Brieuc Rigaux intègre le club des joueurs classés handicap 6
vendredi 20 novembre 2015

Brieuc Rigaux
Brieuc Rigaux © RB Presse

Depuis octobre, Brieuc Rigaux est le 1è Français classé handicap 6 par la fédération internationale, à 32 ans. +6 sur une échelle de -1 à +10, c’est rare, donc il est très remarqué. Le joueur d’Apremont s’inscrit ainsi parmi les 4 meilleurs professionnels d’Europe. Nous l’avons rencontré à Chantilly (son fief) pour savoir ce que cette promotion change sur son jeu, sa vie, son organisation. Flanqué de sa chienne Elfy qui ne le quitte jamais, il arbore le sourire calme des gens heureux.

« Il y a longtemps que j’attendais cette promotion, depuis des années je stagnais à 5 en me demandant pourquoi je ne décollais plus. Après une sévère remise en question et un gros travail physique (endurance, cardio, respiration) et mental, mon attitude a évolué, on a beaucoup discuté car je suis plus allé vers les autres, à leur écoute ... » Résultat, la saison 2015 a été fertile, efficace : « la montée en handicap consacre une organisation stable avec un staff compétent composée de Roger Laville, le maréchal, Luciano Martinez, le palefrenier argentin et Anna Solter, la vétérinaire australienne, qui sont fidèles depuis des années. En plus, ils se complètent et s’entendent bien. Avec ce capital de confiance je peux me concentrer sur mon jeu. »

 

Confiance : voilà le terme qui revient souvent. Brieuc veut jouer avec des équipiers en qui il a toute confiance. Il privilégie les capitaines avec qui il s’entend bien, ceux qui l’ont amené à ce niveau en l’intégrant dès qu’il a atteint 2 ou 3 (André Fabre ou Patrick Guerrand- Hermès). « Il faut qu’ils aient envie de jouer avec moi pour que je donne le maximum. » Et les résultats lui donnent raison car en ce moment ce sont les équipes stables et bien structurées qui remportent les tournois. C’est en tout cas son atout alors il n’est pas tenté par une saison en Angleterre. « En 2015 j’ai eu la chance de partager de beaux tournois au sein de belles équipes. L’intégration de Lynx polo team dirigée par Cyrille Costes est décisive. » Lynx a gagné un tournoi au printemps à Apremont (10/12 goals) puis le tournoi de Genève. En septembre sur l’Open de France (14/16 goals), Brieuc appartenait à Sainte-Mesme, un quatuor très remarqué car purement français pour la 1e fois à ce niveau, et il s’en est fallu de peu qu’il gagne.

 

La confiance vient aussi de l’osmose entre Brieuc et Thierry Vétois, basé à La Baule qu’il connaît depuis des années. «Il positive toujours, il calme les tensions. Avec lui on peut construire un jeu collectif avec de belles combinaisons, bref sortir un beau polo. » Donc il ne faut rien changer ? Savoir qu’il est désormais  en concurrence brutale avec les meilleurs attaquants argentins, que très peu de capitaines ont besoin d’un tel joueur dans ce pays, ne le bouleversent pas. Cet hiver il va jouer sur neige à Megève avec Cyrille Costes et Thierry Vétois, puis jouer à Hong Kong, avant de rejoindre Tanger pour un tournoi dans le site de sport et d’élevage de pur sang de courses et de polo ouvert par Patrick Guerrand-Hermès. Brieuc lui a confié sa 1e jument en retraite pour y faire naître ses premiers poulains : « elle a 19 ans, une belle carrière, ses produits seront une surprise... » Puis dès le printemps, retour à Chantilly pour les gros tournois de printemps à Chantilly : « c’est un métier stressant, toujours en train de courir d’un tournoi à l’autre, et avec le risque constant couru par la cavalerie, on n'a peu de répit, dans un petit milieu où tout le monde se connaît... alors que j’ai besoin de prendre du recul pour réfléchir, voir autre chose. Cet hiver j’aurai juste le temps de faire un saut à Buenos-Aires pour observer l’évolution du jeu, des élevages, l’arrivée des premiers clones sur le terrain. C’est amusant et instructif d’être spectateur quelques semaines par an ! »

 

Installé au polo club de Chantilly (où il habite depuis toujours) Brieuc forme sa cavalerie de pur sang français réformés des courses. S’il a commencé avec des poneys argentins, il achète et dresse maintenant des pur sang, des juments souples au petit gabarit, qui se mettent vite à tourner sur place, mais « il faut 3 ans pour les amener à participer à un vrai tournoi. C’est un investissement, il faut aimer les chevaux, être patient, en pariant sur l’idée qu’ils joueront une dizaine d’années et que les bons deviennent meilleurs que les Argentins ... Mais il faut être terriblement attentifs à eux car ils sont sensibles, il faut leur offrir un cadre de repos confortable... » Comme les prés généreux de Montepilloy où ils passent l’hiver au calme, chez Jérémy Bouly. Bref tout tourne autour de Chantilly : « c’est une bonne vitrine sur le polo mondial, on y rencontre des Argentins, on voit jouer à haut niveau, on s’exerce toute l’année sur d’excellents terrains, sans risque pour les chevaux quel que soit le temps : je ne peux pas choisir une meilleure base ! » D’autant qu’il y vit depuis son enfance ...

 

Si vous voulez ressentir les émotions d’un joueur, regardez la vidéo de Brieuc à cheval à Apremont, muni d’une camera Cambox Isis. Très étonnant !

www.poloclubchantilly.com