanie Brieussel, elle avait comme prévu géré sa détente sur une autre piste et Amorak semblait si bien disposé qu’il ne s’est même pas inquiété de voir des parapluies en mouvement sur la piste lorsqu’il y est entré !

Une catastrophe pour les organisateurs

En revanche, le mal était bien plus grand pour les organisateurs. Mme Marini, qui a consacré un budget conséquent (450 000 euros) à ce magnifique CDIO, loué par tout le monde, dont une bonne partie pour offrir aux cavaliers des pistes fibrées comme ils le lui avaient suggéré ces dernières années, était d’autant plus déçue que mes « principaux et plus importants sponsors étaient prévus pour aujourd’hui » et spécialement pour cet après-midi, avec la Libre GP 5* à l’affiche.

Malheureusement, vu les circonstances, la décision de supprimer le Grand Prix Spécial entraînait ipso facto de renoncer aussi à la Libre puisque l’organisation avait ici choisi cette répartition, alors qu’à Rotterdam par exemple, « ce sont les cinq meilleures équipes qui repartent après le Grand Prix », faisait remarquer Sophie Dubourg, directrice technique nationale. Toutefois, il était convenu qu’elle se coure finalement sur une piste de saut d’obstacles, généralement consacrée lors du CDI aux jeunes générations et sur laquelle les U25 couraient hier leur Grand Prix. Malheureusement encore et, selon plusieurs membres de l’équipe organisatrice, sans que les chefs d’équipe ne se soient donné la peine d’aller vérifier la qualité du terrain, seuls trois cavaliers – et pas un Français, ce qui en France a peut-être encore plus déçu ceux qui se sont donnés tant de mal pour assurer de bonnes conditions de compétition à tous - en ont pris le départ. Ils ont eu raison, car les dotations étaient maintenues et substantielles. Ainsi, selon l’avant-programme, comme la dotation globale initialement prévue était maintenue, si un quatrième était entré en piste, il aurait gagné 5250 euros et « seulement » 4900 si un cinquième avait suivi son exemple. Le 5e classé aurait alors gagné 3500 euros. « Les dresseurs, qui se plaignent toujours de la faible dotation des concours, n’ont finalement pas tellement besoin de sous ! »  faisait remarquer un officiel qui souhaite rester anonyme.

Un concours bien doté

Bien sûr, pour les meilleurs, le seul Grand Prix devenait plus « juteux » qu’attendu puisqu’une partie de la dotation du GPS s’est ajoutée à celle prévue pour les équipes, et l’autre partie à celle prévue pour les individuels. Cela a peut-être suffi à satisfaire les concurrents. Et puis, on peut penser aussi qu’une annulation est un fait rare et qu’elle a démobilisé les sportifs qui ne couraient peut-être cette reprise que pour la beauté du geste, à savoir le meilleur classement possible de leur équipe respective.

A ce propos, Emmanuelle Schramm, DTN adjointe chargée du dressage, faisait remarquer qu’ «  aucune des huit équipes n’était là pour laisser sa place, d’où la satisfaction pour le staff de voir la nôtre terminer 3e, tout près de la Suède ». Sophie Dubourg, qui était restée pour cette seconde journée de Coupe des Nations, partageait bien sûr cet avis et précisait l’objectif pour les JO de Rio : « Aujourd’hui, ’objectif réaliste, à ce jour, compte tenu de la progression régulière des couples, est la 6e place, même si les Américains ont montré leur force et seront probablement devant nous. Malgré leurs problèmes d’hier, les deux chevaux concernés ont montré des améliorations et la progression devrait continuer. Et puis nous sommes des sportifs et donc ambitieux. On a besoin de croire à ça ».

Staff fédéral confiant

Jan Bemelmans, entraîneur national, renchérissait : « En 2015, nous sommes allés aux championnats d’Europe sans trop croire à la 6e place qualificative pour les JO, fixée comme objectif. Maintenant, nous savons que nous pouvons le faire, que nous avons la qualité pour le haut niveau. Tous les juges ici (dont quatre seront aux JO, ndla) ont pu voir que nous avons des possibilités et c’est important ».

