Marc Boblet, de quoi sourire… jaune

jeudi 19 mai 2016

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Marc Boblet a un peu retrouvé le sourire grâce la victoire de Soliman de Hus dans le Grand Prix de Sandillon après quelques jours sombres dus au carton jaune qui lui a été donné à l’issue du CDI de Saumur. Retour sur cet épisode qui a agité le dressage français.

Marc Boblet et Soliman de Hus largeL

Hervé Layec

Jean Michel Roudier largeL

Scoopdyga/Pierre Costabadie

Marc Boblet et Soliman de Hus

Jean Michel Roudier

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Le cavalier d’Eure et Loir rappelle les faits : « Deux jours après la fin du concours et trois après ma dernière épreuve, j’ai reçu un mail m’annonçant que j’avais eu un carton jaune à Saumur pour avoir monté sans casque, dans une carrière fermée et pour avoir violenté le cheval sur lequel je me trouvais. J’ai effectivement retiré mon casque, un modèle que j’essayais, parce qu’il me tombait sur les yeux à cause d’un problème de mousse et j’ai eu tort de le faire. Quant à la carrière où j’ai monté de 8h à 8h40le dimanche matin avant d’aller entraîner mon élève Joanna Tragarz qui passait à 9h30 en Jeunes Cav., je ne savais pas qu’elle était interdite et je n’ai pas « violenté » Soliman. Il a juste eu peur de je ne sais quoi dans un coin et a fait deux fois un violent demi touren se pointant.(…) D’ailleurs si quelqu’un était venu le voir après dans son box, il y était tout à fait calme et ne portait aucune trace de violence ».

Les questions que pose ce carton jaune

Les questions que pose cet épisode fâcheux pour le cavalier et pour le dressage en général, français en particulier, notamment  après les réactions sur les réseaux sociaux à l’article d’Astrid Appels sur Eurodressage (lire ici), sont nombreuses. Il est évident que Marc Boblet, qui connaît le règlement, aurait dû l’observer, comme tout sportif, qui, en plus, est professionnel.

Mais pourquoi n’a-t-il pas su tout de suite qu’il avait un carton jaune ? Le règlement général de la FEI prévoit cette possibilité de délai.

Pourquoi le « steward » n’a pas arrêté le cavalier dans sa « violence » et ne l’a pas obligé au moins à remettre son casque et à sortir de la carrière interdite, comme lui impose sa fonction ? Selon M. Boblet parce que le « steward » est juste passé en voiture (une smart IFCE) sans marquer ni arrêt ni même ralentissement.  Et ce « steward » n’en est pas un, mais juste un officiel du CDI, Marc-André Morin. Et le fait que toute personne, officielle ou pas, puisse relever une infraction est également prévu par le règlement FEI. Ce qui, il faut bien le reconnaître laisse la porte ouverte à tous les abus.

Enfin, personne n’aurait trouvé le contrevenant avant son départ «alors que j’étais principalement au bord de la carrière d’honneur ou dans les stands qui la bordent ».Pourquoi Jean-Michel Roudier n’a-t-il rien dit au cavalier lorsque celui-ci est venu le saluer, ainsi qu’Anne Prain aux côtés de laquelle il était, avant de quitter le terrain vers 13h.C’est pourtant lui, en tant que président du jury du concours, qui a signé le carton jaune en accord avec deux autres officiels, le juge étranger Francis Verbeek et la chef steward Ariane Boelens. Joint par téléphone, Jean-Michel Roudier nous précise tout d’abord que « l’information selon laquelle c’est Marc-André Morin, officiel sur le concours mais pas steward, qui a relevé l’irrespect du règlement, est normalement une confidentielle et n’est connue que par la FEI (en l’occurrence Philippe Maynier, ancien cavalier de Grand Prix français)».

