Julie Ulrich, "Do you speak Normandy?"
jeudi 23 mars 2017

Julie Ulrich
Julie Ulrich © Eric Fournier

Figure bien connue en Europe elle parle américain plus que français et tout le monde tend l'oreille à son accent. Ses contacts sont à l'échelle du monde, Beezie Madden, Mc Lain Ward, autrefois Jack Le Goff. Le coaching des chevaux et des hommes est son moteur. Julie travaille avec Kevin Staut et visiblement "ca matche parfaitement" selon elle "autant avec le formidable compétiteur qu'est Kévin qu'avec Réveur de Hurtebise que j'adore".

Originaire de Boston, Julie (75 ans) a vendu son installation forte de cent quinze chevaux au travail répartis sur sept hectares il y a longtemps et file depuis le parfait amour avec la France et surtout la Normandie "où les conditions de vie sont idéales pour les chevaux. Ici c'est le rêve!" dit-elle "C'est pourquoi je me suis fixée près de Deauville où j'enseigne dés que possible. Ce qui m'intéresse c'est transmettre à mes élèves (Patrick Martin autrefois avec Quina des Bruyères, Chrstian Thomazzo, Olivier Bossard - EquiServices - Guillaume Blin Le Breton et aujourd'hui Kévin Staut depuis un an) et échanger sur l'éducation d'un cheval. Je veux comprendre pourquoi il peut y avoir des blocages? Quelles sont les solutions? Le dressage c'est l'unique chemin pour parvenir au zénith!". Elle a l'expérience et a monté avec le Dr Reiner Klimke, très grand champion allemand de dressage qui lui avait dit "Si tu veux améliorer tes chevaux il faut sauter. Ca purifie le galop". Alors elle a monté en G.P nationaux de dressage et de CSO aux USA s'illustrant dans les deux disciplines avec Barnabus, Travel Along, Paddy Be Good. "Je voulais tout voir, tout découvrir, tout apprendre, percer la bio mécanique du cheval, la décomposition des mouvements et la psychologie d'un cheval de sport au point de rentrer dans son cerveau". Pour elle l'essentiel c'est de garder le cheval vivant "qu'il ait l'envie. Je cherche l'osmose parfaite, la complicité idéale, que tout soit pur grâce à la technique". Elle raconte qu'en mars 2016 Kévin Staut l'avait sollicité pour monter Réveur de Hurtebise. "Il voulait redynamiser le physique et l'équilibre de son cheval à l'approche des J.O.  J'ai mis trois semaines à mettre Réveur à la pirouette et il semble que, dés lors, le ressenti de Kévin soit meilleur. Un matin il m'appelle à 7 h euphorique me disant "Ca y est Julie, j'y arrive. Réveur pirouette aussi avec moi". J'ai rarement vu un tel passionné. Kévin me dit d'écrire mes sentiments sur le papier et qu'avec ça on pourra travailler et réfléchir sur du concret. Il pense qu'on pourra aller encore plus loin. C'est passionnant!".

Quant aux chevaux, l'américaine qui écume les concours normands et les SHF pour son commerce avec les Etats Unis, elle estime que "les Selle Français sont galopeurs, plus que les chevaux hollandais, moins complexes que les chevaux allemands. Ils se sont considérablement améliorés ces dix dernières années et sont devenus plus disponibles. Il est assez simple de faire l'analyse d'un Selle Français. Maintenant ils bougent mieux. La France est un pays de passionnés très éduqués à l'équitation. On sent que ca va dans le bons sens".