Endurance aux Emirats Arabes Unis : mauvaises actions, réactions !

mercredi 03 février 2016

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Malgré les mesures prises en 2015, malgré la suspension temporaire l’an dernier de cette fédération par la FEI, le mauvais feuilleton de l’endurance sous ses jours les plus sordides continue aux Emirats Arabes Unis. Tandis que du côté d’Abu Dhabi, le site de Bouthied sous a mis en place des règles draconiennes pour assurer un déroulement dans l’éthique et le respect des chevaux, les débordements pour ne pas dire les abjections, continuent sur les deux autres stades d’endurance équestre du côté de l’émirat de Dubaï.

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Capture d'écran

Sur le site al Wahtba, l’horreur a été à son comble lors d’une cours de 120 km réservée aux jeunes cavaliers, on ose à peine écrire ce mot tant il parait impropre à voir la vidéo de 7mn circulant sur les réseaux sociaux (Cliquez ici)  Chevaux poussés à l’extrême, avec le  renfort des assistants venus sur la piste, hystérie  des suiveurs en voiture …. Rien à voir avec une compétition équestre !  Bien que s’agissant d’une course nationale, la FEI ayant dans son protocole d’accord pour la levée de la suspension de la fédération des EAU imposé que les règles internationales soient de mises sur les compétitions nationales, les juges ont disqualifié cinq cavaliers dont le comportement transgressait ces règles. Cela ne ramènera pas à la vie la pauvre Ainhoa Catharissime, une jument née dans l’élevage basque de la famille Valério vice championne d’Europe  des Jeunes en 2014 avec Nina Lissarrague, euthanasiée  suite à la gravité de ses blessures !  Les réactions sur les réseaux sociaux n’ont évidement pas manqué comme l’an dernier après la diffusion de la vidéo de  Splitters Creek Bundy s’effondrant dans le sable terrassé par une double fracture des paturons. Côté FEI aussi. Déjà les mauvais échos  du déroulement des courses nationales  sur les deux autres sites que Bouthieb avaient valu la semaine dernière une convocation à Lausanne du président de la fédération nationale.  Dès lundi c’est Manuel Bandeira de Mello, le président de l’endurance à la FEI qui s’envolait pour les Emirats Arabes Unis, et dès le lendemain l’annonce de la suspension des courses sur le site d’al Wahtba était prononcée (3 courses nationales dont le championnat et un CEI*). L’attribution du prochain Mondial est bien sûr   en question !  Toutefois les avancées réglementaires proposées par Sheikh  Sultan bin Zayed al Nahyan et mises en œuvre sur le site de Bouthieb avec d’excellents résultats - lire ici le témoignage de François Kerboul (juge FEI) - pas d’incidents majeurs sur les 1077 chevaux en compétition sur  les 8 évènements organisés – montrent que l’endurance aux Emirats Arabes unis peut encore  se passer dans des conditions correctes. La limitation de la vitesse, l’adaptation des temps de récupération, l’accroissement des contrôles autour des pistes et vet-gates pour éviter toute fraude sont des mesures  en vigueur ici qui pourraient bien faire leur chemin pour la sauvegarde des chevaux et de la discipline !

Jocelyne Alligier

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THIERRY L | 08/02/2016 20:48
L’Endurance, la banlieue de l’équitation

Une fois de plus l’Endurance fait parler d’elle – en mal, un peu comme la banlieue, dont on montre rarement les bons côtés, qui pourtant existent bien…

Le fait du moment, donc : une vidéo tournée à Al Wathba (UAE), sur laquelle des chevaux épuisés terminent tant bien que mal une course de 120Km dans le désert, chevaux littéralement poussés par des types courant derrière eux à grands coups de bouteilles en plastique, de seaux d’eau glacée, à grand renfort de klaxons et de beuglements alentours, chevaux de surcroît méchamment lattés par des cavaliers qui n’ont de cavaliers que la place qu’ils occupent à cet instant, pantins rebondissant sur leur selle. Bilan, un mort et pas mal de blessés. Parmi les chevaux.

Une vidéo qui a fait le tour du monde aussi vite que ces malheureux chevaux sur leur piste de sable.

Une course comme on en a déjà vu, ici ou là. Enfin surtout là, malheureusement, et malgré l’accord passé entre la Fédération équestre internationale (FEI) et la Fédération équestre des Émirats Arabes Unis (EEF), à peine levée son interdiction de compétitions internationales pour ces mêmes raisons qui la propulsent aujourd’hui encore dans les colonnes de la presse mondiale. En effet l’Endurance a aussi cette faculté à rapprocher l’équitation de la politique internationale. Quitte à profiter de ce levier-là pour essayer d’enterrer un Moyen-Orient qui en l’occurrence ne le mérite pas.

