Marine Subileau révélée à Valence

lundi 21 mars 2016

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Les résultats du premier Grand Prix espagnol avaient surpris : pour ses tout premiers pas internationaux, Marine Subileau était 2e à 70% avec Talitie, l’ancienne jument de son père, Pierre. La suite a confirmé la bonne forme du couple. Autre bonne surprise, les performances de Léa Bonifay en Juniors dont deux Marseillaise !

Marine Subileau et Talitie largeL

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Marine Subileau et Talitie

Si Pierre Volla avait choisi Valence pour reprendre le chemin des concours avec Badinda Altena (kwpn par Tolando), pour Nicole Favereau et sa fille Marine Subileau c’était LE premier international. Et pour Julia Chevanne une suite de ses débuts à Lier avec Puschkin.

Bonne rentrée pour Pierre Volla
Badinda, qui était donc la plus expérimentée de cette verte équipe, malgré ses tout juste dix ans, n’a pas manqué son retour puisqu’elle fait 3e et 2e en GP avec 69,22 et 69,68%, puis 2e et 4e en GPS  avec 70,72 et 69,09 %. Pierre Volla a de quoi se satisfaire de cette descente au sud, puisqu’il y présentait aussi Sir Piko (Sir Donnerhall), avec réussite : dans les reprises courues en petit tour, les première et deuxième semaines, le cheval de Marianne Eichenberger tourne entre 68,5 et 72,37 pour des 2e et 3e places, avec à chaque fois pour vainqueur Der Designer  monté par le jeune Britannique Michaël Eilberg (trente ans) qui domine également le grand tour avec Dornroschen ou Marakov. Pour Julia Chevanne, le concours s’est moins bien passé : sûrement fatigué par l’enchaînement des deux GP/GPS de Lier (Bel) et le voyage jusqu’à Valence, Puschkin n’a pas atteint les 65%, sauf dans le premier GPS où il est 6e avec 66,49. Un peu de repos remettra sûrement le couple sur les rails, fort de ces premières expériences à l’international. Positive, Julia, contente en revanche du bon travail effectué avec Jan Bemlmans, estime : « Nous sommes encore un jeune couple et Puschkin n’est pas le même en piste. Nous devons tous trouver le bon chemin ».  
Quant à Alexandra Dillière, qui avait elle aussi fait le voyage avec Binky, elle termine en progression dans le deuxième GPS avec 64,23%.

Marine Subileau : « C’est un rêve »
Si les plus jeunes ont plutôt bien marché à Valence avec les très bons résultats de Léa Bonifay et Timor en Juniors (deux Marseillaise et des moyennes qui mettent le couple dans le coup de sa catégorie) et pas mal non plus pour Alix Bravard et la jolie Shamira qui a cependant un peu baissé de pied la seconde  semaine, la révélation de Valence était donc Marine Subileau, pas beaucoup plus vieille (vingt-six ans) avec Talitie, mais aussi dans une moindre mesure avec Osado. Avec ce PRE de douze ans, elle participait à son deuxième international (le premier à Saumur 2015), le premier à l’étranger : elle obtient plus ou moins 65% dans les GP et GPS, une belle 2e place en RLM avec 69,97% et une 5e place dans la seconde Libre, 69,15. A chaque fois, elle s’est donc battue elle-même avec Talitie (kwpn de seize ans par Gribaldi). Pour son tout premier Grand Prix, elle voulait obtenir 70%, car c’est ce que lui avait demandé la propriétaire de la jument Véronique Roualet-Subileau quelques heures avant son décès, une idée sortie du résultat de St-Lô en novembre, le deuxième concours du couple qui avait alors approché cette moyenne.

« Je voulais faire 70% pour Véronique »
« Cet objectif n’était pas une pression mais plutôt un booster », déclare Marine qui était proche de Véronique, la seconde épouse de son père qui devient propriétaire de la jument. Et, après ce premier très bon résultat, toujours pas de pression, « car la suite n’était que du bonheur. J’ai du mal à croire que ça m’arrive à moi. C’est comme un rêve. En juniors et Jeunes Cav., j’étais toujours dernière ! » Autrement dit, quelles que soient les circonstances, Marine Subileau semble devoir échapper à la pression négative ! D’autant que « je l’entraîne et suis les détentes moi-même, précise Nicole, la mère. Et avec Jean-Marc et moi, Marine est sécurisée ».  Et puis, « c’est une histoire de famille, reprend la fille. La jument a été dressée par mon père et moi par ma mère !» Talitie est en effet arrivée à Lagorce (33) chez les Favereau en juin 2015, après une tendinite. Depuis, Marine la monte cinq jours par semaine « pour la maintenir en condition, car elle sait tout faire. Il suffit que je lui demande bien les choses pour qu’elle les fasse bien. Elle sort une fois en extérieur avec Jean-Marc (Favereau, cavalier de complet, époux de la maman, ndla) et elle fait une journée de pré. Quant à moi, je m’entraîne sur les mouvements du Grand Prix avec Osado qui, lui, a besoin de travailler ».

