CDI4* Hagen : Les victoires de Patrik et Kristina

dimanche 24 avril 2016

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Ce samedi se courait deux grosses épreuves. D’abord le Grand Prix qualificatif pour la Libre que remporte Patrik Kittel et où Pierre Volla est 8e. Ensuite le Spécial, remporté par Kristina Sprehe, Karen Tebar terminant 6e. A ce niveau de concurrence, c’est une performance.

Patrik Kittelet Deja Karl-Heinz Frieler largeL

Karl-Heinz Frieler

Stéphanie Brieussel et Amorak largeL

Annabelle ORSZAG

Patrik Kittel et Deja

Stéphanie Brieussel et Amorak

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Certes, il n’y a ni les Anglais, ni les Néerlandais, du moins pas les meilleurs, car les concours en Allemagne sont toujours « difficiles » et ils préfèrent les éviter, tout comme les Allemands ne vont pas aux Pays-Bas. Mais il est très clair que les Allemands se tirent la bourre entre eux : si la long list est déjà définie  - mais chacun peut imaginer qu’elle pourrait varier ou s’étendre à la faveur d’une belle performance – les places définitives pour Rio ne le seront qu’après le championnat d’Allemagne et le CDIO d’Aix la Chapelle. D’ici là, « au niveau individuel, les cavaliers font les concours de leur choix ». Mais ici, à Hagen, ils étaient tous là, sauf Isabell Werth. Kristina Broring-Sprehe a encore dominé son sujet avec Desperados et 81,74%, mais l’excellent début de reprise de son dauphin a montré qu’elle pouvait avoir de la concurrence au sein même de son équipe.

Un Spécial de haute volée

Le jeune Sönke Rothenberger et son non moins jeune Cosmo, neuf ans, qui tournait son premier Spécial, lui ont tenu la dragée haute jusqu’au premier piaffer grâce à de superbes allongements au trot, d’aussi superbes passages, les transitions des uns aux autres frisant la perfection, et même un très bon allongement du pas. Unee BB et Jessica von Bredow  ne peuvent prétendre à faire jeu égal avec Desperados, même si l’étalon semblait plus disponible aujourd’hui qu’hier. Hubertus Schmidt et Imperio, non plus, même si c’est ce couple qui a notamment réalisé une performance, rarissime même à ce niveau, à laquelle était attachée Patrick Le Rolland, entrer dans un appuyer au trot dans l’exacte cadence du trot qui le précédait. Alors, comme hier (7e avec 74,7 derrière Dablino, 74,6) terminer 6e avec 75,15, tout près du leader danois Donnperignon/Anna Kasprzak, 76%, et loin devant une autre Danoise dont le Cassidy de ses jeunes années pas si lointaines est un concurrent très sérieux à ce niveau, est en effet une performance, d’autant qu’il y a eu une grosse faute, même si elle est « bête », 13 temps au lieu des 15 requis : « C’est de ma faute bien sûr. Et il faudra améliorer le piaffer qui avançait un peu trop. Mais avec les dix minutes de retard pris sur le programme, nous avons dépassé le temps de détente. Pour le deuxième jour, elle n’a pas besoin d’être trop longue, car Don Luis est tout de suite présent. Et comme il était un peu fatigué, je n’ai pas voulu lui en demander trop », expliquait Karen à la sortie du terrain. 

Le Grand Prix pour Kittel

Le Grand Prix du matin, qualificatif pour la Libre dominicale, ne s’était clairement pas couru au même niveau que celui de la veille qualifiant au Spécial. Patrik Kittel et Deja, Deja (vainqueurs ici même en 2015) le gagnent à 77,46 et Pierre Volla est 8e à 70,34 avec Badinda Altena. La qualité des couples en lice est probablement un peu moindre, mais la variabilité des jurys est certainement pour beaucoup dans cet écart. Celui de ce matin n’était pas très généreux. Des cavaliers en ont pâti plus que d’autres, dont l’autre couple tricolore, Stéphanie Brieussel et Amorak, 22e. Cette place, assortie d’un 67,32, n’est pas représentative de la reprise effectuée. Sans faute majeure, dans une attitude bien meilleure que souvent, dans une bonne activité, et avec de belles réalisations : piaffers, passages, pirouettes, belle dernière ligne. Le tout rarement payé plus de 7, jamais 8. Même la position de la cavalière plafonne à 7. L’écart entre la moyenne la plus faible (64,80 ! avec M. Romanov) et la plus élevée (69 avec M. Lehrmann) est un des écarts les plus grands de l’épreuve, avec celui dont a été victime l’Espagnol Jurado Lopez avec le bon Lorenzo qui passe de 71,80 avec H.-Ch. Matthiesen à 65,80 avec H. Lerhmann. Le cavalier finit tout de même à 70,28. Comme il est 11e du Spécial avec son second cheval (Daijoubo), remarquons au passage que l’Espagne qui dispose déjà de deux couples bien au-dessus des 70%, B. Ferrer-Salat et de Morgan Barbançon-Mestre, semble plutôt bien équipée pour les Jeux. Mais pour en revenir aux écarts, Jan Bemelmans ne s’attardait pas à ces considérations, car elles ne font pas avancer les choses, et se réjouissait surtout qu’Amorak ait fait une reprise régulière, sans frayeur ni énervement.