Toujours selon l’entraîneur, l’équipe qui ira disputer le CDIO de Rotterdam du 18 au 22 juin , sera la même que celle de Compiègne, car « cela permet aux cavaliers concernés de rester calmes ». Tous vont continuer donc à travailler comme ils l’ont fait jusqu’à présent, sauf Pierre Volla qui renonce momentanément à l’aide de Ralf Rash au bénéfice d’un suivi direct par Jan Bemelmans. Ce dernier supervisait d’ailleurs la détente du couple rhônalpin hier et reconnaît « avoir peut-être fait une erreur en voulant à tout prix corriger le problème apparu dans les appuyers à droite. Entre une détente trop longue et une trop courte comme à Hagen, il faut trouver le bon équilibre. Nous voulons établir un système qui nous rassure pour aller en piste ». Un ou deux autres cavaliers feront le 3* parallèle à la Coupe des Nations.

Les jeunes n’ont pas faibli

Heureusement pour les quelques spectateurs qui avaient bravé le mauvais temps, la Danoise Rikke Svane, l’Espagnol Juan Matute et l’Estonienne Grethe Puvi ont déroulé leur Freestyle et ont fini dans cet ordre après s’être présentés en piste pendant une accalmie bienvenue. Il y avait aussi des Libres du côté des Juniors et Jeunes Cavaliers, tous bien courageux de courir depuis ce matin sous une pluie parfois battante.

Dans la première catégorie, remportée l’Helvète Naomi Winnewisser, pas moins de quatre Français étaient qualifiés et ont fini 7e (Lana Portejoie), 14e (Philippine Leclercq), 17e (Paul Lautier (Rossini) et 18e (Pauline Roth). Plutôt inventifs, mais pas toujours assez techniques dans leur tracé (par exemple faire un pas allongé sur le doubler dans la longueur face au jury avec un cheval qui marche bien), ils doivent pour la plupart travailler un peu plus leur musique, mais ont montré des reprises tout à fait agréables à suivre. En poney, remporté une fois de plus par la Néerlandaise Daphne van Peperstraten, six petits Bleus sont arrivés dans cette dernière reprise de la compétition, et c’est Aurore Thévenot qui fait la meilleure perf avec Osbourne, 9e. En Jeunes cav., Justine Ludot termine, seule Tricolore à avoir passé la barre des qualifications (avec Carole Dufil, mais cette dernière a déclaré forfait), termine 13e, la victoire allant aux Pays-Bas grâce à Jasmien de Koeyer. Murielle Léonardi, en charge de ces classes d’âge, avait tout lieu d’être satisfaite de ce concours. Elle estime toutefois qu’ils ne tirent pas assez parti du niveau technique de leurs chevaux pour ces reprises où il faut essentiellement mettre en valeur ce qu’ils savent le mieux faire.

Monica Theodorescu (Allemagne), Robert Dover (USA) ont promis de revenir l’année prochaine. Et tous ceux qui étaient satisfaits aussi peut-être. On ne peut que l’espérer, et espérer aussi que les organisateurs ne se découragent pas. Sur un concours de cette importance, (cinq CDIO 5* dans le monde seulement cette année), il serait peut-être utile qu’un conseiller technique FEI intervienne en amont, comme cela se fait pour les grands championnats, pour établir autant que faire se peut la bonne solution pour les pistes. A Compiègne, ce serait peut-être le sol sur lequel a été posée la piste fibrée qui aurait empêché une bonne évacuation de l’eau. Si le fait est rare, car il y a assez souvent un manège où se rabattre, il n’est pas exceptionnel, mais ne concerne pas toujours des concours aussi en vue qu’un 5*. Peut-être faut-il penser à bâcher les terrains comme au tennis lorsque le temps devient par trop menaçant. A Compiègne, une autre solution serait peut-être envisageable et efficace : monter cette piste, artificielle de toutes façons, sur la magnifique surface en herbe contigüe, bordée de tribunes couvertes.

Marie-Hélène Merlin

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