Tristesse à Rotterdam et Marseillaise à Brno

dimanche 21 juin 2015

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Ce week-end six des dresseurs susceptibles de représenter la France aux prochains championnats d’Europe ont parcouru des centaines de kilomètres pour aller se mesurer à la concurrence internationale et permettre ainsi aux sélectionneurs d’affûter leurs arguments. Cinq étaient à Rotterdam, un à Brno.

jem 2014 Alexandre Ayache et Lights of Londonberry largeL

FFE/PSV

Alexandre Ayache et Lights of Londonberry

A Rotterdam, cela a déjà été dit, la France termine 7e sur 7 équipes dans une Coupe des nations au règlement original et très – trop – élitiste. Seules les cinq premières équipes à l’issue du Grand Prix pouvaient continuer  en GPS ou FS à raison de deux cavaliers dans l’un et deux dans l’autre, ainsi que quelques individuels n’appartenant pas à ces cinq équipes. C’est ainsi qu’Arnaud Serre, d’abord évincé a été repêché par la défection de Bernadette Brune, forfait dans le GPS, l’Allemagne, engagée à trois, finissant ainsi avec une paire de cavaliers.

Rotterdam, un règlement vraiment dur

L’idée de mêler les trois reprises  pour  le classement d’une Coupe des nations est, en soi, très intéressante. Le problème est que son application à grande échelle, celle d’un championnat qui peut désormais voir une quinzaine d’équipes engagées, nécessite de limiter leur nombre pour la suite de la course. Pourquoi pas dans un championnat effectivement, puisque le Grand Prix a longtemps été le seul déterminant du classement, mais n’en accepter que cinq dans un CDIO, fût-il 5*, est trop pénalisant. Les cavaliers et les fédérations engagent des frais  importants pour aller en concours, les chevaux avalent kilomètres et fatigue, pour au bout du compte ne faire qu’un petit tour de piste. C’est frustrant, voire injuste pour les résultats même si, pour la France, continuer ou pas en GPS et FS n’aurait certainement pas changé grand-chose, même si entre la Belgique 4e (le couple bien connu chez nous Laurence Vannomeslaeghe/Avec Plaisir assurant la meilleure performance de son équipe en GP 71,08%) et la France 7e, il n’y a  que un point de moyenne (69, 927 et 68,933). Mais un point, au niveau de performance désormais atteint par de si nombreux couples, c’est presque un abîme.

Les forces françaises très homogènes

Et c’est tout de même inquiétant, car si Arnaud Serre et Robinson de la Font Massa avaient à peu près assuré en Grand Prix en terminant 14e/27 avec 69,52%, en GPS (remporté à 77,09% par le jeune Néerlandais Diederick van Silhout et son talentueux étalon de dix ans Arlando), le
couple est 9e des 10 partants autorisés par le règlement de ce CDIO avec seulement 66,11% : « Pendant tout le Grand Prix Robinson avait déjà eu très peur des panneaux lumineux posés du terrain, panneaux qui restaient éteints pendant l’entraînement et dans le Spécial, il ne regardait
plus que cela. Il a fait un bon travail au trot où j’ai réussi à gérer, mais dans l’allongement du galop, il a carrément fait demi-tour.»  
Du côté du CDI3*, couru en parallèle, le GP a montré que Marc Boblet avait eu raison d’être prudent et de refuser d’intégrer l’équipe qui courait dans le grand stade. Même dans la carrière boisée, plus intime, il n’a pas pu faire mieux que 17e avec 66,86% dans ce GP remporté par Edward Gal et Voice (77,80%) devant Minderhoud et Cornelissen/Parzival. Nous n’avons pas réussi à joindre Marc, mais apparemment il aurait eu des petits problèmes au piaffer. Et puis, Rotterdam ce n’est pas Compiègne. Le trio de tête est tout de même composé de trois des meilleurs Néerlandais !
Alors que la Frestyle 5* comptant pour le CDIO a vu une belle victoire du Suédois Patrik Kittel et Scandic avec 81,87% devant Hans Peter Minderhoud/Johnson Glock et Edward Gal/Undercover-Glock, ce même Gal remporte la Freestyle 3* avec Voice Glock et 81,65%. Dans cette reprise, les choses se sont un peu arrangées pour Marc Boblet et Noble Dream-Concept Sol Biolight. Le couple termine 7e des 8 partants, mais en remontant à 68,27%.Tous les potentiels coéquipiers se tiennent donc dans les 68 à 69%, sauf Karen Tebar plus régulière au-dessus de 70, mais Don Luis, blessé, n’était pas à Rotterdam. Et sauf Stéphanie Brieussel qui a connu une petite traversée du désert en Grand Prix avec Amorak, même si Rotterdam (67%) s’est mieux passé que Wiesbaden (62,92%). Tous ont déjà fait mieux, sauf bien sûr Pierre Volla et Badinda Altena, qui pour leurs débuts en Coupe des Nations, se sont maintenus à 68% dans le GP (23e). Et c’est sûrement ces résultats qu’ils s’efforceront tous d’améliorer à Vierzon, où le championnat national Pro Elite servira pour la toute première fois de base à la sélection définitive de l’équipe pour les championnats d’Europe (tous les postulants pour Aix la Chapelle doivent participer à Vierzon). A moins que, comme l’année dernière, le CDI de Deauville ne devienne à nouveau le lieu du dernier choix….. A noter que dans les épreuves 16-25, Alix van den Berghe,  qui affiche désormais plus d’aisance avec Roméo comme venait de le montrer le CDI de Compiègne, a terminé 9e du GP avec 66,65% et 9e aussi en Freestyle avec 67,80%.