Stéphanie Brieussel, plutôt heureuse tout de même

Mais on notera tout de même que la dernière cavalière à passer, donc forcément beaucoup mieux cotée que la Française, Dorothée Schneider (présélectionnée olympique dans l’équipe allemande avec son autre cheval, Showtime), termine à 68,78 avec notamment des fautes aux changements de pied aux 2 temps et aux temps, et deux pirouettes qui se terminent au pas ! Et, comme visiblement ce n’était pas un bon jour pour ce couple, aujourd’hui, le reste n’était pas renversant ! La cote des couples joue dans les jugements, c’est un reproche récurrent que les juges doivent affronter, souvent à juste titre mais pas toujours et pas pour tous. Ce matin, c’était le cas, plusieurs couples, les bons, en ont bénéficié, d’autres, les moins repérés, en ont souffert. Et puis, il y a les fautes qui passent inaperçues, ou du moins que les notes, figure par figure, ne transcrivent pas, ne serait-ce que des entrées-arrêts campés, notés 6 pour les uns, 8 pour les autres.
Stéphanie Brieussel n’est donc pas qualifiée pour la Libre, mais elle repart de Hagen plutôt heureuse tout de même : « Amorak s’est bien comporté. Jusqu’à hier il était très énervé, inquiet, mais ce matin quand je l’ai monté la première fois, il état très calme. Puis pendant la détente aussi et en reprise où il a été très agréable à monter. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir. Si nous faisons encore deux ou trois reprises comme celle-ci, je pourrai avoir plus d’expression, car il suffit que je ferme un peu mes jambes pour qu’il y aille. Mais il faut d’abord la confiance et la régularité ».

Pierre Volla et Badinda qualifiés pour la Kür

Du côté de Pierre Volla, qui pourra donc dérouler sa Libre demain dimanche, la satisfaction est là : « Le travail de cet hiver avec Ralf Rash (qui a pris le relais de Dominique Brieussel, ndla) qui  vient trois jours une à deux fois par mois et complété Jan Bemelmans a amené plus de sérénité. Badinda est plus déliée, moins électrique ». Mais le cavalier précise aussi : « Pour sortir de la zone des 70/71, il y a des choses à améliorer, comme le piaffer à faire un eu plus sur place ou encore le zigzag ». Le couple a fait quelques fautes qui peuvent avoir fait baisser la moyenne même si les juges ne les ont pas tous sanctionnées.
Quant à Patrick Kittel, vainqueur avec Déjà, cette belle et bonne jument qui avait brillamment débuté à Vidauban il y a deux ans, il était visiblement spécialement content : « Elle a un mental fantastique. Quand on la monte, il faut faire attention car elle est très chaude, tout en restant très fiable. Elle veut toujours y aller, montrer ce qu’elle sait. Si j’ouvre un peu les doigts, elle part ! Mais quand c’est fini, elle est très calme et de toutes façons elle n’est pas regardante ». Et elle venait d’apporter la preuve de cette sérénité en sortant du rectangle, tranquillement au pas rênes longues au milieu des piétons (car il y a beaucoup de monde partout à Hagen), comme un « tonton » ! « Si tout va bien, c’est elle que je choisirai pour Rio ». Le couple a déroulé une reprise fluide, facile et gagne ce GP de très loin devant Jessica von Bredow et sa seconde jument de GP, Zaire, qui ne donne pas la même impression de souplesse: 77,46 contre 75,12.

D’ailleurs, quand Monica Theodorescu parle de Jessica von Bredow, elle n’évoque que « son étalon Unee BB avec lequel elle a amélioré le contact ».  L’entraîneur national des Allemands est visiblement heureuse après tous ces bons résultats du week-end. Mis à part Isabell Werth absente, toute sa longue liste était là, et son problème, ce sera plutôt d’avoir à choisir. Par exemple entre le senior et le junior de l’équipe, entre Hubertus Schmidt « dont le cheval a pris de la force  et qui est beaucoup mieux dans le rassembler et dans le travail au galop », et Sönke Rothenberger « dont le cheval, qui est encore jeune, a énormément de potentiel ». Il n’est toutefois pas à l’abri de quelques réticences comme, dans le Spécial, son sévère refus sur le dernier piaffer après des petits avertissements sur les deux précédents. Et, derrière ces présélectionnés pour Rio, il y a de quoi assurer si cela était nécessaire. Bienheureuse Monica !

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Marie-Hélène Merlin, sur place

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