Conférence sur l’endurance à Lausanne

lundi 10 février 2014

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C’était hier à Lausanne. D’un côté, la FEI, son 1er vice-président John McEwen, le président de son comité stratégique d’endurance (Endurance Strategic Planning Group-ESPG) Andrew Finding et vingt-six de ses représentants. De l’autre, trente-quatre délégués représentant vingt fédérations nationales et trois membres de la presse.

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Germain Arias-Schreiber/FEI

Le président de son comité stratégique d’endurance, Andrew Finding

Autrement dit, une fédération posée, qui va répéter sans sourciller qu’elle s’emploie activement à résoudre les problèmes de la discipline à une assistance qui va durant six bonnes heures osciller entre écoute attentive, espoir, désenchantement, frustration et colère.

L’enjeu est de taille : sortir l’endurance de la situation délicate dans laquelle elle se trouve suite à de nombreuses dérives. Les faits sont là, les preuves aussi, accablantes, comme le déplorent certains, fervents supporters d’une discipline qui n’en serait pas là où elle en est aujourd’hui sans deux ou trois pays qui ne suivent pas les règles du jeu, et une fédération qui ne joue pas son rôle d’arbitre et de juge. Des héros courageux, trop peu nombreux hélas, qui montent au front là où la plupart des fédérations, « qui n’ont pas pris la mesure du problème », regrette le président de la fédération suisse Charles Trolliet, semblent faire bloc autour de la FEI.

Des règles à respecter

Comme souvent depuis la lutte initiée par certaines fédérations, belge, britannique, allemande ou suédoise, et lancée publiquement par la FSSE lors d’un communiqué engagé en mai dernier, le plus concret et le plus incisif hier à Lausanne fut une fois de plus Pierre Arnould, l’entraîneur et chef d’équipe belge membre de la commission FEI d’endurance : « Les règles existent, et elles sont bonnes. 90 % des nations les respectent. Les problèmes viennent des 10% restants, les seuls d’ailleurs à ne pas être là aujourd’hui, preuve de leur manque de considération, pour vous et pour nous (ndlr : allusion à l’absence à Lausanne de l’Emirati Saeed Al-Tayer, directeur de l’hippodrome Meydan et bras droit du cheik Al Maktoum pour les courses et l’endurance, membre du comité stratégique de la FEI). A vous de savoir si vous préférez privilégier le respect des règles ou les personnes qui détiennent le pouvoir et l’argent, avec lequel ils achètent officiels et juges. C’est là la vraie question. A laquelle on veut une réponse. »

Cette réponse, on ne l’aura pas. Mais la FEI, et notamment son secrétaire général Ingmar De Vos, ont tout de même rassuré quelques-uns des accusateurs du jour. Ainsi Charles Trolliet, le président de la Fédération suisse des sports équestres, qui avait quelques jours plus tôt mis en cause les failles méthodologiques et interprétatives du questionnaire envoyé pour consultation par la FEI aux fédérations nationales : « Depuis la table ronde de fin juillet dernier, la FEI semble avoir pris conscience des problèmes. Plusieurs de ses propositions vont dans le bon sens et il faut se réjouir de certains travaux qu’elle a décidé d’entreprendre (surveillance accrue, meilleure exploitation des différents rapports, y compris vétérinaires, interdiction  pour les personnes du staff de la FEI de fonctionner comme officiels sur les compétitions etc....). »

Lentement, c’est sûr, mais sûrement…

Rassuré, donc, Charles Trolliet, mais pas totalement, et pour qui « on avance, mais à petits pas » : « C’est aujourd’hui dimanche, nous n’étions pas à l’église, mais nous avons tout de même eu droit à notre sermon ! Si elle a réalisé l’existence de problèmes et si l’on a entendu dire qu’elle s’était montrée plus interventionniste et courageuse sur le terrain dans la deuxième moitié de l’année dernière (cartons jaunes, éliminations, etc.), la FEI ne donne cependant pas toujours l’impression pas d’en avoir jugé toute l’importance. Il est clair que ce n’est pas facile, et on attend de voir si les mesures proposées seront appliquées. »

Même si elle a hier abordé les questions aussi essentielles que la responsabilité du cavalier, la nécessité d’une connaissance du cheval et d’un niveau équestre correspondant à la catégorie envisagée, le besoin de veiller au respect absolu du cheval, la direction à donner au sport d’endurance et à son évolution et la mise sur pied de stratégies à long terme, la FEI a omis l’essentiel, et la raison de cette conférence, comme l’a relevé Pierre Arnould : « Evoluer, c’est bien, et nécessaire, mais avant cela, il s’agit d’assainir. On a un problème maintenant. Qu’il s’agit de résoudre. » Or, on a pu s’en rendre compte hier à Lausanne : accusée, la FEI peine à convaincre de ses véritables ambitions en la matière, comme de son envie de s’en donner les moyens.

Alors, comme l’a suggéré en filigrane le chef d’équipe américain Emmet Ross, puisse-t-elle saisir l’occasion des prochains Mondiaux en Normandie pour apporter la preuve tant attendue qu’elle entend bien avoir le juste contrôle d’une discipline garante d’équité sportive et de respect du cheval.

Il en va de l’avenir de l’endurance, mais aussi, comme en est convaincu Charles Trolliet, de l’ensemble des sports équestres et d’une fédération qui jouent gros. En termes d’image, bien sûr, mais aussi pour ce qui est de leur existence et de leur essence mêmes, confrontés qu’ils sont à une puissance financière essentielle au fonctionnement du sport actuel. Al Khalifa Sheik Khalid, président du Groupe VII de la FEI (pays du Proche et du Moyen-Orient), n’a d’ailleurs pas manqué de le relever: « Sans Meydan, il n’y aurait pas eu de championnat du monde en Angleterre en 2012. » Vous avez dit problème ?

Sophie Kasser-Deller

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0Commentaires

BERNARD M | 13/02/2014 15:14
Le sport, le pouvoir et l'argent ; là est le débat du XXIème siècle pour les sports équestres, et il ne concerne pas seulement la discipline de l'endurance ... tant que les règlements sont appliqués par des officiels et des experts, qui bénéficient du soutien de leur Fédération, le sport restera la valeur qui prime . On ne peut être qu'admiratif du combat mené au sein de l'endurance, et remercier les médias qui en permettent la transparence.


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