Ayache, seul à Brno et une Marseillaise !

A 1000 km de Rotterdam et 1400km de sa base, Alexandre Ayache, qui avait fait résonner deux fois la Marseillaise à Lipica un mois plus tôt, n’a pas eu le plaisir de renouveler cette performance à Brno en République tchèque. Il n’est « que » 2e sur 19 partants du Grand Prix remporté par l’Allemand Matthias Bouten/Sohnlein Brilliant à 71,50, mais avec une moyenne supérieure, 69,44%. Les points par juge font apparaître deux choses : comme son collègue luxembourgeois Umbach qui avait noté moins haut le couple à Hagen, l’Autrichien T. Lang - qui n’avait coté le Niçois qu’à 67,49 alors que l’Allemande K. Würst était à 70%  lors du concours 4* Glock à Treffen - semble avoir apprécié la progression de Lights puisqu’il octroie cette fois-ci 70,70%. C’est le juge français, Alain Francqueville qui met au couple qu’il a lui-même lancé dans le circuit début 2014, une de ses deux moins bonnes notes, 68,10%. On retrouve là une caractéristique récurrente de nos juges souvent timides lorsqu’il s’agit d’évaluer leurs compatriotes, craignant certainement d’être taxés de favoritisme, là où leurs collègues ne s’embarrassent pas toujours de scrupules. Nous devons à la vérité de relever que Jean-Michel Roudier, qui officiait à Rotterdam, n’est pas tombé dans cette « réserve » cette fois-ci : nos représentants ont eu leurs meilleures moyennes avec lui.
Le Niçois que sa 2e place qualifiait pour la Freestyle (Brno est une étape Coupe du monde), y termine tout simplement 1er avec 73,95 devant le vainqueur du GP, 73,02. C’était une inauguration, la composition de cette Freestyle n’en ayant été terminée que juste avant la montée de Lights dans le camion : « Je suis trop content ! Grethe (sa compagne, ndlr) m’a fait un texte juste parfait et tout est passé. J’ai une petite biscouette à la fin, parce que comme le cheval était génial, j’ai voulu faire le malin ! Après les deux demi-pirouettes au piaffer, au moment de repartir sur la ligne du milieu, je me suis mis à une main et il fait une petite faute derrière ».  Et, Alexandre Ayache et Grethe Puvi – qui a fait à Brno son dernier concours de la saison, car c’est désormais trop dur pour elle avec Talent - ont tout lieu d’être heureux puisqu’ils ont le bonheur d’attendre un Bébé pour le mois de novembre.

Retrouvez tous les résultats  de Brno en cliquant ici!

Retrouvez tous les résultats  de Rotterdam en cliquant ici!

