Jacques Henry Ménard nous a quittés
jeudi 05 janvier 2017

Jacques Henry Ménard
Jacques Henry Ménard © DR/Archives

La nouvelle est tombée ce matin, Jacques Henry Ménard, cavalier, juge international de dressage 4* et formateur de nombreux cavaliers, a succombé à 73 ans des suites d'un cancer.

Jacques Henry Ménard était installé aux Cèdres, à Courteilles, près de Verneuil sur Avre, depuis 1983. Sa fille Constance le précise, "Il a fait du concours complet à haut niveau jusqu'en 1975, ainsi que du CSO, puisqu'il avait gagné le grand prix de Lille. Ensuite il a rencontré son cheval anglo arabe Ali A qui l'a poussé à faire du dressage à haut niveau. Il a participé à de très nombreux concours internationaux, et au championnat d'Europe en équipe de France en 1987 avec Epsom. Il a été plusieurs fois sélectionné pour les Jeux Olympiques. Il a surtout été l'entraîneur de très nombreux cavaliers qui montent aujourd'hui au niveau grand prix, comme Ludovic Henry, qui  passé vingt ans chez lui, Jean Philippe Siat, Caroline Brun, Barbara Clément Klinger, Sébastien Duperdu, Philippe Maynier, ou Thierry Marais. Sa dernière apparition a eu lieu fin octobre, aux Cèdres, pour célébrer la participation de Ludovic aux Jeux Olympiques."    

Pour Jean Philippe Siat, qui a travaillé avec Jacques Henry Ménard de 1997 à 2008, dont quatre ans à temps plein, le choc est brutal. "Il a été un véritable mentor pour moi. Il m'a presque tout appris, et m'a forgé un esprit d'écoute, de compréhension du cheval, et de travail. C'était un artiste talentueux mais qui travaillait et n'hésitait pas à se remettre en question. Il m'avait fait acheter Greystoke, et m'a porté du niveau D au grand Prix. Il m'a toujours encouragé à me former chez d'autres entraîneurs. Malgré son expérience et son vécu, il n'était jamais convaincu qu'il détenait la vérité sur tous les sujets, et cherchait en permanence à améliorer ses connaissances. Sous des dehors parfois un peu truculent, fantasque et mondain, il avait beaucoup d'humilité par rapport à sa propre pratique. La seule chose qui l'intéressait était la performance. Il avait placé un panneau à l'entrée des Cèdres avec les noms des cavaliers formés chez qui avaient signé de belles performances. J'avais été très fier d'y figurer. Nous avions une relation humaine très riche, il était un peu un deuxième père pour moi. Il a occupé vingt ans de ma vie. Je lui dois la carrière que j'ai aujourd'hui car il m'a toujours encouragé à progresser. Je le lui avais dit, j'ai eu de nombreux entraîneurs, mais un seul maître."

Alain Franqueville s'en souvient, Jacques Henry Ménard avait beaucoup d'esprit et d'humour. "Il avait des compétences équestres très étendues, et a été très présent dans le paysage équestre de la discipline. Il était très cultivé et maîtrisait parfaitement la langue française."

Ludovic Henry est arrivé chez Jacques Henry Ménard en 1986. Même s'il avait cessé de s'entraîner avec lui depuis quelques années, il le souligne, "c'est grâce à lui que j'ai découvert le dressage. C'est un grand bonhomme qui s'éteint, pas seulement en raison de ses compétences équestres, mais aussi de sa personnalité, de son ouverture d'esprit, de son style de vie, c'était une personne très complète. Il avait une véritable capacité humaine à comprendre les gens et à les accompagner dans leurs objectifs. Il créait toujours une excellente ambiance autour de lui. Je veux garder cette image de lui lors de la soirée qu'il avait organisée en mon honneur fin octobre. Il était rayonnant de bonheur. Dans son discours, il a mentionné que pour lui, ma participation aux Jeux Olympiques était le couronnement de sa carrière. C'était très émouvant. Il fait partie des grands personnages qui ont construit le dressage en France, qui ont commencé à aller à l'étranger. Je retrouve encore aujourd'hui chez les grands entraîneurs allemands des principes qu'il m'inculquait déjà à l'époque. Il m'a aussi appris à naviguer dans le milieu du dressage. Il gardera toujours une place très importante dans mon cœur."La cérémonie d'adieu à Jacques Henry Ménard aura lieu à l'église de la Madeleine de Verneuil sur Avre (27130) le mardi 10 janvier à 15 heures.  

L'Eperon présente ses plus sincères condoléances à la famille de Jacques Henry Ménard, à ses proches et à ses nombreux élèves.

Commentaires


FRANCIS M | 06/01/2017 13:14
Pour ma part ,j'ai eu La chance de travaille 3ans pleins avec Jacques Henry Ménard et c'est grâce à lui que j'ai compris ce qu'était un cheval juste et en équilibre .Une équitation sans "force"...il était un personnage de théâtre de talent dans notre petit monde de L'équitation . Francis Mas