Sébastien Philippot, au saut comme au polo : le dressage avant tout
samedi 06 janvier 2018

Sebastien Philippot
Sébastien Philippot a appris à jouer avec Stéphane Macaire. © Photo poloclub de Chantilly

Préparateur de chevaux de polo, responsable d'écurie, Sébastien Philippot joue un rôle pivot au poloclub de Chantilly. S’il baigne dans le milieu depuis une bonne dizaine d’années, il vient du CSO et a eu plusieurs vies avant d’atterrir à Apremont. A 38 ans, il a aligné les diplômes et pratiqué la plupart des disciplines. Bref, voilà un sacré parcours !

« Je viens d’une famille sans lien avec le cheval, mais mon frère, maréchal, m’a mis à poney à 5 ans », raconte-t-il. Une bonne idée car Sébastien n’est plus jamais loin d’un cheval depuis. Après avoir passé ses galops, joué au horseball et pratiqué le saut d’obstacles, il a réussi un BEPA élevage en alternance avant de devenir guide de tourisme équestre dans le Limousin, puis gérant de club sur la côte picarde. Il se découvre alors une passion pour la valorisation des jeunes et part travailler quelque temps chez Olivier Jouanneteau dans l’Oise, pour préparer les cycles classiques et monter en Pro2. Un changement de vie sentimentale le pousse à vendre sa cavalerie et le voilà à pied du côté d’Apremont. « J’ai vibré en voyant mon premier match, j’étais complètement fasciné! » C’est parti.

Le polo, une discipline "grisante"

Philippe Perrier, directeur du poloclub, lui propose un poste de palefrenier (« petisero ») puis, petit à petit, Sébastien Philippot grimpe les échelons,  travaille des chevaux d’enseignement puis s’occupe de ceux d’un client. Il apprend à jouer avec Stéphane Macaire et s’éclate enfin sur le terrain: « un match dure presque une heure et on monte plusieurs chevaux, c’est grisant car on a le plaisir de jouer et qu’il faut absolument assurer, faire bien tout ce qui a été défini au départ pour donner la victoire à l’équipe. La cohésion du groupe nous pousse, on se soutient, on se motive et avec les pros qu’on côtoie on échange beaucoup, on capte des conseils, des techniques ...  »

Sa première grosse responsabilité sera de former de jeunes palefreniers avec l’AFASEC. Depuis il les suit et gère les écuries. « Ancien cavalier comme moi, Philippe Perrier est d’accord sur ma méthode qui vise à muscler le dos, en symétrie. J’applique donc le dressage classique : du travail à pied, au pas, du trot monté, de la longe, de longs échauffements ... Une révolution dans le polo ! » Le risque est en effet que ces chevaux galopent toujours à droite et souffrent de blocages à gauche puisqu’on tient le maillet à droite où pèse aussi le poids du cavalier. Le rythme soutenu du jeu entraîne des tensions. Bien dressés, bien échauffés, les chevaux de Sébastien se révèlent plus disponibles pour répondre aux sollicitations de la jambe. « Du coup pendant le match c’est très agréable de les laisser avancer rênes longues et de se concentrer sur la balle et l’adversaire. »

Des contrôles réguliers

La méthode a été un peu longue à se frayer un chemin dans la tête des habitués, mais désormais, elle a ses adeptes. D’autant que Sébastien a aussi obtenu son diplôme d’instructeur de polo à l’ENE à Saumur. « Les chevaux de polo sont assez faciles, gentils, réceptifs, trop sûrement, puisqu’on a pu les soigner moins que les chevaux de sport ». Ses résultats plaidant pour lui, Sébastien a su faire passer le message aux propriétaires sur le contrôle régulier et strict du maréchal, de l’ostéo et du dentiste ... « Mais la longévité de ces chevaux tient à leur vie collective au pré. Ils ont un bon mental car ils marchent beaucoup et qu’ils arrêtent l’hiver pour se reposer en pâture, cela leur apporte une forme de sérénité. On le voit avec les pur-sang de réforme qui apprécient vite la vie dehors et deviennent confiants en quelques semaines. »

Et Sébastien, comment se ressource-t-il ? En musique. Il adore les rythmes latinos et danser le tango, la salsa ... « C’est mon oxygène ! »