Nicole Favereau a eu très peur pour sa Ginsengue
Quant à la compétition entre la mère et la fille, il n’y en a pas, « car on est toujours triste ou contente du résultat de l’autre, dit la fille, et quand nous sommes toutes les deux à la remise des prix comme au Grand National ou ici dans le premier GPS, c’est formidable ». Toujours chaleureuse et d’abord maman, Nicole, après avoir vanté les mérites et les bonnes reprises de la « petite, parce que c’est mon BB ! », n’hésite pas à dire, enthousiaste, « Marine a fait un coup de maître, pas moi ! » Car, en fait, c’était plutôt la mère que l’on attendait, avec sa toute bonne Ginsengue (bwp de dix ans par Welt Hit II). C’était sans compter avec un vilain microbe attrapé pendant le transport : « Je me faisais une joie de ce concours, je voulais cartonner, car je n’étais pas sortie depuis St-Lô. Mais Ginsengue avait plus de 40° en arrivant le mardi soir à Valence. La fatigue du transport diminue les défenses immunitaires, ce que j’ignorais, et il n’est pas rare que les chevaux attrapent une cochonnerie. J’ai eu très peur, nous l’avons veillée toute la nuit. Heureusement le véto espagnol a fait ce qu’il fallait en la perfusant avec les tonifiants autorisés et surtout en lui donnant des antibiotiques. Dès le lendemain la fièvre était un peu tombée, mais elle a quand même fait la visite avec 39 et le GP avec 38. Tout est rentré dans l’ordre le samedi ». La grande – au moins par la taille - jument termine quand même le GP avec 66,92 (7e), puis le GPS 4e avec 67,92. Ensuite, il y eut quatre jours de stage avec Jan Bemelmans « que je n’aurais peut-être pas dû faire, car Ginsengue était quand même fatiguée, ce que m’a confirmé Stéphane Fresnel, le véto de l’équipe qui est arrivé la deuxième semaine. Il estime que pour un jour de fièvre chez un cheval, il faut compter une semaine de récupération de toutes façons. Ces concours qui permettent d’en faire deux avec un seul déplacement, c’est très bien, mais entre les deux, je crois qu’il faut juste faire du stretching et un léger travail, les promener  », ce qu’elle a d’ailleurs planifié pour Talitie et Osado.

« Rio n’est pas ma priorité »
Du coup, pour le deuxième week-end, Nicole a choisi de dérouler des reprises tranquilles, car sa première préoccupation est de ne pas risquer de gâcher ou de blesser cette jument, la meilleure qu’elle ait jamais eue. D’autant « qu’elle est tardive. Aller trop vite serait m’assurer de ne pas aller aux JO. Même si je suis contente d’avoir obtenu mes deux qualifications ici à Valence, Rio n’est pas ma priorité. Ca arrivera seulement si ça doit arriver. Ginsengue n’a pas fait beaucoup de concours et il est plus raisonnable de penser plutôt aux JEM 2018. Normalement, Ginsengue sera alors au sommet de son art ».
Talitie, elle, y est, dit encore la mère et entraîneur, et c’est pour cela qu’elle sera peut-être dans les chevaux sélectionnables pour les JO, même si elle n’est pas encore intégrée dans le groupe JO/JEM : « Elle est très régulière au fil de ses reprises qui sont fluides, car Marine n’ayant pas de force ne peut s’opposer à elle. Et c’est normal qu’elle soit entre 69 et 71%. Elle obtient des 9 aux pirouettes et aux changements de pied, des 7,5/8 aux piaffers dans lesquels elle entre sereinement et dont elle sort pareil, fait de très beaux appuyers. Son point faible serait plutôt les allongements au trot et le passage qui manque peut-être un peu d’expression ». Et les notes du coup ont montré cette régularité : pour la deuxième session,  4e du GP et 5e du GPS, dans les deux cas à moins de 0,20% de Pierre Volla,
Dès lors, comment tendre vers le 72% ? « Au fur et à mesure que les juges vont la voir, ils vont oser mettre un peu plus de points », pense Nicole, et il est vrai que le classement FEI est souvent accusé d’influer sur les notes. Par exemple, à Valence, le jury de la deuxième semaine a peut-être noté un peu plus en fonction de la Ranking, « car Marine n’a fait aucune faute, contrairement au premier GP et, pourtant, elle a un peu moins de points ». Quoiqu’il en soit, c’est à n’en pas douter une recrue de plus qui tombe du ciel pour l’équipe de France et d’ailleurs des juges ont félicité Jan Bemelmans pour ce nouveau couple, comme d’ailleurs pour GInsengue, dont ils apprécient les aptitudes. De quoi voir l’avenir en rose pour la mère et la fille qui seront a Grand National de Jardy (équipe Antarès) puis au CDI de Saumur. Un exemple rarissime de réussite familiale.
 

Marie-Hélène Merlin

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