Tryon sans la France du dressage !
mercredi 22 août 2018

Jan Bemelmans
Jan Bemelmans © Scoopdyga

En attente d’une annonce officielle de la part de la Fédération française d’équitation (un premier communiqué a été publié ce matin par la FFE, avant d'être supprimé), c’est finalement par l’intermédiaire de différentes sources que l’Eperon.fr a appris que la France ne sera pas représentée en dressage aux Jeux équestres mondiaux de Tryon.

Alors que la quasi totalité des sélections tricolores pour les Jeux équestres mondiaux de Tryon, aux Etats-Unis, ont été dévoilées par la Fédération française d’équitation, celle du dressage s’est faite étonnamment attendre. Une jument de l’équipe en vente, des tensions au sein du groupe JO/JEM et du staff fédéral, plusieurs rumeurs ont couru pour que nous apprenions finalement qu’aucune équipe ne sera au départ du Grand Prix des Jeux mondiaux de Tryon, qui se tiendra le 12 septembre prochain. Alors que l’équipe de France devait s’envoler pour les Etats-Unis le mardi 4 septembre, la bombe a été dévoilée aux cavaliers dans la journée de ce mardi, il n’y aurait pas d’équipe ni d’individuels au départ des épreuves de dressage ! La raison ? L’équipe ne dépasserait pas les 70%, minimas imposés dans un accord entre le président de la FFE et le staff fédéral. En effet, la jument de Pierre Volla, Badinda Altena, serait à vendre et le cavalier aurait alors décidé de se retirer de l’équipe de France alors qu’il était pourtant annoncé par le sélectionneur national, Jan Bemelmans et la DTN adjointe rattachée au dressage, Emmanuelle Schramm, comme l’un des deux cavaliers certains de faire le voyage aux Etats-Unis au lendemain du CDIO 3* d’Hickstead fin juillet. Malgré le retrait de Pierre Volla, l’équipe de France ne pouvait-elle pas accueillir un quatrième couple parmi les neuf autres chevaux et cavaliers inscrits dans le Groupe JO/JEM ? A cela il faut bien entendu supprimer Karen Tebar et Don Luis, absents des terrains de compétition depuis les Jeux olympiques de Rio en 2016 et pourtant figurant toujours dans ce groupe Elite. A une semaine du départ, les cavaliers pressentis pour prendre l’avion en direction de la Caroline du nord et en plein préparatifs pour l’évènement mondial de l’année et qualificatif pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020, ont reçu un véritable coup de massue.

De deux équipes à aucune 

Marie-Emilie Bretenoux (Quartz of Jazz), Morgan Barbançon-Mestre (Sir Donnerhall II OLD), Barbara Clément-Klinger (Dirbini), Anne-Sophie Serre (Vistoso de Massa), Alexandre Ayache (Zo What), Arnaud Serre (Ultrablue de Massa) ou encore Bertrand Liegard (Stars Wars), tous ces couples ont pourtant été annoncés sur la liste officielle des entrées nominatives pour les JEM de Tryon. Si Pierre Volla avait décidé de vendre sa jument double championne de France, pourquoi le couple était-il encore en lice sur le CDIO 3* d’Hickstead et pourquoi était-il annoncé il y a encore quelques semaines comme une valeur sûre pour Tryon ? Au lendemain du CDIO 3* d’Hickstead, Jan Bemelmans nous déclarait pourtant : « Nous avons le luxe d’avoir dix couples au dessus de 70% et cela ne rend pas ma tâche facile. J’aimerais envoyer deux équipes à Tryon et je ne sais pas laquelle serait la meilleure ». Alors à l’approche du départ, où sont passés les dix couples capables de dépasser les 70% pour permettre un remplacement de Pierre Volla et Badinda Altena ? Si la Fédération parle d’une moyenne de 70% par équipe intouchable en l’absence du couple leader, cette moyenne n’a jamais été atteinte cette année par l’équipe de France en Coupe des nations (elle s’en est fortement approchée à Hickstead, ndlr). Pour autant, des nations telles que la Belgique, la Suisse ou encore le Japon envoient, elles, une équipe à Tryon dans un souci certain de visibilité et de prise d’expérience en vue des JO de 2020. Alors pourquoi la France n’en serait-elle pas capable ? 

Commentaires


BERNARD M | 22/08/2018 19:38
Bien vu Elodie ! On ne saura sans doute jamais le détail des tenants et aboutissants de cette décision de dernière minute, qui reste incompréhensible pour beaucoup ( comment se fait-il qu'il y un mois seulement, lors du concours d'Hickstead, tout le monde était partant au point que le sélectionneur national parlait d'un potentiel de 2 équipes ?). On ne mesurera sans doute jamais les dégâts que cela fait à l'image de notre discipline, et à la motivation des passionnés qui œuvrent pour représenter la France au plus haut niveau . Si votre phrase " L’équipe ne dépasserait pas les 70%, minimas imposés dans un accord entre le président de la FFE et le staff fédéral " représente une tentative de justification a posteriori, cela montre que le soutien à la discipline du dressage, depuis les catégories Poneys, Juniors et Jeunes Cavaliers jusqu’aux Seniors bien sûr, a besoin d'être revu au niveau national ... je reprends votre phrase de conclusion :"Pourquoi la France n'en serait-elle pas capable" ! Merci Elodie ...