Car au final, à qui revient la faute ? Aux cavaliers, ici à peine majeurs ? Aux organisateurs, dépossédés de leur événement par un règlement qui donne tout pouvoir aux staffs techniques internationaux – président de jury, juges, vétérinaires ? A ces représentants officiels, ouverts à tous les vents de la tentation, vents violents qui ne rencontrent aucun obstacle à leur progression ? A l’argent, qui va qui vient, qui se refuse bien moins facilement qu’il s’accepte ?

A défaut de réponse, il reste une question : qui se trouve à l’origine de tous ces points d’interrogation ? Qui organise le système ? Qui permet d’en arriver là ? Qui bat les cartes ?

La FEI. La FEI, qui représente à la fois la loi et la justice. Le règlement et son application. Or que se passe-t-il quand la justice n’applique pas la loi ? C’est le chaos. L’abus. Le ravage. Le n’importe quoi…

Au lendemain de cette vidéo Manuel Bandeira de Mello, président de l’Endurance au sein de la FEI, tapait du poing sur la table en verre, « reportant » les prochaines courses d’Al Wathba, imposant la suspension de quelques entraîneurs, infligeant quelques amendes, annonçant une nouvelle loi d’airain pour « limiter la vitesse » des courses d’Endurance. Il fallait bien faire quelque chose. Dire quelque chose. Ça ou autre chose, ou rien, puisque les courses reportées iront se jouer ailleurs, sans le moindre contrôle radar.

Pour gérer le Groupe VII il faut être diplomate, pas juriste.

Parce qu’il y a le sport, qui ne supporte pas la triche, et parce qu’il y a le monde. Qui s’indigne dans tous les sens. Les animaux souffrent, certains Hommes ne les méritent pas. En anglais circulent des pétitions réclamant la relocalisation du prochain championnat du Monde, à Dubaï. Mais relocaliser où ? Qui plus que Dubaï l’Endurance peut-elle remercier ? Qui peut plus que Dubaï s’affirmer aujourd’hui comme terre d’Endurance ?

Ce qui soulève d’autres questions, encore… Qu’est-ce que l’Endurance en 2016 ? Une discipline européenne ou mondiale ? De l’herbe ou du sable ? Des cavaliers ou des pilotes ? Et, par-dessus tout : la FEI peut-elle, veut-elle, doit-elle la garder dans son giron ? Pourquoi ne pas imaginer, sans avoir besoin d’une grande imagination, une fédération parallèle, dédiée, professionnelle ?

Alors, bientôt, demain, demain matin à l’aube, la FEI va devoir prendre une position. Faire un choix. Une Endurance toujours mollement réglementée, fonction des forces en présence. Une Endurance à l’image des autres disciplines équestres, olympiques ou non mais (relativement) équitablement régulées. Une Endurance autonome – qui devra elle-même assumer son identité.

La FEI joue ici plus qu’une discipline. Elle joue sa tête, comme d’autres fédérations jouent au foot ou courent des 100 mètres haies.

Oui, l’Endurance c’est comme la banlieue : ça semble effrayant, dangereux, bordélique, scandaleux. Il y a de ça c’est vrai. Mais il y a aussi des gens formidables qui y vivent, auxquels il suffit souvent d’offrir un petit champ d’expression pour changer le regard qu’on y porte, et pour changer tout court la situation.

Monsieur Bandeira de Mello, s’il vous plaît, laissez s’exprimer ceux qui aiment l’Endurance (les pays du Golfe font partie de ceux-là), et pas uniquement ceux qui en profitent.

Thierry Laborde
BERTRAND A | 03/02/2016 23:16
Ces gens là méritent le même châtiment qu'ils font subir à leurs chevaux. C'est vraiment atroce et même si c'est un voeux pieux: que les éleveurs puissent faire en sorte de résister à l'attrait du fruit d'une vente à ces gens là!
BRUNO R | 03/02/2016 22:23
L'endurance est une discipline qui ne peut que conduire à ce type d'excès. Penser le contraire consiste à se voiler la face puisque, par essence, il s'agit de pousser le cheval jusqu'à l'extrême limite de ses forces. On est très loin de l'équitation classique qui considére que "lorsque le cheval transpire, c'est que l'on a dépassé la mesure" (Francois Baucher). Pour ma part, il me semble que l'endurance constitue, en elle-même, un mode de maltraitance.


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