Les réponses du président de jury

« La fuite sur cette information dont nous ne connaissons pas la provenance, mériterait un blâme. Et c’est un officiel du concours, d’une fiabilité incontestable, qui a fait part à Ariane et moi de ce qu’il avait observé : l’absence de casque, la carrière dont le cavalier ne pouvait ignorer qu’elle était interdite et un cheval entre bai et noir qui se pointe à plusieurs reprises. Avec Francis et Ariane, nous avons demandé à l’officiel de rédiger un rapport que nous n’avons eu que vers 13h30 et c’est seulement à ce moment-là qu’après délibération nous avons opté pour le carton jaune, chacune des trois fautesen méritant un. Avant, je ne savais pas précisément ce qui serait inscrit dans le rapport. S’il n’y avait eu que le cheval debout, sans preuve formelle de la faute, je n’aurais pas mis de carton, car cela peut-être discuté, y compris judiciairement. Mais les deux autres faits étaient indiscutables. Ensuite, j’ai personnellement tenté de joindre Marc, car je ne fais pas les choses par derrière, mais il était parti ». En réponse à une autre de nos questions, Jean-Michel Roudier, précise que « si l’officiel qui a vu les faits avait été un steward, il aurait dû se présenter au cavalier et prendre les mesures qui s’imposaient, sous peine d’avertissement ». Tout officiel steward ou pas ne devrait-il pas faire la même chose, quitte s’il n’est pas steward à en appeler un d’urgence ? Et notre juge 5*, très investi dans la protection des chevaux, précise que lorsqu’il est président de jury dans un concours, il réunit dès le début les officiels et assurent les stewards de tout son appui « ce qui n’est pas le cas dans tous les concours », mais reconnaît que le règlement FEI laisse la porte ouverte à la délation.

Les failles du règlement FEI

La procédure FEI nous semble en effet laisser cette possibilité, plus que gênante, au minimum contraire au fairplay sportif, et peut-être aussi trop de place à l’approximation. Que la personne qui constate des faits répréhensibles soit steward ou non, il paraît anormal, quelle que soit sa faute, qu’un sportif ne soit pas informé immédiatement de la sanction qui le menace. Comme en foot. Mais quand on apprend que des échantillons de 2008 ont été analysés récemment et que des athlètes dopés aux JO de Pékin risquent de ne pas pouvoir faire ceux de 2016 – en admettant qu’ils soient encore dans le coup, car huit ans ont passé, avec d’ailleurs les JO de Londres au milieu !  -alors qu’ils se sont entraînés jusqu’à maintenant, on comprend que tout semble possible pour rassurer le bon public dans le cadre du principe de précaution et/ou de Jeux propres.

Quoiqu’il en soit, l’enjeu pour Marc Boblet est beaucoup moins grave (un second carton jaune lui ferait encourir de deux à sixmois de suspension), et il a choisi de ne pas faire appel de cette décision, même si « ceux qui étaient là peuvent témoignerque je n’ai pas été violent avecSoliman ». Selon, d’autres sources, tout allait bien dans le couple la veille lorsque Marc Boblet a présenté Soliman à Jan Bemelmans et Emmanuelle Schramm et il est également difficile d’imaginer qu’un cavalier retire son casque alors qu’il est en bagarre avec un cheval. Mais des cabrades répétées peuvent évidemment faire penser à des défenses et amener à s’interroger sur leur origine. Il eût peut-être mieux valu de ce point de vue que l’officiel IFCE prenne le temps de s’arrêter pour mieux évaluer la situation.

Meilleurs arbitres : les prochains concours

Evidemment, comme le constat de cette éventuelle violence n’a pas été correctement mené, seul l’avenir dira si le couple Soliman de Hus/Marc Boblet, formé depuis mi-mars, va transformer l’essai de Sandillon où « pas une fois dans la reprise je n’ai été sur le fil rouge. Soliman a une énergie extraordinaire et pas une impasse. Il a fait des lignes de changements de pied magnifiques, à 8, et de jolis piaffers et passages. Mais nous avons quand même trois fautes dont une au pas rassemblé où il piaffe qui coûte très cher ». Avec deux autres grosses fautes,cette victoire à 69,70, soit une bonne moyenne pour un tout premier Grand Prix de Soliman de Hus (Sandro Hit x Donnerhall),jette un doute sur une éventuelle maltraitance dans l’entraînement, même s’il est certain qu’un cavalier ne se trouve pas forcément en situation très académique quand un cheval doté d’une belle énergielui plante des demi-tours, « car c’est certainement à ce moment-là que M-A. Morin est passé », suppose Marc Boblet.

Engagé à Compiègne avec Noble Dream qu’il a commencé à remonter début avril après le long arrêt que lui a imposé l’intervention chirurgicale sur son genou, dont il souffre d’ailleurs encore, Marc Boblet a finalement renoncé à présenter la jument, pas assez prête. Il espérait pouvoir y concourir aussi avec Soliman, mais l’inscription lui a été refusée. « Je suis en train d’en tomber amoureux ! reconnaît-il en éclatant de rire. Mais nous nous connaissons encore peu et les Sandro Hit sont réputés pour être un peu lunatiques ». D’ailleurs, si Jessica Michel a certainement fait un bon travail de base avec Soliman, il n’en reste pas moins vrai que cet étalon aux excellentes origines, d’un modèle quasi parfait et d’une belle expressionn’est jamais beaucoup sorti en concours et pas du tout depuis trois ans.

Marie Hélène Merlin

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