CDI3*: Deauville dans la course

samedi 26 juillet 2014 - Deauville (14)

  • imprimer

25 juillet, 25 août. Deauville s’inscrit dans la dernière ligne droite de la course vers les Jeux mondiaux et reçoit pour la première fois dix-huit nations. Son Grand Prix a enregistré ce vendredi le chiffre record de 38 partants qu’a dominés l’Australienne Lindal Oatley avec son ulltra dynamique Sandro Boy. Pour les Français, c’était la dernière revue d’effectifs avant la préparation finale qui en mènera quatre à Caen. Riwera de Hus, Robinson de Lafont Massa et Noble Dream se suivent de la 3e à la 5e place. Mais la Marseillaise a résonné au PIC, grâce à la victoire de Julia Chevanne avec Swing de Hus en Saint-Georges malgré une importante délégation néerlandaise.

Deauville 14- Swing de Hus et Julia Chevanne largeL

Eric Fournier

Swing de Hus et Julia Chevanne

Grosse participation donc au Pôle international du cheval que dirige Antoine Sinniger, plutôt ravi même s’il a eu à déplorer « quinze forfaits de dernière heure sur les cinquante engagés au départ » et s’il n’a pas eu l’aval de la FEI pour organiser un GP de consolation pour les huit couples qui ne pourront repartir ni dans la Libre samedi, ni dans le Grand Prix Spécial dimanche. Outre l’équipe australienne, avec les Oatley, l’une Lindal sous l’œil de son mari le Suédois Patrik Kittel et l’autre Kristy (avec son magnifique géant Ronan qui couvre la diagonale au galop allongé en douze foulées !) sous celui du Néerlandais Sjeff Janssen (bien accompagnées par Mary Hanna toujours en compagnie de son élégant Sancette qui termine 2e), celle du Brésil menée par la juge internationale et ancienne présidente de la commission de la FEI, Mariette Whitages (« Ils sont très impressionnés ici et ont perdu un peu leurs moyens car ils n’ont pas l’habitude d’un Grand Prix à quarante partants ! Chez eux, ils sont le plus souvent une demi-douzaine »), il y a aussi celle, plus proche de nous, du Portugal au sein de laquelle Carlos Pinto, 6e avec Soberano malgré un gros ulcère il y a deux mois cause d’un amaigrissement visible chez ce généreux Lusitanien. Et quelques autres vedettes aussi, telles que l’Espagnole Beatriz Ferrer Salat avec un 9 ans qui faisait ici son quatrième Grand Prix, Sir Radjah, ou, côté chevaux, Woodstock, l’ancien cheval de Vincent Guilloteau, sous la selle de sa propriétaire depuis début 2013, l’Américaine Arlène Page. 

Revue d’effectifs en présence de Sophie Dubourg

Mais bien sûr, tout l’intérêt de ce CDI normand résidait dans la concentration des huit couples de la longue liste appelés par le staff fédéral à venir se mesurer tous ensemble dans des conditions identiques pour tout le monde. Contrairement aux espoirs de voir la short liste sortir quelques jours après cet ultime rendez-vous pour les huit retenus depuis le 10 juillet, il se pourrait bien qu’il faille attendre jusqu’au 14 août, soit la dead line pour la déclaration des équipes. « Rien ne presse, déclarait en effet d’emblée Sophie Dubourg présente à Deauville. L’objectif a toujours été les Jeux olympiques et nous ne pouvons pas espérer un podium à Caen (synonyme de qualification pour les JO, ndla) Donc, c’est aux championnats d’Europe 2015 que nous jouerons notre qualification et qu’il faudra être le plus performant possible. Caen n’est qu’une étape intermédiaire ». Autant dire que la Directrice technique nationale, qui ajoute que « les décisionnaires étudieront l’ensemble de la saison, et pas seulement les résultats de Deauville, en fonction des critères précisés en début de saison et pas tous atteints » (équipe à 70% par exemple ndla). Prudente et davantage préoccupée par une vision à moyen ou même long terme, Sophie Dubourg ne semble pas céder à la tentation de la meilleure moyenne d’équipe possible, au risque de griller peut-être de bonnes cartouches encore perfectibles. Son avis pèsera vraisemblablement en ce sens lorsque Emmanuelle Shramm, Jan Bemelmans et Alain Francqueville devront faire « le choix définitif que je soumettrai alors au président Serge Lecomte qui le validera », conclut S. Dubourg. 

A défaut de déterminer la short liste pour les Jeux, Deauville a éclairci un peu les choses sans marquer réellement de vraies différences. Toutefois, le couple qu’Alizée Froment forme avec Ehrendorf depuis début juin seulement semble pouvoir être écarté. Un mal pour la cavalière qui n’a cessé de progresser depuis deux saisons avec Mistral du Coussoul (mais il n’a pas été retenu dans les huit), mais un bien pour l’esprit d’équipe tant vanté et tant recherché par le staff fédéral depuis le début de la préparation mondiale. Comment faire avaler en effet aux cavaliers – et plus encore peut-être aux propriétaires – la sélection d’un couple de formation aussi récente et qui n’aura eu à satisfaire à aucune des obligations auxquelles les autres se sont bon en mal an plus ou moins pliés (plus pour certains et moins pour d’autres, ce qui déjà mitait un peu la belle union des forces). Un seul exemple, Bertrand Liégard qui est venu à Saumur parce qu’il « fallait » faire Saumur, qui y a blessé Star Wars, et n’a pu raccrocher les wagons de la sélection depuis. 