Marie-Hélène Merlin

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0Commentaires

JEAN MICHEL R | 25/06/2015 18:16
J'étais donc à Rotterdam, et si j'ai été déçu des résultats de nos cavaliers, j'ai été encore plus déçu par cet article. Tout d'abord, je trouve nulle la réflexion concernant les juges français, et je sais qu'Alain s' associe à moi, ce n'est pas constructif pour le dressage. Pas plus que le reste: Marie-Hélène, tu aurais pu être plus constructive tout en étant objective:
Pour ce aue j'ai jugé, Badinda montre une progression certaine et demontre un potentiel, en même temps que Pierre montre qu'il a les nerfs pour entrer dans une arène aussi impressionnante, et, on sait la difficulté du jugement même par les plus aguerris, certaines notes ont été un peu "frileuses" dans ce qu'il fait bien, il partait dans les premiers, et inconnu. Robinson a joué de malchance, faisant des fautes qui lui sont inhabituelles, mais l'atmosphère était particulièrement stressante, comme le prouve la contre-performance (toute relative, à son niveau, et chez lui, de Glocks Undercover). Amorack, après une progression fulgurante, effectivement, vit un plateau, laissons-lui prendre de la maturité, et reprendre sa progression.
Et tout s' est joué dans un mouchoir de poche pour les 3 dernières équipes!
voilà ce que je dirais, en soulignant le jeune âge de ces chevaux: donc on est en droit d'espérer, évidemment pas pour demain, ainsi est le dressage qui demande du temps, mais pour après-demain sûrement, d'autant qu'il y a Don Luis, et d'autres en devenir très prometteurs...
Enfin, je soulignerais qu'avoir 68% au CHIO de Rotterdam n'a pas tout à fait la même valeur que dans un CDI avec une concurrence moins relevée: même si nous, juges, nous jugeons le plus objectivement possible, nous devons aussi faire un classement, ce qui implique de monter un peu les points des meilleurs, c'est normal.
Donc, oui, les résultats français actuels sont décevants,
Non, le dressage français n'est pas mort,
Esperons avoir dans nos medias des commentaires qui, tout en étant objectifs, soient plus constructifs pour notre discipline, sans créer de polémique stérile.
Jean-Michel Roudier
JEAN MICHEL R | 25/06/2015 18:16
J'étais donc à Rotterdam, et si j'ai été déçu des résultats de nos cavaliers, j'ai été encore plus déçu par cet article. Tout d'abord, je trouve nulle la réflexion concernant les juges français, et je sais qu'Alain s' associe à moi, ce n'est pas constructif pour le dressage. Pas plus que le reste: Marie-Hélène, tu aurais pu être plus constructive tout en étant objective:
Pour ce aue j'ai jugé, Badinda montre une progression certaine et demontre un potentiel, en même temps que Pierre montre qu'il a les nerfs pour entrer dans une arène aussi impressionnante, et, on sait la difficulté du jugement même par les plus aguerris, certaines notes ont été un peu "frileuses" dans ce qu'il fait bien, il partait dans les premiers, et inconnu. Robinson a joué de malchance, faisant des fautes qui lui sont inhabituelles, mais l'atmosphère était particulièrement stressante, comme le prouve la contre-performance (toute relative, à son niveau, et chez lui, de Glocks Undercover). Amorack, après une progression fulgurante, effectivement, vit un plateau, laissons-lui prendre de la maturité, et reprendre sa progression.
Et tout s' est joué dans un mouchoir de poche pour les 3 dernières équipes!
voilà ce que je dirais, en soulignant le jeune âge de ces chevaux: donc on est en droit d'espérer, évidemment pas pour demain, ainsi est le dressage qui demande du temps, mais pour après-demain sûrement, d'autant qu'il y a Don Luis, et d'autres en devenir très prometteurs...
Enfin, je soulignerais qu'avoir 68% au CHIO de Rotterdam n'a pas tout à fait la même valeur que dans un CDI avec une concurrence moins relevée: même si nous, juges, nous jugeons le plus objectivement possible, nous devons aussi faire un classement, ce qui implique de monter un peu les points des meilleurs, c'est normal.
Donc, oui, les résultats français actuels sont décevants,
Non, le dressage français n'est pas mort,
Esperons avoir dans nos medias des commentaires qui, tout en étant objectifs, soient plus constructifs pour notre discipline, sans créer de polémique stérile.
Jean-Michel Roudier


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