Dressage : 71% sinon rien ! (1/4)
mercredi 27 mars 2019

Ambiance podium dressage JO
En 2012 l’équipe britannique de dressage réussissait un beau holdup sur les podiums olympiques des J.O de Londres. Est-il possible d’avoir le même rêve pour Paris 2024 côté dressage français ? © Sccopdyga

En 2012 l’équipe britannique de dressage réussissait un beau holdup sur les podiums olympiques des J.O de Londres. Est-il possible d’avoir le même rêve pour Paris 2024 côté dressage français ? Au-delà des polémiques du faux départ des JEM 2018, nous nous sommes attachés, avec la contribution d’acteurs majeurs de la discipline et une vision internationale, à répondre à cette question dans une série en quatre volets. Un peu d'histoire et de chiffres pour commencer...

Force est de constater que le dressage français n’est pas un habitué du podium olympique. Après de nombreuses médailles lorsque la discipline était réservée aux officiers, jusqu’aux J.O de 1952, depuis seule Margit Otto Crepin, germanique de naissance mais courant sous la nationalité française a gravi ce podium en 1988 à Séoul avec Corlandus. Elle est aussi la seule à avoir fait retentir la Marseillaise lors d’un championnat d’Europe en 1987. Aux JO d’Atlanta l’équipe de France est à la porte du podium avec Margit Otto Crepin, Dominique d’Esmé, Marie-Hélène Syre et Dominique Brieussel. Quatre ans plus tard les Français ne sont pas en lice aux J.O de Sydney. Le meilleur résultat ensuite est la 16e place en individuel de Julia Chevanne à Athènes en 2004 qui participait aussi quatre ans plus tard avec Hubert Perring et Marc Boblet à la 6e place par équipes aux J.O de Pekin.

Du côté des nations fortes

Depuis les années 60, l’Allemagne n’a jamais été absente d’un podium olympique par équipes (sauf J.O de Moscou boycottés par la plupart des nations occidentales en 1980), le plus souvent sur la plus haute marche et sa présence est récurrente en individuel : au total 36 médailles dont 16 en or depuis les J.O de 1964. A contrario, jusqu’aux JO de Londres, le palmarès britannique sur l’échéance olympique était totalement vierge, mais la victoire aux Europe 2011 avait donné le ton ! Les instances britanniques avaient tout mis en œuvre pour soutenir les sportifs de haut niveau, alors on peut toujours rêver à la renaissance du dressage dans le Paris olympique 2024 ! Cinq ans, c’est peu, et bien assez si on se réfère à l’histoire de Charlotte Dujardin, totalement inconnue avant ses premier succès en mars 2011 avec Valegro alors âgé de 9 ans. Moins de six mois plus tard le couple était dans l’équipe britannique championne d’Europe et l’année suivante double champion olympique ! 

Une discipline peu soutenue dans l'Hexagone

Un tel succes story est-il possible en France ? Au 6 mars, 135 cavaliers entraient dans le classement permanent FFE Pro, 102 couples dans le classement Pro Elite/Pro1. Le circuit fédéral Grand National a permis de booster le haut niveau, au moins en effectif. Côté niveau technique les écarts restent grands et il faut prendre garde à l’effet "miroir aux alouettes’’ car si les reprises des Pro Elite sont identique à celles à dérouler lors des échéances mondiales, le niveau d’attente des juges ne peut être le même ! Côté réservoir, les 25 ans et moins ne comptent que 26 cavaliers, et l’effectif tombe à 14 pour les 21 ans et moins. Si le Grand National donne de la lisibilité à la discipline au sein des vecteurs de communication de la FFE, les retombées médiatiques ne vont pas plus loin. Pendant les finales Coupe du Monde de Paris, un séminaire entre les acteurs du dressage avait permis d’échanger autour des besoins pour soutenir la discipline. Depuis, rien de neuf ! Pas facile de trouver des partenaires pour des sportifs dont la pratique reste inconnue du grand public ! Et il ne faut pas compter sur les gains en compétition. Même avec un début de saison exclu des enregistrements FFEcompet tant que Morgane Barbancon Mestre courait sous couleurs espagnoles, Sir Donnerhall II est le cheval le plus "dans l’argent’’ avec 13 785 € pour 24 engagements, suivi par Quartz of Jazz 8 964€ pour 19 engagements. Dans sa carrière depuis 2013 Quartz of Jazz a gagné 42 375€, soit  bien moins que la dotation pour le vainqueur d’un CSI 5* ! A titre de comparaison, Hermès Ryan, en 2018, a gagné 268 646€ ! Même les complétistes sont mieux lotis que les dresseurs avec  pour Siniani de Lathus 52 014€ dont plus de 30 000 pour sa victoire à Pau ! Comment s’étonner que le commerce devienne une priorité pour les dresseurs qui ont fait leur notoriété ! Mais est-ce bien l’argent qui manque le plus à la réussite du dressage français ?

Deuxième volet de cette série demain sur leperon.fr