Les possibles 4e

Pour Ludovic Henry, 15e-68,06 avec After You, et Anne-Sophie Serre, 14e-68,10 avec Rossini, Deauville confirme un potentiel qui devrait se développer encore un peu compte tenu de l’expérience – voire de l’âge – encore jeune des montures. 

Karamel de Lauture, 10e- 68,40, « a fait un peu moins bien qu’à Vierzon, car la grosse chaleur des derniers jours l’a fatigué », constate Claire Gosselin. Son étalon confirme cependant sa régularité et la belle amélioration de son passage, alors que le piaffer a été plus timide qu’à Vierzon. Nous l’avons déjà dit, sa fiabilité et la longue expérience des rendez-vous difficiles de sa cavalière pourraient jouer légèrement en faveur de ce couple pour une quatrième place.

Toutefois, au vu des résultats d’Alexandre Ayache dans ce Grand Prix sous haute pression (7e-69,74),  le Provençal aurait toutes les raisons d’espérer aller à Caen, « d’autant que nous avons ce résultat malgré la pression, mais c’est là où ça va le mieux ! » et que les moyennes du couple sont en progression constante. Mais est-il prudent d’exposer cet excellent cheval aux exigences et à l’environnement concurrentiel d’un échéance mondiale alors que son potentiel est un des meilleurs français et que tout porte à croire qu’il peut largement améliorer ses scores avec une année supplémentaire d’expérience ? C’est très certainement une question qui doit trotter dans la tête des sélectionneurs.

Et les sûrement incontournables

Quant aux trois meilleurs couples actuels, ils ont eu aussi confirmé leur statut. Jessica Michel, 3e- 70,74, était pourtant déçue tant Riwera était bien à la détente au moins dans sa première partie : « Elle était partie pour faire 72% et Patrik Kittel n’arrêtait pas de la regarder ». Mais voilà, la jument a commencé à tousser si bien que sa cavalière fut tentée de déclarer forfait. Et la toux a continué pendant la reprise si bien que « pour qu’elle puisse respirer un peu, dans les coins j’avançais mes mains pour libérer la trachée. Elle est admirable, elle donne toujours plus. C’est vraiment une guerrière. » Finalement il semblerait que Riwera de Hus ait été victime d’une allergie. Moins de deux heures après cet éprouvant Grand Prix, pour elle, la cavalière et même les spectateurs, mise sous perfusion, elle allait mieux. 

Juste derrière, 4e-70,48, Arnaud Serre confirme en progressant concours après concours que son Lusi de neuf ans a sa place dans l’équipe. Il a gagné 2% en un an puisqu’il était 2e ici même en 2013 avec 68% : « Les fautes dans les temps sont peut-être à mettre à mon compte parce que je suis entré un peu grand. Il en fait une première et après il se dérègle. Je voulais prendre un peu de risques, car à Caen, il faudra en prendre ». Mais les points forts de Robinson de Massa, passages, piaffers et pirouettes reviennent au mieux. 

Enfin, 5e avec 70,26, Noble Dream « me donne une bonne impression, déclare Marc Boblet, plus serein. Elle est plus calme et elle a envie de faire. Les changements aux temps restent un peu difficiles et le premier piaffer aussi, mais je suis content ». 

Un beau vendredi sportif donc, dans lequel on notera quand même des écarts de jugements curieux compte tenu de la qualité du jury (trois futurs juges des Mondiaux et un juge olympique), « dans un concours qui a beaucoup d’atmosphère et dans une ville très classy, avec une très belle plage ! », dixit Sjeff Janssen, l’entraîneur de Bonfire, Krack, Salinero et tant d’autres et désormais très en vue avec l’Allemand Matthias-Alexander Rath et le célébrissime Totilas, qui enchaîne à nouveau les victoires,dont celle très convoitée d’Aix la Chapelle. Le Néerlandais n’était bien sûr pas accompagné de ce couple vedette, mais présent pour différentes cavalières. 

Retrouvez tous les résultats en cliquant ici!

MHM

  • imprimer


On passe à table

Marine Haÿ vous emmène déjeuner chez un professionnel du monde équestre.
Dans l’intimité de sa cuisine, il se livre avec authenticité.

La semaine dernière
On Passe A Table N43 Stéphanie Brieussel

HS elevage

Guide de l'élevage

Recherchez un étalon parmi les 700 étalons du Hors-Série et obtenez des informations sur : la génétique, le prix de saillie, le type de monte, le propriétaire…

annuaire cheval

Annuaire du cheval

Recherchez une personne ou une société



ÉQUItagada
Equitagada 21 master la jambe fixe

Le Widget des actualités Leperon.fr

Les actus de Leperon.fr sur votre site

L’information de Leperon.fr, écrite par la rédaction des équipes de L’Eperon, mise à jour en temps réel, consultable gratuitement sur votre site internet.
>> Installer le widget Leperon.fr